Dans le ML de septembre 2018 (n°1798), par le biais de l’article « Du fantasme Ă  la dĂ©sillusion Â», je rappelais les consĂ©quences de la fuite en avant productiviste d’un systĂšme en plein dĂ©sarroi – le capitalisme – condamnĂ© Ă  une croissance illimitĂ©e . Et notamment dans le contexte mondial actuel – gaspillage Ă©hontĂ© de quantitĂ©s gigantesques d’énergie et de mĂ©taux (armement, urbanisation, automobile, BTP, consumĂ©risme
), industrialisation accĂ©lĂ©rĂ©e des pays « Ă©mergents Â», baisse sensible des stocks mondiaux, envolĂ©e des prix, quasi-monopole de la Chine concernant la plupart des matĂ©riaux rares – des pays de plus en plus nombreux, aprĂšs avoir parfois fermĂ© leurs derniĂšres mines, se lancent dans un programme d’extraction sans prĂ©cĂ©dent. ConsidĂ©rant la terre comme un terrain de jeu et l’activitĂ© miniĂšre comme un « mal nĂ©cessaire Â», les « aventuriers Â» s’acharnent Ă  fouiller ses entrailles, arrachant sans scrupules des millions de tonnes Ă  la croĂ»te terrestre. Ce qui fait que, compte tenu des « Ă©changes inĂ©gaux Â» – doux euphĂ©misme – les pays de l’OCDE engloutissent environ les trois-quarts des ressources mondiales extraites annuellement pour un cinquiĂšme de la population mondiale.

Recenser tous les chantiers en cours et les projets en gestation suffirait Ă  noircir un Ă©pais volume : mĂ©ga-mine de charbon prĂšs de Bonn, en Allemagne ; extraction d’or Ă  ciel ouvert dans la forĂȘt de Skouries, en GrĂšce ; plus grande mine de cuivre au monde, dans le dĂ©sert d’Atacama, au Chili ; dans la rĂ©gion de Cajamarca, au PĂ©rou ; dans la province de Salta, en Argentine ; en Colombie, au Mexique ; extraction du platine et de l’uranium en Afrique du Sud, sables bitumineux au Canada…

Concernant la France, sous l’impulsion d’un Montebourg, ex-ministre du « Redressement productif Â» et d’un Macron, un des trop nombreux « idiots utiles Â» du transhumanisme, les mĂ©taux recherchĂ©s vont de l’étain Ă  l’or, en passant par le germanium, le molybdĂšne, l’argent, le zinc ou le cuivre. Dans les CĂŽtes-d’Armor, les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, la Haute-Vienne, l’AriĂšge, l’Allier, la Mayenne, la Creuse
Et, cerise sur le gĂąteau, le rĂ©cent et faramineux projet de mine d’or en Guyane qui, s’il voyait le jour, entraĂźnerait la destruction de 2000 hectares de forĂȘt tropicale primaire et l’utilisation, sur douze ans, de 46 500 tonnes de cyanure, 57 000 tonnes d’explosifs et 142 millions de litres de fuel (WWF) !!

Quant au sable, chaque annĂ©e dans le monde, ce sont environ 75 millions de tonnes qui sont extraites des rivages marins (sable coquillier pour les « besoins Â» agricoles, minĂ©ral pour le bĂ©ton), un pillage qui mĂȘle multinationales et rĂ©seaux mafieux, et qui met en pĂ©ril la protection des cĂŽtes et l’équilibre des Ă©cosystĂšmes marins. Pour la seule Bretagne, ce sont sept « permis exclusifs de recherches de mine Â» qui ont Ă©tĂ© rĂ©cemment dĂ©posĂ©s. En Inde, en particulier, oĂč se perpĂ©tue le pillage du sable sur les plages du sud du pays ou dans les riviĂšres de l’Himalaya, des centaines de personnes, dont des militants et des journalistes d’investigation, ont Ă©tĂ© tuĂ©es par diverses branches de la mafia du sable. Il s’agit bien de « communs Â» – le sol et le sous-sol – prĂ©levĂ©s de l’espace public pour satisfaire des intĂ©rĂȘts Ă©conomiques privĂ©s.

La montée en puissance des luttes.

