La lutte pour SABSA est un combat pour l’autonomie contre la bureaucratie

La lutte pour la survie de la coop de solidarité SABSA ressemble à celle de David contre Goliath.

D’un côté, de chétives mais courageuses infirmières et leur syndicat mettant de l’avant une solution accessible et démocratique de guérir les plus poqués de la société.

De l’autre, le violent docteur Barrette à l’estomac broché, défendant un système de santé privé, autoritaire, centralisé et austère.

En plus de David contre Goliath on peut imaginer d’autres analogies: celle de la lutte des classes… ou de la bureaucratie contre l’autonomie.

Notez les arguments invoqués par Barrette

  • On ne veut pas de système de santé parallèle. Envoyez plutôt les patients dans les groupe de médecine familiale (GMF).
  • SABSA c’est une patente à gosses syndicale.
  • On ne veut pas dédoubler les infrastructures: il y a un CLSC à deux pas.
  • Ça prend des docteurs.

Tous ces arguments ont un point en commun: ils sont absurdes. Barette défend des principes qui n’ont rien à voir avec la santé. C’est la bureaucratie justifiant son existence.

Dans son livre intitulé Bureaucratie, l’anarchiste David Graeber avance la théorie que néolibéralisme va de pair avec une explosion de bureaucratie. Ne parle-t-on pas sans cesse de méthode Toyota, de mesure d’efficience et de payer selon la performance?

« L’extension du contrôle de l’État aux aspects de la vie les plus banals a pour corollaire que les individus s’habituent à vivre dans un carcan de règles, parfois absurdes, et pensent de moins en moins à les remettre en question malgré le profond déplaisir qu’elles génèrent. »

Bureaucratie, Alternative Libertaire

Les anarchistes veulent les travailleuses et travailleurs libres d’exercer leur métier comme il leur semble bon. De façon démocratique, sans intervention de l’État. La démocratie directe et l’autogestion.

La bureaucratie nie cette volonté d’autonomie. Sous un discours managérial visant l’efficacité elle instaure toujours plus de règles arbitraires. Sous le motif d’améliorer l’efficacité, on s’embourbe dans des tonnes de paperasse.

Pourtant tout ce qu’on veut, c’est des gens accédant à des soins rapidement. On veut des infirmières pratiquant leur métier. Me semble que c’est pas compliqué!

L’illusoire solution du privé

Les libertariens de l’IEDM se sont fendus d’une défense de SABSA justement sous le thème de combattre la bureaucratie. Ils saluent « l’esprit entreprenarial » des infirmières.

Le secteur privé n’offre pas d’alternative valable. Les établissements du libertarien Lacroix ne ressemblent pas autant à des cliniques de santé qu’à des machines à imprimer des billets.

Une ancienne employée de Lacroix affirmait d’ailleurs que «la priorité de l’entreprise s’est dirigée vers l’acquisition de profits, et ce, au détriment du client». Elle dénonçait la « vente de forfait sous pression » et la « publicité trompeuse ».

Devoir choisir entre le privé et le public, c’est comme choisir entre la peste et le choléra. C’est une nouvelle alternative qu’il faut. Et elle porte un nom: SABSA.

Invitation à la marche de solidarité

Soyons nombreux à la marche pour la sauvegarde de la clinique SABSA.
Rendez-vous en face du Concorde, coin Grande-Allée le dimanche 8 mai à 14h