Novembre 9, 2020
Par Le Monde Libertaire
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Le ciel du mois d’avril dernier était clair. La pollution, sous les effets du virus, avait diminué. La vision des étoiles était meilleure. Dans la nuit du 18 au 19, de nombreux internautes avaient aperçu des points lumineux alignés dans le ciel. Ils en ont fait part sur les réseaux sociaux. Des ovnis ? Non, Starlink ! Sur terre comme au ciel le monde numérique nous entoure, nous enserre. Les deux mois de confinement n’ont fait qu’amplifier cette situation.

Beaucoup de commentaires abordent cette question numérique sous son côté philosophique ou politique. Ce qui est tout à fait indispensable. Néanmoins en faire une description concrète, matérielle, demeure incontournable. Si l’on qualifie souvent ce monde de virtuel il n’en reste pas moins que bien des choses qui le constituent sont très concrètes. Si les débats se font de plus en plus acharnés autour de l’installation de la 5G, c’est comme pour mieux cacher ce qui est en train d’arriver par en haut, dans notre ciel et par en bas à côté de chez nous.

La pandémie est un moment charnière dans le développement du capitalisme numérique. Ce dernier est apparu comme incontournable dans la vie quotidienne des populations confinées.

Le système satellitaire
Dernier en date, Starlink n’est pas le moins important. Depuis Spoutnik et sa chienne Laïka (1957) les satellites ont envahi notre ciel. Qu’ils soient habités ou pas, ils sont devenus incontournables. Difficile d’en faire une liste complète. Ils peuvent être destinés à des opérations militaires ou à des fonctions civiles, ou aux deux à la fois. Selon certaines informations, ils seraient au nombre de 2630 à tourner autour de la terre. Vous, moi et bien d’autres, les utilisons à travers notre smartphone quand nous avons besoin de trouver notre chemin, c’est la fonction GPS (Global Positioning System). Il y a aussi les satellites de télécommunication utilisés principalement pour la transmission de la télévision comme ceux qui concernent la météo.

Ces satellites sont envoyés dans le ciel au départ d’au moins une vingtaine d’endroits dans le monde, dont les plus célèbres sont Cap Kennedy aux USA, Baïkonour en Russie et Kourou pour la France en Guyane. Mais il y en a bien d’autres. Chacun d’entre eux est un ensemble d’une importance économique et stratégique sans égale. L’espace est devenu un enjeu crucial pour tous les États qui en ont les moyens.

Il faut s’arrêter un moment sur Starlink pour tenter de comprendre ce qui est en train de se jouer. Il existe actuellement des conglomérats numériques qui occupent la place de ce que l’on avait coutume d’appeler les maîtres de forges. Ces grands patrons du domaine métallique ont été remplacé par ceux du domaine numérique.
Ils s’appellent, Jeff Bezos (Amazon), Satya Nadella, successeur de Bill Gates (Microsoft), Mark Zuckerberg (Facebook), Sundar Pichai (Google) Tim Cook (Apple). Ils forment ceux que recouvre l’acronyme GAFA.
Il faut leur adjoindre Elon Musk, patron de SpaceX, Tesla, Boring Company et Neutralink et autres sociétés innovantes. Au contraire des GAFA, il a investi dans le hard. Il est devenu le leader mondial dans la fabrication des fusées en vue de la conquête de l’espace. Dans ce cadre-là, Starlink mérite notre attention. Ce patron a prévu de lancer à terme 42 000 minisatellites en orbites basses afin « d’offrir » à tout un chacun, où que ce soit, un accès à Internet. Selon Musk le temps d’accès, c’est-à-dire la durée de connexion entre un ordinateur sur terre et un satellite devrait tourner autour de 20 millisecondes. Ce qui devrait permettre un accès facile au monde du gaming des jeux en ligne, afin, selon Musk « que chacun puisse jouer à un jeu vidéo fluide à un niveau compétitif ». Même si ce dernier s’en défend, comment ne pas voir là une menace à terme pour les fournisseurs d’accès traditionnels.
(A suivre)

Pierre Sommermeyer
Individuel




Source: Monde-libertaire.fr