DĂ©cembre 2, 2021
Par Extinction Rebellion France
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Pour mettre en Ă©vidence l’enfermement dans lequel la publicitĂ© nous cloisonne une rebelle du Groupe local de Montpellier s’est emprisonnĂ©e dans un panneau publicitaire. Elle a Ă©crit un texte qui reflĂšte totalement la vision que le Groupe Local a de la publicitĂ© et de ses ravages. Nous avons eu beaucoup d’émotion Ă  lire puis Ă  dĂ©clamer, pendant l’action, ce texte plein d’énergie, d’engagement et de talent.

Nous vous l’offrons ici en espĂ©rant qu’il sera partagĂ© par le plus grand nombre de rebelles. 💚✊

La pub nous enferme !

Elle nous enferme, en nous martelant Ă  chaque coin de rue, que notre fonction principale dans la sociĂ©tĂ© est de consommer. Elle nous rĂ©duit Ă  notre pouvoir d’achat, Ă  notre devoir de faire tourner l’économie, d’acheter des choses dont on a pas besoin pour enrichir les grands patrons, pour le “progrĂšs”, la “croissance” et pour se sentir soi-disant exister.

La publicitĂ© nous enferme aussi dans le paraĂźtre, le superflu, le superficiel, en nous faisant croire que l’on ne vaut rien dans ce monde si on a pas le dernier tĂ©lĂ©phone, telle marque de fringues ou si on est pas assez connectĂ©.e.s, pas assez rapides, pas Ă  la page.

Elle nous enferme dans un systĂšme qui est vouĂ© Ă  sa perte Ă©cologiquement parlant, car tout le monde le sait maintenant, personne ne peut dire en tout honnĂȘtetĂ© que la croissance peut ĂȘtre infinie sur une planĂšte aux ressources finies. Y a t il vraiment des gens qui rĂȘvent de croissance infinie?

Elle nous enferme en nous formatant, en nous inculquant des diktats, ceux de la “beautĂ©â€, de la jeunesse, de la virilité  En nous faisant croire que l’on ne peut exister qu’à travers eux, en nous empĂȘchant d’entrevoir d’autres maniĂšres de penser, les alternatives possibles, les façons d’ĂȘtre mieux avec soi, avec les autres, avec la Nature.

La publicitĂ© enferme nos imaginaires, ne nous propose pas de maniĂšre de grandir, de s’épanouir, en tant qu’ĂȘtre humain, individuellement tout comme collectivement, et ne nous permet pas de s’ouvrir, de partager.

La publicitĂ© nous enferme dans le chacun pour soi, dans l’égoĂŻsme, la compĂ©titivitĂ©, le productivisme, en mettant de cĂŽtĂ© l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral au profit du pouvoir et de l’argent.

Elle nous enferme socialement dans nos classes en nous rappelant que, dans notre sociĂ©tĂ©, la rĂ©ussite passe par le matĂ©riel, l’accumulation de biens, la rĂ©ussite professionnelle.

Elle nous enferme au quotidien en ne nous laissant aucun rĂ©pit, aucun moment ou endroit oĂč laisser vagabonder nos esprits comme beau leur semble, en occupant nos espaces de cerveaux disponibles de 1000 maniĂšres. Elle colonise notre quotidien au volant, en vĂ©lo, Ă  la radio, la tĂ©lĂ©, les rĂ©seaux sociaux, la musique, les journaux.

La pub nous enferme dans un cercle vicieux, celui du progrĂšs technologique. Elle nous culpabilise : de ne pas assez faire tourner le systĂšme ou juste d’émettre l’idĂ©e qu’à un moment il faut savoir arrĂȘter, ĂȘtre lucide et refuser le progrĂšs pour le progrĂšs.

Elle nous enferme aussi dans nos privilĂšges, notre condition d’occidentaux aisĂ©s dont le but – et principal problĂšme pourtant dĂ©risoire – est de consommer alors qu’une grande partie de la population mondiale meurt de faim, de pauvretĂ© et fait preuve pourtant d’une richesse humainement bien plus grande.

La publicitĂ© nous enferme aussi par le greenwashing, en essayant de racheter nos consciences, en nous dĂ©culpabilisant, en nous faisant croire que le capitalisme et la croissance verte existent et sont viables, que c’est la solution pour pouvoir continuer dans le monde du capital, le plus longtemps possible, en extraire jusqu’à la derniĂšre goutte de pognon.

Elle nous enferme dans l’AVOIR, nous voulons ÊTRE !

En tant que militant.e.s elle nous enferme dans nos peurs du monde qui nous attend demain. Humainement mais surtout Ă©cologiquement parlant, chaque panneau de pub, chaque incitation Ă  la consommation est un pas de plus vers l’extinction des espĂšces, de la biodiversitĂ©, du monde tel qu’on le connaĂźt et qui nous entraĂźne vers l’inconnu, ce monde que l’on aura honte de lĂ©guer aux gĂ©nĂ©rations futures.

Elle nous enferme dans une certaine rage, celle de vaincre mais aussi celle qui accompagne parfois le sentiment d’impuissance. Rage de voir le monde fermer les yeux pendant que le naufrage ( n’approche pas, non ) est dĂ©jĂ  lĂ .

Elle a beau nous enfermer, elle ne rĂ©ussit pourtant pas Ă  nous abattre. Parce que nous sommes pleins d’Amour, d’Espoir. Parce que nous sommes vivant.e.s et que ça vaut toujours la peine de SE REBELLER POUR LE VIVANT !




Source: Extinctionrebellion.fr