Août 4, 2021
Par Sans Nom
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ÉrigĂ© sur la pointe nord de l’üle danoise de Seeland, le majestueux chĂąteau d’Elseneur a contrĂŽlĂ© pendant quelques siĂšcles le dĂ©troit menant vers la mer baltique. Si ce monument fait aujourd’hui encore la fiertĂ© des habitants du coin, d’autres ne manquent pas de rappeler avec malice qu’il reste surtout connu en dehors de l’üle pour avoir servi de cadre Ă  une cĂ©lĂšbre tragĂ©die, de laquelle on ne retient gĂ©nĂ©ralement que le fait qu’ « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Qui plus est, on ne peut mĂȘme pas compter sur l’actualitĂ© rĂ©cente pour dĂ©mentir le vieil adage shakespearien, au contraire. N’est-ce en effet pas lĂ  que le 3 juin dernier a Ă©tĂ© votĂ©e la loi permettant de dĂ©gager en masse les demandeurs d’asile du pays, en sous-traitant dĂ©sormais leur « accueil Â» Ă  des pays-tiers hors Union europĂ©enne le temps de l’étude du dossier (des discussions sont en cours avec l’Egypte, l’Ethiopie et le Rwanda) ? Et n’est-ce pas ce territoire du vieux continent qui a Ă©tĂ© pionnier dans l’imposition Ă  la population d’un Coronapas dĂšs le 21 avril, obligatoire pour les plus de 15 ans dans les cinĂ©mas, les stades, les bibliothĂšques, les bars ou encore
 les auto-Ă©coles et autres salons de coiffure ?

D’un autre cĂŽtĂ©, c’est Ă©galement dans ce pays nordique qu’une petite suggestion anonyme a alors resurgi, offerte Ă  tous les contestataires qui brĂ»lent actuellement d’en finir avec ces nouvelles mesures liberticides. Une petite suggestion qui s’est mĂȘme rĂ©pĂ©tĂ©e par deux fois (au cas oĂč quelqu’un n’aurait pas bien entendu) Ă  une trentaine de kilomĂštres du chĂąteau d’Elseneur, en touchant prĂ©cisĂ©ment quelque chose de pourri du royaume du Danemark et d’ailleurs. Celle-ci consiste rien moins qu’à perturber les contrĂŽles d’identitĂ© de la police et ceux du QR code sanitaire effectuĂ©s par n’importe quel autre larbin en sabotant les ondes qui connectent smartphones et tablettes Ă  leurs indispensables bases de donnĂ©es en tout genre.

Vejby (Danemark), 25 mai 2021

La premiĂšre alarme pour les autoritĂ©s est venue en ce sens dĂšs le 25 mai dans le bourg de Vejby, prĂšs de la cĂŽte zĂ©landaise de Kattegat, Ă  environ 50 km au nord de Copenhague. LĂ , un incendie nocturne s’est dĂ©clarĂ© contre une antenne-relais et son bĂątiment adjacent, coupant l’ensemble des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile de la zone. Mais ce n’est pas tout, puisque les autoritĂ©s ont rĂ©vĂ©lĂ© sur la pointe des pieds que l’infrastructure calcinĂ©e hĂ©bergeait en sus non seulement un radar de l’armĂ©e pour la surveillance des eaux (en l’occurrence de la Marine), mais aussi plusieurs Ă©quipements du rĂ©seau cryptĂ© de la police danoise nĂ©cessaire aux contrĂŽles (SINE, SIkkerhedsNettet). Les enquĂȘteurs d’abord circonspects ont vite Ă©tĂ© intriguĂ©s par la prĂ©sence Â« d’un grand trou effectuĂ© dans la clĂŽture Ă  l’arriĂšre de l’installation sĂ©curisĂ©e », puis ont immĂ©diatement bouclĂ© la zone avant de la faire ratisser par des chiens toute la journĂ©e du lendemain.

