Novembre 27, 2020
Par Sans Nom
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« Aucun peuple, aussi docile soit-il par nature et aussi habitué qu’il puisse être à obéir aux autorités, ne se résignera volontiers à s’y soumettre; pour cela, une contrainte permanente est nécessaire; cela veut dire que sont nécessaires la surveillance policière et la force militaire. »
— Michel Bakounine

S’il est vrai que le langage crée le monde où nous vivons, et aide à le comprendre, alors ce qui nous attend est un monde terrible, comme peut l’être un monde dans lequel le militarisme –et par conséquent la guerre– sont les aspects prépondérants.

Comme si la persistance d’un état d’urgence prolongé de décret en décret ne suffisait pas, en tendant à devenir pérenne, arrive à présent le couvre-feu gouvernemental.

L’histoire de ce terme rappelle clairement des scénarios tragiques, en étant généralement utilisé dans des contextes de guerre ou dictatoriaux ; deux cas où le rôle répressif joué par les militaires est en tout cas évident. Ce qui est en train de se passer est exactement cela, une poussée répressive et de limitation des libertés personnelles dans un sens toujours plus militariste.

Après avoir militarisé nos esprits par des mois de propagande, au cours desquels ils nous ont bombardé de slogans comme « nous sommes en guerre » contre « un ennemi invisible« , voilà que le militarisme descend sur le terrain dans sa plus classique version physique. S’il était déjà présent et bien visible dans les grandes villes au prétexte de l’opération « Strade Sicure » [depuis 2008 avec 7000 militaires en patrouille dans les rues], il se matérialise aujourd’hui toujours plus dans les coins les plus reculés de la Péninsule, comme c’est arrivé ces derniers jours à Taurisano, dans la région de Lecce (Pouilles), au prétexte du haut pourcentage de la population positive au Covid, et avec l’hypothèse très concrète de déployer l’armée pour empêcher des rassemblements ou contrôler les possibles manifestations de rue. Et si, comme c’est le cas à Taurisano, ils ont tendance à se présenter sous des dehors rassurants en endossant une blouse blanche sur leur plus brutale tenue camouflage, cela ne doit pas servir à nous rassurer, mais plutôt à nous faire réfléchir au rôle de la science –médicale et pas seulement– et sur son rapport toujours plus étroit avec le militarisme, la guerre et la répression. Avec son rôle de gouvernement, en somme, en entendant par gouvernement le contrôle et la soumission des populations.

Ce n’est certainement pas un hasard si, depuis que l’épidémie de Covid a frappé l’Italie, les décisions de la Politique sur ce qu’il faut faire ont toujours été conditionnées à un Conseil scientifique : le Comité Technique Scientifique, qui compte, parmi ses membres, des conseillers d’usines d’armement comme Leonardo – Finmeccanica. Ce sont les mêmes scientifiques qui conduisent des projets de mort à l’intérieur de très nombreuses universités italiennes, elles-mêmes en contact toujours plus étroit avec les armées, à travers diverses collaborations.

La militarisation non seulement de nos esprits et de nos vies, mais aussi de l’ensemble de la société où nous vivons est donc toujours plus évidente.

Mais quand la vie qu’ils nous dessinent est faite de militarisme, et par conséquent de guerre, les premiers pas pour s’opposer sont la désertion et la résistance, au minimum pour ne pas être taxés de collabos.

Biblioteca Anarchica Disordine
via delle Anime 2/b
73100 Lecce
disordine[at]riseup.net

[Tract distribué le 11 novembre 2020, traduit de l’italien]




Source: Sansnom.noblogs.org