Mars 15, 2021
Par Fondation Besnard
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La situation des femmes en Iran

A l’occasion de la journĂ©e internationale de lutte pour les droits des femmes, les camarades de SolidaritĂ© socialiste avec les travailleurs en Iran (SSTI, membre du RĂ©seau syndical international de solidaritĂ© et de luttes) communiquent des informations sur la situation des femmes en Iran

À l’occasion de cette journĂ©e internationale, nous devons porter la voix de celles qui se battent, au pĂ©ril de leur vie.

Deux journĂ©es de la femme sont cĂ©lĂ©brĂ©es en Iran : le 16 dĂ©cembre, jour de la naissance de Fatemeh, la fille du prophĂšte, organisĂ©e par le gouvernement, tandis que les militantes des droits des femmes cĂ©lĂšbrent la journĂ©e internationale des droits de la femme le 8 mars.

Le 8 mars 1979, des dizaines de milliers de femmes sont descendues dans la rue pour revendiquer leurs droits et libertĂ©s. AprĂšs avoir massivement participĂ© au soulĂšvement, elles exprimaient ainsi leur refus d’ĂȘtre parmi les premiĂšres cibles de la contre-rĂ©volution organisĂ©e sous la houlette de l’ayatollah Khomeiny.

Les discriminations contre les femmes sont contraires aux conventions des Nations Unies relatives aux droits humains.

Le Conseil des Gardiens de la rĂ©volution a rejetĂ© en 2003 deux projets de loi prĂ©voyant l’adhĂ©sion Ă  la Convention sur l’élimination des discriminations contre les femmes et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels.

La pression sur le gouvernement, faite par la sociĂ©tĂ© iranienne, a fait progresser le projet de loi adoptĂ© le 3 janvier 2021 intitulĂ© « Protection, dignitĂ© et sĂ©curitĂ© des femmes contre la violence Â». Ce projet de loi n’est pas conforme aux normes internationales, ne traitant pas tous les aspects des violences auxquelles les femmes sont confrontĂ©es, entre autres le mariage des enfants et le viol conjugal.

Néanmoins, il marquerait une avancée et pourrait servir de point de départ vers une pénalisation des violences faites aux femmes, reste à le faire adopter par le parlement conservateur.

Le Code pĂ©nal de la RĂ©publique islamique d’Iran structure la condition des femmes. Comprenant des chĂątiments corporels extrĂȘmement violents, il permet au pouvoir politique d’encourager la violence contre les femmes quand il ne leur ĂŽte pas la vie. Les normes Ă©tatiques patriarcales, exercent un contrĂŽle sur le corps des femmes, les rendant suspectes par nature, coupables de leur fĂ©minitĂ©.

Le combat des femmes citées ci-aprÚs, relatent la violence de ce régime phallocrate.

Asaman Aryani, condamnée à plusieurs reprises pour avoir défendu ses droits.

En aoĂ»t 2018 elle est arrĂȘtĂ©e lors d’une manifestation Ă  TĂ©hĂ©ran avec d’autres militant.es, puis plus rĂ©cemment, le 8 mars 2019, alors qu’elle et sa mĂšre, Ă  bord du mĂ©tro de TĂ©hĂ©ran, Ă  visages dĂ©couvert, ont distribuĂ© des fleurs, pour militer contre l’obligation de porter le voile en prononçant le slogan « moi sans le hijab, et toi avec le hijab Â».

Elles ont chacune Ă©tĂ© condamnĂ©es Ă  16 ans de prison. Leurs peines ont Ă©tĂ© rĂ©duites Ă  9 ans suite Ă  de nombreuses mobilisations internationales, ainsi qu’à la virulence de la vidĂ©o diffusĂ©e largement sur les rĂ©seaux sociaux.

Selon l’organisation Nobel Women’s Initiative, Yasaman a Ă©tĂ© confrontĂ©e Ă  des « conditions cauchemardesques en prison… elle a Ă©tĂ© gardĂ©e Ă  l’isolement, on lui a refusĂ© les appels de sa famille, et on l’a menacĂ©e d’arrĂȘter d’autres membres de sa famille si elle ne se rĂ©tractait pas devant la camĂ©ra et exprimait ses regrets Â».

Golrokh Ebrahimi Iraee, écrivaine et défenseure des droits, militante contre la pratique de la lapidation en Iran.

En octobre 2016, Golrokh dĂ©bute une peine de 6 ans de prison, suite Ă  la dĂ©couverte lors de la perquisition de son domicile, d’une publication critiquant la lapidation.

Elle est en prison depuis janvier 2017, dans des conditions insoutenables. Durant les interrogatoires, ses yeux sont bandĂ©s et elle reçoit des menaces de mort. Iraee est Ă©galement contrainte d’entendre les gardes donner des coups de pieds et Ă©trangler son mari dans la cellule voisine.

Reyhaneh Jabbari, une jeune dĂ©coratrice de 20 ans arrĂȘtĂ©e pour le meurtre d’un ancien agent de renseignement qui l’a agressĂ©e sexuellement.

Reconnue coupable de l’avoir poignardĂ© Ă  mort, elle est exĂ©cutĂ©e par pendaison le 25 octobre 2014. De nombreuses correspondances Ă©crites depuis sa cellule, relatent ses conditions carcĂ©rales et son engagement. Concernant son procĂšs, elle expliquera : « Je n’ai pas versĂ© une larme. Je n’ai pas suppliĂ©. Je n’ai pas pleurĂ© toutes les larmes de mon corps, car je faisais confiance Ă  la loi. Mais j’ai Ă©tĂ© accusĂ©e d’ĂȘtre indiffĂ©rente au crime. Â»

Zahra Ismaili subissait des violences domestiques. Elle a assassiné son mari en état de légitime défense.

Son mari, un haut fonctionnaire du renseignement, la battait fréquemment.

Elle a Ă©tĂ© condamnĂ©e Ă  mort. Le 17 fĂ©vrier 2021, en assistant Ă  la pendaison de 16 hommes avant elle, cette derniĂšre a succombĂ© Ă  une attaque cĂ©rĂ©brale. Elle Ă©tait dĂ©jĂ  morte quand ils l’ont emmenĂ©e Ă  la potence.

Il n’y a pas d’avenir pour la dĂ©mocratie en Iran sans une vĂ©ritable et complĂšte Ă©mancipation des femmes.

SororitĂ© avec les femmes iraniennes !

http://www.laboursolidarity.org/La-situation-des-femmes-en-Iran




Source: Fondation-besnard.org