Dans la nuit du 19 au 20 octobre, un feu éclate dans une cellule au sein du quartier QH6 de la prison de la Santé. Deux prisonniers seront transportés à l’hôpital, et l’un des deux décédera. Certains prisonniers témoins des faits racontent qu’il a fallu attendre entre deux et trois heures pour que les pompiers interviennent. Dans la nuit du 14 au 15 novembre, un nouveau feu a éclaté dans une cellule au rez-de-chaussée de ce même bâtiment. On apprend aujourd’hui le décès du prisonnier qui y était enfermé. C’est la prison qui tue.

La Santé a été réouverte en grande pompe par le vieil enfermeur Robert Badinter, il y moins d’un an. Tous y vantaient une prison humaine avec douche dans les cellules, encellulement individuel qui n’est déjà plus d’actualité, cabine téléphonique pour racketter les prisonniers avec des coûts de communication allant de 0,18€ à 1,25€ la minute. Nombre d’entreprises privées (Gepsa et Eurest pour la bouffe, KEAS pour les brouilleurs, Telios pour les téléphones en cellule, Vurpas Architectes, AIA Architectes et AIA Studio Paysages pour les plans et enfin, Vinci pour les murs) se sont gavées. Lors de l’ouverture, un rassemblement s’était tenu devant la prison en solidarité avec les prisonniers : y était rappelé qu’ « une cage dorée reste toujours une cage ». Aujourd’hui, les prisonniers vivent l’enfer.

Ils ont faim car les rations de bouffe sont trop petites. Il y a de gros problèmes de cantine. Il y a des coupures d’eau récurrente (au moins quatre, ces dernières semaines) : lorsque l’on sait qu’il y a des feux de cellules fréquemment cela est très inquiétant. Enfin, les communications vers l’extérieur sont de plus en plus compliquées par les brouilleurs alors que d’expérience, on sait que ce sont souvent les prisonniers qui avertissent directement les secours face à l’inaction des matons.

La Santé tue ! Ne laissons pas passer sous silence cette énième mort. Soyons solidaires des prisonniers-ères, organisons la lutte à l’extérieur.


Article publié le 21 Nov 2019 sur Paris-luttes.info