On a vu ces dernières semaines des surveillant·e·s pénitentiaires revendiquer la conservation de leur régime de retraite dérogatoire. Devant les prisons, ça veut dire des blocages et des barricades. Dans les prisons, ça veut dire concrètement des emmerdes de plus pour les taulard·e·s.

Le boulot de maton·ne, c’est surveiller et réprimer des personnes enfermées, dans ce contexte se mobiliser et aire la grève n’a pas du tout le même sens. Quand des maton·ne·s se « mobilisent », ils bloquent le peu de lien avec l’extérieur (suppression des parloirs et des courriers) et parfois ce qui est nécessaire (suppression des cantines, repas et médicaments non distribués, rendez-vous médicaux annulés, chauffage et eau coupés, etc.). Une prison bloquée c’est une prison où il n’y a plus de mouvement, ce qui supprime aux taulard·e·s leurs activités, leurs promenades, la possibilité d’étudier et de travailler. Une prison bloquée empêche les extractions vers l’hôpital et le tribunal, et les proches voient leurs parloirs supprimés.

Au-delà des retraites, les syndicats de maton·ne·s, notamment FO Pénitentiaire et UFAPUNSA ont des revendications de flics : moins de déplacements dans les prisons, plus de fouilles sur les prisonnier·e·s et leurs proches ; des équipements militaires (tasers, LBD, etc.) pour réprimer plus. Ils réclament aussi la construction de nouvelles prisons et le recrutement de nouveaux·elles maton·ne·s, ce qui veut dire plus de personnes enfermées.

Les 5 et 17 décembre 2019, environ 18 taules ont été impactées par la grève des maton·ne·s. Comme les flics, il·elle·s ont obtenu la conservation de leur régime dérogatoire. Il faut bien ménager les acteurs de la répression d’État et du contrôle social. Pendant ce temps-là, le droit du travail en prison n’existe pas : les prisonnier·ère·s qui travaillent n’ont pas d’arrêts maladie, pas de chômage, pas de retraite, n’ont pas le droit de se syndiquer ni celui de faire la grève et reçoivent un salaire dérisoire (au mieux entre 20 et 65% du SMIC, au pire à la pièce).

Une grève des maton·ne·s n’est pas une lutte pour la liberté, vers l’émancipation et pour la fin des oppressions. C’est le renforcement du contrôle sur tou·te·s les opprimé·e·s.

Il n’y a pas de solidarité possible avec ceux qui vivent sur le dos des prisonnier·ère·s.

Soyons solidaires des prisonnier·e·s en lutte !

Pas de compassion pour les maton·ne·s, pour un monde sans prison !

Liberté pour tou·te·s !

La retraite des matons sur le dos des prisonnier·ère·s et de leurs proches

Article publié le 12 Fév 2020 sur Paris-luttes.info