Juillet 28, 2021
Par Paris Luttes
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Bonjour,

Le bulletin n° 198 du 20 juillet 2021, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires est sorti. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

À bientôt.

L’équipe de rédaction

Lire l’intégralité et télécharger ce bulletin mis en page au format pdf.

« La Mexicaine » à la française

« Une mexicaine » dans le jargon policier c’est quand des flics arrangent les faits à leur manière pour faire tomber quelqu’un ou protéger un des leurs, quitte à violer la loi. Une pratique difficile à constater, la plupart du temps : en cas de brutalités policières, c’est parole contre parole, et à ce petit jeu c’est toujours le représentant de l’État qui a le dessus. Alors, pour quelqu’un de « défavorablement connu des services de police » – expression vide de sens, symptomatique du travail de discrédit systématique de l’institution à l’encontre des victimes de violences policières – aucune chance. L’usage du délit d’outrage et rébellion en est un exemple flagrant. Plusieurs affaires récentes nous ont apporté un éclairage rare sur cette pratique.

Pour Adnane qui a perdu un œil suite à un tir de LBD, les enquêteurs sont allés jusqu’à espionner leur propre collègue… du jamais vu. Plus rare encore, les éléments de l’enquête ont filtré dans la presse, mettant crûment à jour les rouages de la mexicaine. (voir dans le bulletin l’article Dans les coulisses de la maison poulaga).

Autre affaire. Dans le procès largement médiatisé de l’attaque de Viry-Châtillon aux Assises, la défense a mis a jour les manœuvres des OPJ dans la rédaction des PV d’interrogatoire, en demandant à les comparer aux enregistrements vidéo des gardes à vue. Tronqués, biaisés, ils avaient conduit à des condamnation. Un jeune homme a ainsi écopé de 18 ans de prison en premère instance avant d’être acquitté. Il a tout de même passé quatre ans en détention préventive. Des plaintes pour faux et usage de faux ont été déposées. Quand « la mexicaine » est trop pimentée, la justice ne suit pas… un désaveu qui suscitera une surenchère policière et politique criant au laxisme de la justice et réclamant une forme de condamnation automatique.

La police, un exemple de déontologie ? Censée représenter et donc respecter la loi ? Fallait il ces affaires pour s’apercevoir qu’entre la soupe idéalisée qu’on nous sert et la réalité il y a un monde ? Combien « La mexicaine » a-t-elle de petites sœurs cachées ? Combien de tués, de mutilés sans que les auteurs soient inquiétés ? Combien de fichiers de police en dehors des lois , de tirs de LDB en dehors du cadre réglementaire ?…

Des quartiers populaires maintenus en bas de l’échelle sociale, sauf lorsqu’il s’agit d’en faire un laboratoire du sécuritaire ou pour de la cosmétique électoraliste, une stigmatisation de l’immigré, du musulman : voilà comment les gouvernements successifs adoptant le prisme de l’extrême droite, nous servent une vision polarisée de la société. Le jeune des cités, le migrant, le manifestant, autant d’ennemis providentiels, moteurs des politiques sécuritaires, outils de division, pour déployer le paravent qui cachera la misère engendrée par leur politique. La police suit, s’engouffre dans l’équation « jeune des quartiers = danger à mater ». Il faut maintenir tranquilles ceux qui ont le plus de raison de se révolter, les premiers touchés par les inégalités sociales, le racisme… et là tout les moyens sont bons… L’existence des « mexicaines » n’a rien d’étonnant, elle ne sont au final qu’une expression logique d’un rapport de domination.

au sommaire

> « La Mexicaine » à la française

Dans les coulisses de la maison poulaga

> On ne tire pas sur une ambulance ! Pas encore…

> Chronique de l’arbitraire

L’expression d’un certain désaveu due à une inquiétude ?

Bagui, frère d’Adama, acquitté après avoir passé près de 5 ans derrière les barreaux !

Mort à 34 ans suite à un tri de taser

Halte à la dématérialisation de nos vies par la numérisation de la violence !

Steve Maia Caniço, on n’oublie pas !




Source: Paris-luttes.info