Mars 15, 2021
Par Marseille Infos Autonomes
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Cette annĂ©e, la marche de nuit fĂ©ministe s’est transformĂ©e en nasse et menace de nuit. RĂ©cit non exhaustif des Ă©vĂšnements.

Article repris de iaata.info.

Toulouse, le 5 mars 2021.

Comme le veut la tradition fĂ©ministe toulousaine, nous avions prĂ©vu de manifester, la nuit, Ă  l’occasion du week-end du 8 mars, et de pousser la chansonnette en battant le pavĂ©. Cette annĂ©e, malgrĂ© le couvre-feu, nous avions dĂ©cidĂ© de maintenir la coutume, en nous retrouvant, plus tĂŽt que d’habitude, Ă  17h30. En arrivant, la place Ă©tait parsemĂ©e de groupes de bleus, prĂȘts Ă  intervenir dĂšs que l’une d’entre nous avait l’audace de faire tomber le masque en dessous de la narine.

Nous Ă©tions tout de mĂȘme une centaine Ă  braver l’interdit prĂ©fectoral. Et nous avions devant nous, en tout lĂ©galitĂ©, au moins 30 minutes pour chanter, danser, crier, et jeter Darmanin dans la Garonne. Pourtant, aux alentours de 17h42, en plein Ă©chauffement vocal, la marĂ©chaussĂ©e dĂ©cide de nous encercler, et de constituer une nasse. Le groupe est alors scindĂ© en deux, interdisant toute sortie, mais acceptant bien volontiers de nouvelles recrues.

C’est alors que commence une attente interminable. Seules les personnes qui prĂ©sentent leurs papiers d’identitĂ© peuvent quitter les lieux. Au mĂȘme moment ont lieu plusieurs Ă©vĂ©nements : la frappe – batucada fĂ©ministe toulousaine – se fait arrĂȘter et confisquer ses instruments, tandis qu’un petit groupe extĂ©rieur Ă  la nasse se fait gazer Ă  bout portant. Il est alors 17h53, et la possibilitĂ© d’un voyage au poste se profile de plus en plus clairement.

Au total, une trentaine de personnes fera le dĂ©placement, non sans avoir entendu, pendant une heure, les blagues et rĂ©flexions graveleuses de la milice fasciste. Ainsi, lorsque le camion arrive au commissariat, les brillants soldats, voyant qu’un rassemblement de soutien a lieu devant l’établissement, dĂ©clarent « HAHAHAHAHAHA, ELLES SONT VENUES POUR NOUS, ON LEUR PLAÎT TROP !!! Â». Hum. Certes. PerplexitĂ©. La situation serait comique si nous n’avions pas Ă  subir par la suite un contrĂŽle d’identitĂ©, dans le gymnase de l’hĂŽtel de police.

Finalement, la plupart d’entre nous sortent, saines et sauves, sans rappel Ă  la loi, et sans amende – Ă  priori, car il est possible que nous les recevions plus tard -. A cette heure-ci, deux personnes sont en garde Ă  vue, sans que l’on ait plus de dĂ©tails sur leurs chefs d’inculpations, ni sur les conditions de leur arrestations. Force et soutiens Ă  ielles !

Tout ceci Ă©tait une dĂ©monstration de force, mais l’effet dissuasif n’a pas marchĂ© :

On a l’attaque des louves et la rage des chiennes, fiĂšres, vĂ©nĂšres, pas prĂȘtes Ă  se taire !!!




Source: Mars-infos.org