DĂ©cembre 13, 2019
Par Indymedia Nantes
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Depuis le 5 dĂ©cembre, une nouvelle lutte s’est ouverte, une lutte dans laquelle nous sommes nombreuses Ă  nous ĂȘtre engagĂ©es.

Une lutte, c’est l’occasion sans cesse renouvelĂ©e d’approfondir ses pratiques au fil des rencontres, des discussions et des actions. Parce que la lutte permet de lier le geste et l’idĂ©e.

Et si nous profitions toutes de ce moment pour rĂ©flĂ©chir sur nos pratiques concernant l’alcool ?

Une rĂ©flexion Ă  la fois sur le plan individuel mais aussi collective. Parce qu’on boit souvent entre compas, entre amies.

Je pense que pour ĂȘtre efficace cette rĂ©flexion doit sortir du cadre de la simple question de la consomation personnelle mais doit ĂȘtre prise et dĂ©battue par chaque groupe.

Parce que l’alcool, mais c’est vrai aussi pour de nombreuses drogues, ce n’est pas seulement un poison qui dĂ©tĂ©riore notre santĂ© ou une dĂ©pense qui sert Ă  enrichir des ordures de capitaliste. C’est aussi quelque chose qui conduit Ă  façonner et dicter notre conduite et conditionne nos imaginaires.

Combien de personnes parmi les camarades qui lisent ce texte sont prĂȘt Ă  se rendre Ă  un concert sans consommer de l’acool ou autres drogues ? Combien de lieu militant sans biĂšres ? Combien de rĂ©union sans consommation au bar Ă  la fin ? Combien d’activitĂ©s entre amies oĂč l’on reste sobre ?

L’alcool influe sur nos choix ou non de nous rendre dans des Ă©vĂšnements, participe au financement de nos lieux de lutte et est mĂȘme prĂ©sent lorsque nous discutons collectivement.

Personne n’imaginerait un local anarchiste vendant des jeux Ă  gratter ou des clopes. Alors pourquoi continuons-nous de donner une si grande place Ă  l’alcool ?

Bien sĂ»r la fabrication d’alcool (et des autres drogues) est nocive pour l’environnement qu’il s’agisse de la culture, la vigne est par exemple une des cultures la plus traitĂ©e aux pesticides, du conditionnement (bouteille en verre, canettes en alumium) en passant par le transport.

L’alcool est aussi un moyen de contrĂŽle des travailleurs de ces industries qui peuvent se souler quasi-continuellement aux “frais” du patron afin d’oublier leur travail. Bien sĂ»r, c’est pour cela que la pluspart d’entre nous nous droguons, pour oublier pendant quelques instants ce monde de merde. Je sais que l’on se retrouve enchaĂźnĂ©es Ă  ces dĂ©pendances, des chaĂźnes qui sont souvent bien difficiles Ă  briser.

Mais en rĂ©flechissant individuellement et collectivement, il est possible de les empĂȘcher de nous retenir prisonniĂšres.

Ce que je souhaite, c’est qu’on brise ce tabou et que l’on parle de ce sujet. Que l’on s’offre la possibilitĂ© de faire des choix plus libres, que celles qui dĂ©cident de boire le fassent en connaissance de cause. Que l’on partage nos vĂ©cus, nos difficultĂ©s, nos ressentis et qu’ensemble on se libĂšre des habitudes nĂ©fastes.

Dans la pratique, cela peut passer Ă  la fois par des discussions d’entraides sur la question, des questionnements sur les pratiques sociales, la mise en place d’espace (lieux comme moments) sans alcool ou plein d’autres propositions.

Parce qu’on peut fĂȘter quelque chose en buvant de l’eau plate,

Parce qu’il existe d’autre maniĂšre d’agir sur sa timiditĂ© que de boire de l’alcool,

Parce que toutes les raisons qui te paraissent les bonnes,

Parce qu’on veut dĂ©truire ce qui nous dĂ©truis




Source: Nantes.indymedia.org