Entre 2005 et aujourd’hui, le taux chômage en Allemagne est passé de 11,5 % à environ 5 %. Le fameux « miracle allemand ». Mais ce miracle a un prix, et c’est la frange la plus pauvre du prolétariat qui le paye.

Les réformes Hartz, entamées en 2003 sous le gouvernement social-démocrate de Schröder, se sont acharnées à faire des chômeurs une main d’oeuvre flexible et sous-payée. S’est ainsi institué un véritable marché parallèle de l’emploi pour le plus grand plaisir du patronat et des employeurs publics qui purent profiter en plus d’un généreux système d’exonérations. Ces réformes Hartz ont ouvert la voie aux diverses réformes capitalistes en Europe visant à baisser les salaires indirects, et à faire pression sur les salaires directs.

La social-démocratie attaque le prolétariat aussi bien que la droite

Comme souvent ces dernières décennies, les gouvernements de gauche sont autant à l’initiative des attaques contre les conditions de travail et de vie des prolétaires que les gouvernements de droite, comme ce fut le cas en Grèce et en Espagne, et aujourd’hui en France et en Italie. Ces attaques portent souvent sur l’allongement de l’âge de départ à la retraite ou encore la réduction de la durée d’indemnisation chômage. Le but est de nous faire taffer plus et de nous payer moins.

Dans cet esprit, et pour mener à bien son paquet de réformes nommé « Agenda 2010 » visant à une relance de l’économie allemande, le chancelier Schröder entreprit au début des années 2000 de s’attaquer aux chômeurs. Pour cela, il fait appel à un sinistre gonze nommé Peter Hartz. Par ailleurs membre du puissant syndicat cogestionnaire IG Metall, Hartz s’était jusque-là fait connaître comme responsable du personnel et des ressources humaines chez Volkswagen. Il mena pour cette entreprise les négociations qui aboutirent à une baisse des salaires des ouvriers dans les années 90, obtenue après un classique chantage aux licenciements et à la délocalisation. Ce type d’accord s’est banalisé ces dernières années. Notons qu’en France, renforcés par l’Accord National Interprofessionnel (ANI) de 2013, les patrons ont déjà les coudées franches pour des baisses de salaire de ce genre.