Avril 30, 2016
Par Paris Luttes
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La Mairie de Paris laisse dans le dénuement le plus complet des dizaines de mineurs isolés étrangers (MIE).

Rassemblés vendredi 22 avril devant la Mairie de Paris, plus d’une centaine de mineurs isolés, de militants et de soutiens ont exigé avec force hébergement et scolarité. Traumatisés par des migrations éprouvantes, des dizaines de mineurs isolés vivent les conditions extrêmement rudes de la rue, sans hébergement la nuit, ni lieu d’accueil le jour ; pas de nourriture ni de vêtements. Aucun suivi social, médical ou psychologique.

La scolarisation leur est refusée, soumise à une reconnaissance de la minorité par le juge. Cette situation ne peut durer plus longtemps.

Au mois d’avril 2015 [1], la Mairie de paris prétendait mettre en place « … une politique exemplaire en matière de protection et prise en charge des mineurs… » avec un nouveau plan d’accueil et d’orientation.

Il en est tout autrement. Selon le recensement de nos collectifs de défense des MIE (Mineurs Isolés Etrangers), largement plus de la moitié des mineurs qui se présentent dans le dispositif d’accueil parisien font l’objet d’un refus de prise en charge de la part des services de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). La mise en doute systématique de leurs documents d’état civil et de la véracité de leurs propos sont autant de motifs pour remettre en cause leur minorité et avec elle, c’est toute leur histoire qui est niée.

Situation ubuesque s’il en est : ils ne sont pas mineurs selon l’aide sociale à l’enfance et pas majeurs pour les dispositifs d’hébergement d’urgence puisque détenteurs de documents d’état civil attestant de leur minorité.

Les recours juridiques qui durent des mois les laissent sans hébergement, sans aucune protection et sans scolarisation – alors même que la moitié de ces recours aboutissent finalement à une reconnaissance de leur minorité par le Juge des Enfants !

Autre technique pour évincer les MIE de mesures de protection : les « tests osseux » , ces examens humiliants et dégradants. Alors que les autorités médicales s’accordent à considérer cette pratique comme peu fiable, ils continuent à être pratiqués et même à s’intensifier.

Le défenseur des Droits rappelle que « l’état français est lié par les obligations découlant de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) à l’égard des MIE comme il l’est de tout enfant présent sur son territoire » .

Pour les très jeunes majeurs isolés, la situation n’est pas plus brillante ; nombre d’entre eux dorment à la rue – alors même qu’ils sont scolarisés.

Nous en appelons à tous les élus parisiens et exigeons l’application du droit :
- Aucun mineur isolé étranger ni jeune majeur isolé à la rue
- Scolarisation immédiate et sans condition à l’école publique.
- Une protection effective (médicale, sociale, psychologique).

Collectifs réunis pour la protection des jeunes isolés : « je suis là » ; TIMMY ; CPSE ; permanenciers ADJIE




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