Ce texte reproduit l’intervention orale de Mathieu Rigouste lors du « meeting pour Clément » tenu le 8 septembre 2018 à la Bourse du Travail de Paris, dans le contexte du procès des meurtriers de Clément Méric – militant antifasciste assassiné en 2013 par des skinheads d’extrême-droite.

Mes recherches sont conçues dans les luttes, pour et à travers elles, afin de leur servir comme outils. Mes travaux sont des propositions d’analyse, il s’agit donc d’y prendre ce qui peut servir à faire ses propres armes. Je m’inscris dans ces luttes qui considèrent que c’est aux premières et aux premiers concerné.e.s par chaque rapport de domination d’être en première ligne de l’auto-organisation des résistances et des mouvements de libération. Les camarades m’ont demandé d’essayer de réfléchir aux liens entre extrême droite, fascisme et police.

De manière générale, mon travail s’articule autour de l’histoire du système sécuritaire. J’observe notamment comment celui-ci pioche en permanence dans l’histoire de la domination coloniale, et plus spécifiquement des guerres coloniales. Dans cette forme de domination, le système sécuritaire se ressource, puise des outils et se réagence. On se rend finalement compte que toute une série de mécanismes et de logiques sécuritaires – en termes de surveillance, de répression, de contrôle, de quadrillage, de militarisation – sont puisés dans un répertoire colonial passé mais aussi très présent.

La colonialité ne relève pas seulement des persistances d’un passé révolu, elle traverse tout le système sécuritaire, capitaliste, patriarcal, etc.

By Paris Luttes,

Source: http://paris-luttes.info/l-actualite-du-fascisme-11794