Chères voisines, chers voisins, habitantes, passants, … sans logement !

Ceci est un avis de décès provisoire, avant notre résurrection prochaine.

Ce vendredi 15 novembre dès 5 heures du matin, vous avez sûrement été les témoins dérangé-es par une forte occupation policière du quartier. À 6h, l’assaut à été donné par de nombreux corps de police (police nationale, municipale, BAC, RAID), au 26 rue Malsence, pour en déloger ses habitant-es et occupant-es.

Nous connaissions ce dispositif policier disproportionné et le mode opératoire d’une police « garante de l’ordre public », mais l’éprouver fait toujours une différence. Après qu’ils soient passés par les toits, détruits des murs et aient utilisés une grenade de désencerclement dans un espace clos, nous avons été mis en joue avec des armes de guerre, mains sur la tête, face au sol, frappé-es et insulté-es.

À l’extérieur, un rassemblement de soutien avait lieu sur la place. Autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, nous avons toutes et tous subi un contrôle d’identité. Certain-es ont été emmené-es au commissariat pour une vérification plus poussée. Un habitant de la récrée a été placé en garde à vue et un autre au centre de rétention administratif.

Nous combattons ces pratiques et privilégions au quotidien le contact réel, la solidarité et le partage. La Récré.e était imaginé comme un lieu de vie, d’activités, de luttes, et de rencontres qui souhaite participer à la vie du quartier.

Le Squat de la Récré.e a été occupé sans droit ni titre depuis le 31 octobre. Nombreuses sont les raisons pouvant ammener à occuper des bâtiments vides, inutilisés et en bon état depuis des années. Faire la fête, se rencontrer quotidiennement, avoir des espaces de vie, de luttes, de rencontres pour essayer de trouver ensemble des solutions à nos problèmes, lorsque les politiques apparaissent de plus en plus incapables ou déconnectés de la vie réelle.

Par cette occupation, nous désirions aussi afficher notre solidarité à toute les personnes qui subissent la répression et les crimes policiers, qui subissent les abus de pouvoirs des petits-chefs de toute sortes, au taf, dans les administrations, qui subissent les expulsions à cause du manque de thunes ou de ne pas avoir les bons papiers, qui tentent de se faire une place un peu stable dans ce monde toujours trop cher et verrouillé…

Nous vous disons à bientôt, ici dans la rue ou ailleurs, et remercions ceux et celles qui ont franchis la porte du bâtiment, ceux et celles qui nous ont ouvert la leur, qui ont pris la peine d’écouter ce que l’on avais à dire.

Quinze jours d’occupation, deux heures de colle au comico,

mais on a goûté à la liberté et on reviendra !

Squat partout, partout chez nous !

Lille, le 15 novembre 2019.



Article publié le 16 Nov 2019 sur Lille.indymedia.org