Si, pendant longtemps, la rĂ©signation et la passivitĂ© ont Ă©tĂ© la rĂšgle, aujourd’hui presque chaque projet suscite des rĂ©actions, des rĂ©sistances, des conflits, et souvent des propositions d’alternatives. Une « mobilisation citoyenne Â» accompagne la relance Ă©perdue de l’industrie miniĂšre. D’abord parce que les incidences prennent une dimension alarmante : un dĂ©sastre environnemental (destruction d’écosystĂšmes, quantitĂ©s considĂ©rables d’eau et d’énergie, dĂ©chets hautement toxiques), des atteintes graves Ă  la santĂ© (malformations, retards mentaux, cancers et autres pathologies dues Ă  la prĂ©sence d’eaux acides, de plomb, de mercure, d’arsenic
 d’élĂ©ments capables de perdurer plusieurs dĂ©cennies, voire plusieurs siĂšcles), une qualitĂ© de vie amoindrie (trafic incessant des machines et des camions, bruits, poussiĂšres
).

Ensuite, parce que l’attitude et les pratiques des grandes compagnies et des pouvoirs publics exaspĂšrent de plus en plus les individus et les groupes concernĂ©s : dĂ©sinformation, mensonges, Ă©tudes falsifiĂ©es, consultations de façade, dans un premier temps, puis surveillance, division dans les villages et les familles, harcĂšlement, intimidations, arrestations arbitraires, poursuites judiciaires, Ă©ventuellement menaces de mort, assassinat d’opposants. L’exploitation du sous-sol relevant majoritairement de la raison d’État, la posture des pouvoirs publics aboutit en dĂ©finitive Ă  l’encouragement et Ă  la couverture d’activitĂ©s criminelles : autorisations d’installations dangereuses et influence sur le cours de la justice riment avec financement des campagnes Ă©lectorales. Sans oublier les grands mĂ©dias Ă  la botte.

La rĂ©sistance Ă  l’extractivisme revĂȘt de multiples formes, adaptĂ©es aux contextes locaux : grĂšves, procĂšs, blocages, sabotages
 Mais ce qui devient de plus en plus Ă©vident, face Ă  la complicitĂ© et Ă  l’impunitĂ©, c’est l’insuffisance des batailles juridiques et politiques pourtant nĂ©cessaires, d’oĂč la frĂ©quence accrue d’un affrontement physique, de l’interposition des corps.

Ce renouveau du sens de la lutte – certes loin d’ĂȘtre encore gĂ©nĂ©ralisĂ© – ne se limite pas Ă  la seule industrie miniĂšre. Et l’aspiration Ă  la transformation Ă©cologique et sociale est plus vive que jamais. L’Institut des sciences environnementales et des technologies Ă  l’UniversitĂ© autonome de Barcelone a recensĂ© et rĂ©pertoriĂ© 2500 cas de conflits portant sur la rĂ©partition des richesses Ă©cologiques.

A Delhi, des habitants de la classe moyenne et des recycleurs informels se sont rĂ©unis pour empĂȘcher la privatisation du systĂšme de gestion des dĂ©chets. Des rĂ©seaux de militants ont rĂ©ussi Ă  interrompre de maniĂšre temporaire l’expansion grandissante des plantations de palmiers pour la production d’huile au Honduras, en Colombie, au Mexique, en IndonĂ©sie. Dans le Bassin amazonien, les Balkans ou en Afrique, des communautĂ©s rurales ont crĂ©Ă© leurs propres modĂšles d’énergie Ă©olienne comme alternatives aux mĂ©gaprojets des entreprises. Des groupes ou organisations locales s’opposent aux incinĂ©rateurs, aux flux de dĂ©chets dangereux depuis des pays Ă  consommation de masse vers des pays du Sud.

Concernant la France, depuis plusieurs mois, des forestiers se mobilisent Ă  la fois contre la privatisation rampante de l’Office national des forĂȘts, l’industrialisation de la forĂȘt qui la transforme en usine Ă  bois, compromettant sa rĂ©gĂ©nĂ©ration et alimentant au passage la spĂ©culation sur la biomasse, et la perte de sens de leur travail (plus de temps sur la route et devant l’ordinateur qu’en forĂȘt : prĂšs de 40 suicides en vingt ans).