Helsinge (Danemark), 15 juillet 2021

La seconde alarme est venue le 15 juillet dernier dans la ville de Helsinge, situĂ©e Ă  5 kilomĂštres de Vejby, lorsqu’une seconde antenne-relais est partie en fumĂ©e vers 2h30 du matin. Cette fois encore, le feu a rongĂ© les cĂąbles entre le bĂątiment hĂ©bergeant les Ă©quipements de tĂ©lĂ©communications et l’antenne elle-mĂȘme, avant de grimper le long de cette derniĂšre. Les autoritĂ©s dĂ©pitĂ©es ont alors prĂ©cisĂ© que « tout lien avec des incendies antĂ©rieurs de nature similaire sera Ă©galement inclus dans l’enquĂȘte », puis ont lĂ  aussi fait appel Ă  de fidĂšles canidĂ©s (ceux Ă  quatre pattes) pour inspecter la zone.

Tandis que les fins limiers danois, certes moins rodĂ©s en la matiĂšre que d’autres collĂšgues europĂ©ens, se penchent Ă  prĂ©sent sur la fumeuse thĂ©orie des auto-combustions d’antennes – certainement lasses de servir le contrĂŽle policier et sanitaire ou d’assister au tĂ©lĂ©travail –, comme sur le fait qu’il puisse « simplement s’agir d’une Ă©trange coĂŻncidence », on pourrait de notre cĂŽtĂ© se risquer Ă  une autre hypothĂšse. Et un peu plus rĂ©aliste, que diable !
Pour cela, il nous faut remonter aux mythiques skjaldmö vikings, ces guerriĂšres au bouclier qui combattirent parfois Ă  plusieurs centaines contre les Goths ou les Huns, selon le rĂ©cit des sagas nordiques. L’une d’entre elles, peut-ĂȘtre la plus connue, se nommait Lagertha et avait gagnĂ© le Valhalla il y a plusieurs siĂšcles dĂ©jĂ , lorsqu’elle comprit soudain qu’attendre auprĂšs d’Odin la grande catastrophe finale n’était qu’un dĂ©calque millĂ©nariste des inepties chrĂ©tiennes. Et que quitte Ă  finir en ce fade 21e siĂšcle sous forme de musique Ă©lectro, de jeu vidĂ©o, de sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e ou pire, de fantasmes nĂ©o-nazis, autant retourner direct Ă  Kattegat pour saccager tout ce qui avait rendu cela possible. Une fois revenue dans sa chĂšre baie, c’est donc lĂ , au printemps dernier, qu’elle fut Ă©cƓurĂ©e par ce monde mĂ©diĂ© par toujours plus d’appendices technologiques, oĂč trop d’ĂȘtres brandissent avec dĂ©lectation l’écran de leur propre servitude. Loin de toute rĂ©signation, elle entreprit alors une fois de plus de « glisser la panique de ses amis vers le camp ennemi », comme le contait dĂ©jĂ  l’odieux moine qui transcrivit autrefois sa lĂ©gende. Si elle manquait certes de temps pour comprendre les nouveaux rapports sociaux Ă  l’origine de tout ce merdier, il en fallut peu pour incendier avec dĂ©lice les deux tours de cĂąbles et de radars qui l’environnaient. Non seulement ces structures de tĂ©lĂ©communication heurtaient sa propre sensibilitĂ©, non seulement elles barraient tout horizon dĂ©sirable, mais elles procuraient aussi concrĂštement Ă  l’ennemi les moyens d’un contrĂŽle diffus permanent lui Ă©pargnant de nombreuses batailles.

En apprenant un peu plus tard ce que le poĂšte anglo-saxon avait casĂ© dans Hamlet Ă  propos du Danemark, Lagertha ne put s’empĂȘcher de sourire. Cheminant au bord des vagues, elle continua mĂȘme de plus belle, en songeant que si l’ensemble de la planĂšte Ă©tait dĂ©sormais touchĂ©e par une mĂȘme pourriture technologique nous privant petit Ă  petit de toute autonomie, le remĂšde primitif qu’elle venait d’employer par rĂ©flexe Ă  Vejby comme Ă  Helsinge fonctionnait par contre toujours Ă  merveille


[synthĂšse de la presse danoise, 31 juillet 2021]




Source: Sansnom.noblogs.org