Ah bon… Parce que moi, heu, jaune, je sais ce que c’est comme couleur c’est jaune. Moins jaune que jaune, je m’doute. ça doit être jaunâtre clair ! Mais plus jaune que jaune j’vois pas… Qu’est-ce que c’est comme couleur ?

– C’est nouveau, ça vient de sortir !

– Ah bon, on peut pas discuter alors ?…

L’« ultra-jaune », c’est le nouvel élément de langage en vogue. C’est surtout ultra-con comme terminologie, faut pas laisser Castaner parler en public…

1 an après, les GJ sont toujours dans la rue

J’ai n’ai pu récolter que peu d’infos sur les événements du weekend dernier en dehors de ce qui a été relayé dans la presse – ce récit est donc sûrement loin d’être représentatif des actions menées.

Pour ce weekend anniversaire du mouvement, les Gilets jaunes se sont mobilisé.es en masse à Marseille et dans la région, pour la première manif GJ d’ampleur depuis plusieurs mois. À Marseille, plusieurs milliers de personnes ont pris la rue ( 1500-3000) samedi 16 avec une énergie retrouvée, sans doute en partie grâce au succès de la manif anniversaire des effondrement de la rue d’Aubagne le weekend précédent.



Le samedi, des rassemblements et des opérations tractages avaient lieu à Saint-Loup (10e), Port de Bouc, Martigues, La Mède, Cannet de Meyreuil, Pas-de-Trets, Lambesc, Arles au rond point de Pont de Crau, Manosque. À Forcalquier, la manif a tenté sans succès d’aller faire une visite à Castaner, avant d’occuper un des rond point. À la Ciotat, le péage du Pont de l’Étoile a été bloqué avant d’être pris d’assaut par les lacrymos.

Dimanche, plusieurs centaines de GJ étaient toujours présent.es autour du péage du Pont de l’Étoile. À Plan de Campagne, ielles étaient une centaine à défiler dans la zone commerciale. [1]

Logement indigne et mobilisations de quartiers

Des rassemblements étaient organisés mercredi et jeudi aux aurores devant le 59 St Just, suite à la rumeur d’une potentielle expulsion, alors que l’arrêté d’expulsion a été fixé au 9 février.



Plus tard dans la journée de jeudi, ce sont 50 personnes qui ont été évacuée dans le 4e, dont beaucoup qui n’ont bénéficié que d’une nuit en gymnase avant de se retrouver à la rue.

Aux Caillols, des habitant.es se mobilisent contre le projet urbain U400, qui prévoit de créer une route dans la ZAC des Caillols. « Cette route de 17 mètres de large va couper le dernier poumon vert du quartier, tout cela pour mieux desservir le centre commercial et la zone urbaine qui se développe aux Caillols » explique Mathieu Latil, du collectif Évolution Plateau-Grognarde. À Font-Vert, c’est le chantier de la L2 qui n’en finit pas de pourrir la vie aux habitant.es, entre bruit, poussière, et aménagements dangereux pour les riverain.es.

Vendredi 15, un morceau de corniche s’est écrasé sur le trottoir depuis le 4e étage du 2 rue de Rome ; Heureusement, aucun blessé. [2]

Le lendemain, un copropriétaire qui louait 2 appartements en Airb’nb d’un immeuble du 4e placé en arrêté de péril depuis juin 2019 a été placé en détention provisoire pour mise en danger de la vie d’autrui, non respect d’une interdiction d’habiter et d’utiliser des locaux, ainsi que pour abus de bien social. [3]

« trois pièces sympa, accueillant » dit l’annonce

Deux jours plus tôt, La Marseillaise révélait révélait que le 7 rue Molière (1er), en péril depuis avril 2017 (!), était lui aussi loué en Airb’nb, en plus d’être infesté de punaises de lit…



Le propriétaire marchand de sommeil, Abdel Fateh Benhalilou, a déclaré : « Non je ne loue pas en Airbnb et je n’ai pas de punaises. On a sécurisé » avant de reconnaître faire « quelques locations mais pas beaucoup » et de dire ne « pas avoir eu le temps de vérifier si le péril avait été levé ». Selon La Marseillaise, le « 7 rue Molière figure dans la liste des 15 immeubles dont les propriétaires défaillants sont menacés d’expropriation… » [4]

À Air Bel, après la légionellose et les punaises de lit, ce sont maintenant les arrivées d’eau chaudes qui ont rendu l’âme dans plusieurs appartements, causant inondations et appartements glacés en ces premières journées froides de novembre. Pendant ce temps, les bailleurs Logirem, Erillia et Unicil semble pressé de prendre leur temps à ne pas faire grand chose. #OnDevraitLesChercherChezEux  [5]

Mobilisations

Suite à l’immolation d’un étudiant devant le CROUS de Lyon, des rassemblements étaient organisés mardi devant siège social du Crous à Aix et devant la fac Saint-Charles à Marseille.. Une AG devait avoir lieu le jeudi 14 à la fac d’Aix.

Le 14 à la fac St Charles avait lieu un « meeting unitaire » entre syndicats, gilets jaunes, étudiant.es, et miliant.es pour préparer la journée du 5 décembre. Pour devenir un vrai lieu de rencontre des luttes, encore faudrait-il pouvoir rentrer dans ce campus sans se faire emmerder par la sécu au porte si on n’a ni carte étudiante, ni carte syndicale, ni carte de presse…

Solidarité avec le Rojava

Les actions de solidarité avec le peuple kurde en lutte en Syrie se poursuivent, même si elles ne sont plus rapportées par la presse locale [6] l’effet de mode étant passé. Samedi 9, une manifestation est partie de la Canebière jusqu’à la préfecture. Mardi 12, une action péage filtrant a été mené au péage d’Aubagne, pour distribuer des tracts, et samedi 16, un rassemblement était à nouveau organisé sur la Canebière, à l’occasion duquel une minute de silence a été observée. [7]



McDo en lutte

Dans le cadre de la journée mondiale d’action dans les fast food, un rassemblement était organisé mardi 12 devant le McDo du Vieux Port par les salarié.es du McDo en lutte de Saint-Barthélemy. Le lendemain, le tribunal de commerce, devant lequel avait aussi lieu un rassemblement de soutien, a prononcé le placement en redressement judiciaire du McDo de Saint-Barthélemy. Ses salarié.es dénoncent « un coulage organisé pour faire mourir un foyer de contestation sociale ». [8]

Grèves

Jeudi 14, c’est le personnel hospitalier qui a pris la rue dans toute la France, à l’appel des collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences. À Marseille, un rassemblement était organisé devant la Timone. Leur revendications portent notamment sur des augmentations de salaire, d’effectif et la réouvertures des lits fermés.

Le lendemain, selon La Marseillaise « le personnel CGT de InterContinental Marseille – Hotel Dieu est en grève pour de meilleures conditions de travail et de salaires. » [9]


Article publié le 20 Nov 2019 sur Mars-infos.org