A Notre-Dame-des-Landes, lutte emblĂ©matique, c’est la dĂ©termination des Zadistes et de plusieurs dizaines de comitĂ©s de soutien qui a abouti, en janvier 2018, Ă  l’abandon dĂ©finitif du projet d’aĂ©roport du Grand Ouest. A Roybon, entre Grenoble et Lyon, une association locale « Pour les Chambaran sans Center Parcs Â» conduit l’opposition au projet de Center Parcs du groupe Pierre et vacances, qui entraĂźnerait le dĂ©frichement de plusieurs dizaines d’hectares de forĂȘts. A Bure, une dynamique d’actions Ă  l’initiative d’associations, collectifs et individus permet l’opposition au projet d’enfouissement de dĂ©chets nuclĂ©aires dans la Meuse (CIGEO). Depuis prĂšs de dix ans, des associations fĂ©dĂ©rĂ©es dans l’organisation « Peuple des dunes Â» luttent contre l’extraction du sable coquillier dans les CĂŽtes-d’Armor. Plus de 400 communes et plus de 120 collectifs s’opposent au dĂ©ploiement du compteur Linky et Ă  « son monde Â», c’est-Ă -dire un totalitarisme prĂ©sentement « soft Â» qui accentue le contrĂŽle social et facilite – pour le privĂ© – la collecte massive d’informations et l’exploitation des donnĂ©es qui en rĂ©sulte.

Ces luttes sont Ă©videmment rendues difficiles par l’acharnement d’un systĂšme de plus en plus confrontĂ© aux limites physiques de la planĂšte, et « contraint Â», par les exigences des actionnaires et des investisseurs, de museler, de criminaliser toute forme de contestation empĂȘchant de « libĂ©rer la croissance Â». D’oĂč la multiplication des contrĂŽles, Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques, perquisitions, amendes, procĂšs oĂč les droits de la dĂ©fense sont bafouĂ©s ; l’objectif Ă©tant d’asphyxier financiĂšrement et de rĂ©duire au silence et Ă  la peur.

Le combat syndical.
Dans le domaine plus « classique Â» du syndicalisme, le renoncement du plus grand nombre (seulement 8 % des salariĂ©s sont syndiquĂ©s en France), les stratĂ©gies corporatistes, la difficultĂ© Ă  mobiliser, ne doivent pas faire oublier la dĂ©termination, la combativitĂ© de ceux pour qui l’expression « conscience de classe Â» a encore un sens, mĂȘme si cette notion a considĂ©rablement Ă©voluĂ© depuis plus d’un demi-siĂšcle. Les quelques exemples qui suivent sont extraits de la publication « Dans le monde une classe en lutte Â», et concernent la seule annĂ©e 2018.

En Argentine, aprĂšs un mois de grĂšve, des dizaines de milliers d’enseignants descendent dans la rue contre les rĂ©ductions budgĂ©taires. En Russie, alors que le gouvernement de Poutine avait profitĂ© du mondial de foot pour faire passer une rĂ©forme qui – entre autres – reculait l’ñge de la retraite de 60 Ă  65 ans pour les hommes et de 58 Ă  63 ans pour les femmes, des mouvements ont Ă©clatĂ© dĂ©but juillet dans une trentaine de villes sous forme de manifestations souvent rĂ©primĂ©es. Au Vietnam, des centaines d’usines sont attaquĂ©es et incendiĂ©es, en rĂ©plique Ă  des lois selon lesquelles les compagnies Ă©trangĂšres pourraient louer des terrains pour 99 ans, y construire des usines, et y appliquer des conditions d’exploitation dĂ©rogatoires au droit commun. En Irak, la misĂšre sociale et le chĂŽmage qui touchent les jeunes (60 % de la population a moins de 24 ans), alors que le secteur pĂ©trolier embauche des migrants venant de tout le sud-est asiatique, particuliĂšrement dociles et sous-payĂ©s, dĂ©clenche un vaste mouvement de protestation. A Glasgow, 8000 femmes font grĂšve pour l’égalitĂ© salariale. Au Canada, en juin, la quasi-totalitĂ© des chantiers du BTP est bloquĂ©e. En cause, un changement important dans la formation des grutiers rĂ©duisant la pĂ©riode de formation de 870 heures Ă  150 heures, et autorisant le remplacement temporaire d’un grutier par un ouvrier « quelconque Â» du bĂątiment.
Les enjeux agricoles.
Globalement, au niveau mondial, deux organisations – le rĂ©seau international Via Campesina et, en Inde, le mouvement populaire et non-violent Ekta Parishad – coordonnent les luttes des exploitations familiales, des paysans sans-terre, des journaliers agricoles, des pĂȘcheurs artisanaux, des peuples autochtones
 autour de quelques axes prioritaires (souverainetĂ© alimentaire, biodiversitĂ©, lutte contre les OGM, agriculture paysanne, droits des militants, accĂšs Ă  la terre, Ă  l’eau et aux semences, reconnaissance du rĂŽle spĂ©cifique des femmes
). Par des actions collectives (marches de protestation, meetings, blocages de routes, occupations de terres
), ces mouvements tentent d’imposer sur l’agenda des institutions internationales les revendications propres Ă  des populations rurales de plus en plus marginalisĂ©es. La JournĂ©e internationale des luttes paysannes est cĂ©lĂ©brĂ©e tous les 17 avril depuis 1997.

