Mai 17, 2019
Par Indymedia Nantes
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En Suisse des factures sont envoyĂ©es aux organisateurices de manifestations. Des lois encadrent le droit de manifester, il faut notamment dĂ©clarer sa manifestation et son parcours en amont mais depuis peu divers prĂ©textes sont invoquĂ©s pour facturer les manifs comme le fait qu’elles rendent innutilisables certaines places de stationnement, ou qu’elles soient dĂ©clarĂ©e trop tardivement etc

En France on en est pas encore lĂ , mais cet article trouvĂ© sur renverse.co montre bien jusqu’oĂč pourrait nous mener ce processus de dĂ©claration obligatoire des manifestations en prĂ©fecture, de diffĂ©renciation entre les manifs autorisĂ©es et les manifs interdites…A jouer le jeu de la lĂ©galitĂ© on fini toujours par voir nos droits diminuĂ©s.

Nous ne paierons pas pour manifester

Le jeudi 9 mai 2019, une confĂ©rence de presse rĂ©unissant plusieurs collectifs organisateurs de manifestation s’est tenue Ă  GenĂšve pour dĂ©noncer les frais d’Ă©molument qui leur ont Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©s. Les participant.e.s – Perce-frontiĂšres, Mouvement pour le climat, SolidaritĂ© Tattes, le Collectif 8 mars et la CGAS-SIT – dĂ©noncent collectivement les nouvelles pratiques inadmissibles que l’État tente sournoisement de faire passer. A cette occasion, un texte intitulĂ© “Nous ne paierons pas pour manifester”, signĂ© par de nombreux collectifs, associations, syndicats et parti a Ă©tĂ© remis. GenĂšve ne deviendra pas une ville oĂč manifester est un droit exclusivement destinĂ© aux riches.

Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2019, tou.te.s les organisateur.ice.s de manifestation, rassemblement ou piquet de grĂšve ont reçu des factures d’Ă©molument pouvant aller jusqu’Ă  800chf. Les pratiques restent pour l’instant fort nĂ©buleuses. Il existerait deux types d’Ă©molument : des frais inhĂ©rents au trajet empruntĂ© par la manifestation [1] et des Ă©moluments appliquĂ©s lorsque la demande se fait moins d’un mois avant la tenue de l’Ă©vĂ©nement. Les grilles tarifaires ne sont pas claires et certains montants pourraient apparemment ĂȘtre nĂ©gociĂ©s [2], mais l’application de ces nouvelles directives est dans tous les cas devenue automatique. Ce qui entraine des rĂ©percussions sur certaines dĂ©cisions prises par les organisateur.ice.s. La manifestation du 8 mars par exemple a changĂ© son parcours initial pour que les frais de Traceroute ne soient pas trop Ă©levĂ©s. Que dire encore lorsque SolidaritĂ© Tattes qui a organisĂ© un recueillement en soutien aux proches de Ali Reza [3] reçoit une facture de 500chf alors que l’urgence de la situation est indĂ©niable ? Des syndicats aussi dĂ©noncent le tournant pris depuis le dĂ©but de l’annĂ©e. Les pratiques et les demandes ont changĂ© : menaces d’intervention ou d’Ă©molument et dĂ©placements des piquets de grĂšve…

Leur message est clair : ne pas payer et ne jamais cesser de manifester.

Autant de raisons qui ont poussĂ© les collectifs et/ou groupe prĂ©sents ainsi que les signataires de la lettre reproduite ci-aprĂšs Ă  faire front pour que cesse ces nouvelles directives absurdes et arbitraires appliquĂ©es effrontĂ©ment par le nouveau conseiller d’État en charge du dĂ©partement de la sĂ©curitĂ©, de l’emploi et de la santĂ© (DSES), Mauro Poggia. Les autoritĂ©s tentent donc de faire taire les contestations, mais les signataires ne sont pas prĂȘts Ă  accepter ces pratiques. Leur message est clair : ne pas payer et ne jamais cesser de manifester. Cette lettre est la premiĂšre Ă©tape pour ĂȘtre entendu, en parallĂšle SolidaritĂ© Tattes va trĂšs prochainement dĂ©poser un recours juridique qui sera, Ă  l’avenir, suivi par tous les organisateur.ice.s signataires. C’est autant des rĂ©ponses politiques que juridiques qui sont attendues.

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Source: Nantes.indymedia.org