Certes il n’y avait rien à attendre d’un remaniement ministériel décidé par le président d’une démocratie représentative en crise et d’une Cinquième république agonisante… Mais nous avons tout de même été choqué·e·s !

Alors qu’il avait annoncé que l’égalité entre les femmes et les hommes serait la « grande cause du quinquennat », le président de la République a accepté la nomination de deux ministres emblématiques de la toxicité du patriarcat :

• Gérald Darmanin est nommé ministre de l’Intérieur. Ancien militant du RPR, catholique traditionaliste et homophobe, proche de La manif pour tous, il fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance. Quelles garanties peut-on avoir concernant la liberté de l’enquête et l’indépendance de la Justice dans les procédures qui vont le concerner ?

• Éric Dupond-Moretti est nommé garde des Sceaux, ministre de la Justice. Opposé à la création du délit d’outrage sexiste au prétexte que certaines femmes aujourd’hui « regrettent de ne plus être sifflées », cet avocat a largement contribué au maintien de la culture du viol en n’hésitant pas à stigmatiser les victimes de tels crimes dans ses plaidoiries.

En acceptant ces nominations, le président de la République donne une violente gifle à toutes celles et tous ceux qui militent pour une égalité réelle entre femmes et hommes. Il envoie également un terrible message aux forces répressives de l’État et confirme qu’elles continueront à bénéficier d’une totale impunité pour les crimes et délits commis dans le cadre de la répression des mouvements sociaux.

• Nous dénonçons l’immense hypocrisie du président de la République et de son gouvernement.

• Nous appelons à un rassemblement aux côtés du Collectif Nîmois pour les Droits des Femmes pour le vendredi 10 juillet à 18 h au palais de justice de Nîmes.


Article publié le 09 Juil 2020 sur Cnt-f.org