En France, des paysans s’investissent aussi dans la lutte contre les « grands projets inutiles et imposĂ©s Â», dans la mesure oĂč ils sont concernĂ©s par les expropriations et la destruction du foncier agricole. En ArdĂšche, entre autres, des chevriers refusent l’identification Ă©lectronique. Le rĂ©seau Semences paysannes anime un mouvement de collectifs qui renouvellent, diffusent et dĂ©fendent les semences paysannes, ainsi que les savoir-faire et connaissances associĂ©es. En lien avec la mort de l’éleveur JĂ©rĂŽme Laronze, tuĂ© par les gendarmes le 20 mai 2017, plusieurs collectifs « Hors-norme Â» impulsent des actions de soutien lors de contrĂŽles, expliquant que la multiplication des normes, loin d’avoir empĂȘchĂ© les scandales sanitaires et les pollutions, permet l’agrandissement des exploitations agricoles par l’élimination des paysans harcelĂ©s parce que soucieux d’autonomie. AprĂšs avoir participĂ©, entre autres, Ă  la ferme du Sabot Ă  NNDL, Ă  un camp de soutien Ă  la lutte des paysans contre une mine d’or en Roumanie, ou Ă  des squats de terres et Ă  des jardins collectifs Ă  Dijon, le rĂ©seau « Reclaim the Fields Â» s’investit dans un squat agricole dans la « ceinture verte Â» d’Avignon.

La lutte contre toute forme de pouvoir investit aussi d’autres lieux que l’on aurait tort de considĂ©rer comme secondaires. En Grande-Bretagne, des travailleuses Ă  la chaĂźne pratiquent le sabotage. Des femmes kurdes combattent l’obscurantisme. En Afrique, des femmes s’opposent Ă  l’extractivisme. Dans un monde oĂč domine le patriarcat, oĂč le machisme transcende les classes sociales et occulte l’histoire des femmes, de nombreuses, parmi elles, tentent, parfois au pĂ©ril de leur vie, de dĂ©fendre leurs droits, leur libertĂ©, leur dignitĂ©. Qu’il s’agisse d’inĂ©galitĂ©s dans le monde du travail, de sexisme dans l’orientation scolaire et universitaire, de violences sexuelles ou de droit Ă  l’avortement, leur vie quotidienne est rythmĂ©e par un combat permanent.

