Février 21, 2021
Par Le Monde Libertaire
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Le chaos et le désordre du capitalisme et de ses gestionnaires, les États, sont en train d’entraîner l’humanité vers la catastrophe, notamment la plus pauvre (c’est-à-dire la majorité). La crise sanitaire générée par une pandémie qui, en outre, trouve son origine dans la spoliation et la déprédation des espaces naturels par les grandes compagnies minières ainsi que dans la destruction de la biodiversité, est insoutenable : l’argent et le marché passent avant tout, y compris la santé et la vie.

Cette crise, comme d’autres au sein du système capitaliste, a, disions-nous, frappé de plein fouet les couches les plus pauvres de la société, pas seulement en matière sanitaire mais aussi sur le plan économique, en accentuant ainsi la pauvreté et le désespoir et en plongeant dans la misère la plus noire une grande partie de la société, tandis que les grandes fortunes en sortent enrichies, jusqu’à 24% de plus sur un an.

Cela fait des années que nous écoutons des messages sur le bon fonctionnement du modèle capitaliste et étatiste. Des carrières universitaires ont été dédiées à la gestion de ce système parfait, à la transmission de valeurs qui, depuis l’école, donnent la priorité à la concurrence, l’inégalité, l’individualisme et l’efficacité, au détriment de la solidarité, de l’égalité et de l’entraide… Des chercheurs, des économistes, des journalistes, des avocats et des politiciens se sont penchés sur le système et en ont dit des merveilles. Et à chaque crise importante, comme celle du Covid-19 ou beaucoup d’autres causées par le changement climatique, sauve qui peut et tout s’en va à vau-l’eau.

Il est obscène et criminel que la technologie et la science, bâties sur les connaissances de la société accumulées tout au long de l’histoire de l’humanité, soient monopolisées par des entreprises qui n’ont d’autre ambition que d’enrichir leurs propriétaires et conseils d’administration, avec des commissions juteuses servies aux gouvernants et aux fonctionnaires d’État.

Nous en avons un bon exemple avec l’industrie pharmaceutique, qui est en train de condamner l’humanité pauvre, un nombre considérable de femmes, hommes, enfants, à la mort et à la maladie, parce qu’elle s’est appropriée, avec le soutien des États, le patrimoine social que sont la connaissance et ce qui en découle, comme c’est le cas des vaccins. L’industrie pharmaceutique a abusé tout le monde, en signant des contrats qu’elle ne remplit pas, en n’approvisionnant pas les marchés pour lesquels elle s’était engagée, en n’approvisionnant que les États les plus offrants, en gonflant les prix artificiellement, en faisant du chantage à toute la société puisqu’elle la tient, en enrichissant ses propres investisseurs et dirigeants au prix de la mort de milliers de personnes, avec la complicité des gouvernements.
Près de 75% des vaccins qui ont été distribués contre le coronavirus, n’appartiennent qu’à dix pays dans le monde. 85 États ayant de faibles ressources ne pourront avoir accès au vaccin avant 2023 au moins. Pendant ce temps-là, le non-respect des engagements de Pfizer et d’AstraZeneca dans la livraison des vaccins suscite l’alarme de la Commission Européenne. Mais à quoi s’attendaient-ils ? Cela fait des années qu’ils font des lois pour favoriser le grand capital, en faisant crédit et en encourageant la pire bande de criminels qui soit, celle qui s’enrichit sur la douleur des autres, tout en catapultant ses actions en Bourse.

Le directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Grebreyesus, dit que le monde est au bord d’une “faillite morale catastrophique en ce qui concerne la distribution équitable des vaccins contre le Covid-19”. Ces leaders mondiaux ne comprennent rien ou font semblant de ne rien comprendre : cette catastrophe a pour nom “capitalisme” ! L’OMS critique l’égoïsme des pays riches et des compagnies pharmaceutiques, un égoïsme qui est au cœur du modèle défendu par les institutions nationales et internationales et qu’ils nous fourguent toute la journée sous de doux euphémismes tels que l’initiative individuelle, la liberté d’entreprise et de marché, le leadership personnel. L’OMS trouve scandaleux que des contrats ne soient pas honorés, du fait de hausses de prix arbitraires, de distribution des vaccins aux plus riches… elle n’a pas de raison de se scandaliser tant que l’on défendra le capitalisme et son expression politique, ainsi que les démocraties bourgeoises et leurs systèmes représentatifs. Le modèle qu’ils soutiennent et légitiment porte en soi la gangrène du mensonge et du crime.
Pour nous, l’origine de ce mal est claire : la propriété privée des moyens de production. C’est pourquoi il n’y a qu’une solution : l’appropriation par le peuple de ces industries, qui doivent être socialisées et autogérées de façon à imposer les critères humain et social face au critères mercantile et individuel. Il n’y a pas d’autre solution pour éviter le cataclysme de ce système qu’on nous a toujours vendu comme pilier fondamental du progrès mais qui en réalité ne fait qu’augmenter l’inégalité, creuser le fossé à chaque crise. Ces solutions ne seront bien entendu jamais promues ni tolérées par les États, protecteurs de la sacro-sainte propriété privée et valets reconnaissants des détenteurs de capitaux, leurs véritables maîtres, parce que cela signifierait une révolution sociale et la fin de leurs privilèges de classe et de leur parasitisme social.

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Source: Monde-libertaire.fr