Un schlague est mort. Un homme sans nom, ni visage. Et tout le monde s’en fout. Il est mort parce qu’il avait trop bu. Parce que boire sur la voie publique ça ne se fait pas. Parce qu’il s’est fait balancé par un bon citoyen. Parce qu’aujourd’hui quand un mec est bourré dans la rue on appelle les keufs. Parce que pour sa sécurité il a été emmené au commissariat. Et pour préserver l’ordre public, il a été tué.

L’enquête avance disent les journaux. La police de la police enquête. L’enquête avance. Mais quelle enquête ? Pour nous dire quoi encore ? Que ce type s’est lui même défoncé le crâne et les côtes ? Les images des caméras installées dans sa cellule de dégrisement, « n’indiquent aucune trace de violence, de rébellion ou de quelconques complications ». Oui. Rien ne s’est fait sous les yeux des caméras. Rien n’a été enregistré. Étonnant ?

Un homme est mort. Encore. Et tout le monde s’en fout. Un de plus. Assassiné par la police. En toute impunité. On ne s’en étonne même plus. Il y a quelques semaines c’était Adama Traoré. Mort d’une mystérieuse infection. Sans avoir subie aucune violence de la police. Bien entendu.

La liste est longue. On ne compte plus. La police mutile, la police tue, la police assassine. Et c’est normal. La police ne fait que son métier, braves gens.

Et moi j’ai la rage et la nausée, je rêve de tous les voir crever.




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