Quand R. Carson, scientifique, accuse le DDT, produit principalement par Monsanto, d’ĂȘtre reprotoxique et cancĂ©rigĂšne, quand N. Kutepova, avocate antinuclĂ©aire, dĂ©fend les victimes d’irradiation sur plusieurs gĂ©nĂ©rations, quand V. Shiva, physicienne, s’implique dans des procĂšs contre des multinationales, s’oppose Ă  la vente de semences hybrides et prĂŽne la dĂ©sobĂ©issance Ă  l’État, quand W. Maathai, premiĂšre femme doctorante en science d’Afrique de l’Est et du Centre, conteste de nombreux projets de dĂ©boisement massif, et bien d’autres, elles sont traitĂ©es d’hystĂ©riques (insulte suprĂȘme!), subissent des intimidations et des menaces directes, des campagnes de dĂ©nigrement systĂ©matique ; leur rigueur scientifique est entachĂ©e de « sentimentalisme Â». Quand des femmes peules se battent, au Tchad, contre l’avancĂ©e de la sĂ©cheresse pour assurer leur sĂ©curitĂ© alimentaire, elles doivent affronter des milices armĂ©es. Quand D. Fossey constate les aptitudes Ă©tonnantes des grands primates au Rwanda, elle est assassinĂ©e par des braconniers, avec toute la virilitĂ© nĂ©cessaire. Toutes ces informations sont extraites de Soeurs en Ă©cologie de Pascale d’Erm (Ed. La Mer SalĂ©e 2017).

Autre lutte d’envergure, celle en faveur des migrants. Face au puissant dispositif rĂ©pressif de l’État, face au harcĂšlement insistant par la gendarmerie mobile, face aux conditions inhumaines qui leur sont infligĂ©es, dans plusieurs rĂ©gions les mouvements de solidaritĂ© s’amplifient. Rejetant Ă  la fois le racisme et les politiques sĂ©curitaires et antisociales, des collectifs, des associations, des habitants, des parents d’élĂšves, des enseignants s’impliquent dans les occupations de lieux, la recherche de logements, l’amĂ©lioration des conditions d’existence au quotidien. Une auto-organisation des populations, avec parfois des tentatives de coordination au niveau national.

Changer de civilisation : un projet dĂ©sirable ?

Le constat n’est plus Ă  faire : l’hypercapitalisme s’achĂšve et ne peut prolonger artificiellement son existence qu’en sacrifiant le climat, les Ă©cosystĂšmes et une partie non nĂ©gligeable de l’humanitĂ©. Ce qui est en jeu, ce n’est donc non pas seulement un changement de systĂšme Ă©conomique, d’institutions politiques, d’organisation sociale, mais de civilisation, c’est-Ă -dire, entre autres, d’un rapport de l’homme Ă  la nature.

C’est parce que la destruction des « biens communs Â» sociaux (Ă©ducation, santĂ©, retraite, service public, culture
) relĂšve de la mĂȘme logique que celle des « biens communs Â» Ă©cologiques (air, eau, forĂȘts, terres
) qu’il est impĂ©ratif d’articuler les luttes sociales et la question Ă©cologique. « Urgence climatique, justice sociale Â». L’anarchisme doit ĂȘtre le point de convergence de toutes les luttes.

Tandis que les gouvernements avancent ouvertement dans le travail de sape, les obstacles ne manquent pas : exacerbation de l’individualisme, mise en concurrence des travailleurs et des collectivitĂ©s territoriales, difficultĂ© de passer d’alternatives locales Ă  une stratĂ©gie globale, Ă  une comprĂ©hension « systĂ©mique Â» … Et dans l’apathie encore majoritaire, l’effondrement partiel du systĂšme risque de laisser la place aux mafias, aux nouveaux fĂ©odalismes, aux intĂ©grismes religieux (le processus est dĂ©jĂ  bien amorcĂ©). L’aveuglement qui dure depuis trois-quarts de siĂšcle ne laisse plus aucun choix : combativitĂ© et solidaritĂ©, dĂ©termination et coopĂ©ration. Rechercher l’unitĂ© Ă  travers des revendications communes, renouer le lien entre la terre et les humains, bloquer l’amĂ©nagement capitaliste du territoire… Une rĂ©volution multiforme. Il serait fatal d’oublier que c’est le travail qui est Ă  l’origine du profit
 et que c’est la biosphĂšre qui permet le travail ! Il n’y a aucune culture, aucune civilisation possible sans base matĂ©rielle. Lutter pour un monde solidaire ou se rĂ©soudre Ă  la barbarie.

Jean-Pierre TERTRAIS


Article publié le 30 Sep 2019 sur Monde-libertaire.fr