Depuis le 5 décembre, une nouvelle lutte s’est ouverte, une lutte dans laquelle nous sommes nombreuses à nous être engagées.

Une lutte, c’est l’occasion sans cesse renouvelée d’approfondir ses pratiques au fil des rencontres, des discussions et des actions. Parce que la lutte permet de lier le geste et l’idée.

Et si nous profitions toutes de ce moment pour réfléchir sur nos pratiques concernant l’alcool ?

Une réflexion à la fois sur le plan individuel mais aussi collective. Parce qu’on boit souvent entre compas, entre amies.

Je pense que pour être efficace cette réflexion doit sortir du cadre de la simple question de la consomation personnelle mais doit être prise et débattue par chaque groupe.

Parce que l’alcool, mais c’est vrai aussi pour de nombreuses drogues, ce n’est pas seulement un poison qui détériore notre santé ou une dépense qui sert à enrichir des ordures de capitaliste. C’est aussi quelque chose qui conduit à façonner et dicter notre conduite et conditionne nos imaginaires.

Combien de personnes parmi les camarades qui lisent ce texte sont prêt à se rendre à un concert sans consommer de l’acool ou autres drogues ? Combien de lieu militant sans bières ? Combien de réunion sans consommation au bar à la fin ? Combien d’activités entre amies où l’on reste sobre ?

L’alcool influe sur nos choix ou non de nous rendre dans des évènements, participe au financement de nos lieux de lutte et est même présent lorsque nous discutons collectivement.

Personne n’imaginerait un local anarchiste vendant des jeux à gratter ou des clopes. Alors pourquoi continuons-nous de donner une si grande place à l’alcool ?

Bien sûr la fabrication d’alcool (et des autres drogues) est nocive pour l’environnement qu’il s’agisse de la culture, la vigne est par exemple une des cultures la plus traitée aux pesticides, du conditionnement (bouteille en verre, canettes en alumium) en passant par le transport.

L’alcool est aussi un moyen de contrôle des travailleurs de ces industries qui peuvent se souler quasi-continuellement aux « frais » du patron afin d’oublier leur travail. Bien sûr, c’est pour cela que la pluspart d’entre nous nous droguons, pour oublier pendant quelques instants ce monde de merde. Je sais que l’on se retrouve enchaînées à ces dépendances, des chaînes qui sont souvent bien difficiles à briser.

Mais en réflechissant individuellement et collectivement, il est possible de les empêcher de nous retenir prisonnières.

Ce que je souhaite, c’est qu’on brise ce tabou et que l’on parle de ce sujet. Que l’on s’offre la possibilité de faire des choix plus libres, que celles qui décident de boire le fassent en connaissance de cause. Que l’on partage nos vécus, nos difficultés, nos ressentis et qu’ensemble on se libère des habitudes néfastes.

Dans la pratique, cela peut passer à la fois par des discussions d’entraides sur la question, des questionnements sur les pratiques sociales, la mise en place d’espace (lieux comme moments) sans alcool ou plein d’autres propositions.

Parce qu’on peut fêter quelque chose en buvant de l’eau plate,

Parce qu’il existe d’autre manière d’agir sur sa timidité que de boire de l’alcool,

Parce que toutes les raisons qui te paraissent les bonnes,

Parce qu’on veut détruire ce qui nous détruis


Article publié le 13 Déc 2019 sur Nantes.indymedia.org