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3ème épisode. Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron sur le « séparatisme », le message du gouvernement est de plus en plus clair : il s’agit, comme en 2015 pendant l’état d’urgence, de faire des démonstrations de force, de montrer « qui commande » et de violenter des familles avec une arme plus redoutable que la matraque : l’humiliation. À quelles fins ? Comme en 2015, il s’agit de « rassurer » une partie de la population, celle qui a réellement cru que la crise sociale française est due au « problème musulman ». Il s’agit de montrer à ces personnes qui ont assimilé le discours islamophobe que l’État est prêt, comme au siècle dernier, à brutaliser une partie de la population, démontrant l’imminence du fascisme qui frappe à nos portes.

Mais de tout temps, ce qui a animé le courage et la détermination d’un groupe, d’une communauté, d’une minorité — peu importe comment on l’appelle — est justement ce sentiment d’humiliation qu’il partage avec ses semblables. En provoquant injustement cette humiliation, et en assumant le faire à la méthode « Al Capone », l’État veut provoquer exactement ce qu’il prétend vouloir combattre : la résistance radicale. Car s’il existe une radicalité, celle-ci n’apparait jamais de nulle part : elle est le produit de la violence et de l’abaissement. Cinq ans après les humiliations subies par plus de 4000 familles, combien de personnes ont retrouvé leur dignité ? Combien de personnes ont réussi à se remettre de leurs douleurs ? Combien de personnes ont surmonté l’humiliation ? Et combien de personnes gardent encore une confiance dans les principes républicains et les institutions françaises ?

Comme dans une société totalitaire, l’appareil policier du gouvernement actuel ne sert qu’à débarquer chez toute personne qu’il faut faire taire et qu’il faut empêcher d’agir. Qu’il soit lanceur d’alerte, qu’il étudie le Coran ou qu’il place Dieu au-dessus de tout, c’est la même chose : on lui reproche de ne pas se soumettre à l’idéologie dominante, sacralisée et adorée par les nouveaux chiens de garde de l’État : les personnalités islamophobes, aidées par les « informateurs autochtones » à qui est offert un écho sidérant dans les médias et les commissions d’enquête, les organisations complices, les imams du palais, les médias du pouvoir, parmi lesquels on peut même retrouver des médias musulmans.

Face à cette violence d’État, la réponse est simple et sera toujours la même : la lutte, par tous les moyens légaux nécessaires, pour la dignité, malgré l’humiliation. Contre la violence et le fascisme, nous opposerons la paix, la protection des libertés et la justice.

Nous ferons ce travail avec toute personne qui comprendra l’enjeu de cette situation. Nos soutiens vont aux associations et personnes perquisitionnées, en particulier la mosquée Omar, l’association « Apprendre & Comprendre », l’organisation humanitaire Barakacity et son président Idriss Sihamedi, ainsi que sa famille. Le CCIF se tient à leur disposition et à disposition de toute personne qui fera les frais de cette islamophobie d’État.