Avril 10, 2020
Par Collectif Emma Goldman
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Il y a environ un mois, plusieurs voies ferrées du « soi-disant Canada » étaient bloquées en solidarité avec la lutte menée par le peuple Wet’suwet’en contre la construction d’un gazoduc que tente de mettre de l’avant la compagnie CoastalGas Link. À travers cette lutte contre ce énième projet extractiviste, on entend beaucoup parler de destruction du territoire et de violations des droits des Premières Nations, mais derrière cela il y a aussi un combat pour la sécurité des femmes autochtones. Plusieurs enquêtes ont dévoilé les liens entre une augmentation de la violence faites envers les femmes autochtones et la présence de travailleurs du secteur de l’extraction des ressources naturelles vivant dans des « camps d’homme » (man camps) temporaires.
Un triste exemple de cette réalité est l’assassinat de la femme Cree Linda Watson par son copain Québécois venue la rejoindre près de Fort St. John afin de trouver du boulot dans le coin. Watson travaillait comme cuisinière au chantier de construction du barrage Site C dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Par la suite, plusieurs femmes proches de Linda Watson, dont sa mère et sa sœur, ont subi du harcèlement sexuel et des abus par des travailleurs vivant dans ces man camps. La situation est tellement rendue dramatique que pour les femmes autochtones vivant dans les communautés près de ces installations, où plusieurs centaines d’hommes sont concentrées, et qui subissent cette violence quotidienne, le tout est devenue normalisé. Quand ces projets extractivistes arrivent dans les communautés, c’est la présence de milliers d’hommes blancs qui est imposée aux femmes autochtones. Bien souvent, dans ces « camps d’homme », c’est le racisme, la misogynie, l’hypermasculinité toxique et l’abus de drogues et d’alcool qui règnent. Les femmes autochtones sont vues comme des objets et elles sont fétichisées et hypersexualisées. Le rapport final sur l’enquête nationale sur les femmes autochtones portées disparues et assassinées comporte un chapitre complet sur les projets d’extraction des ressources naturelles et les liens entre ceux-ci et l’augmentation des risques sur les communautés et les femmes autochtones.
Lors de la construction de la centrale hydroélectrique Keeyask par Manitoba Hydro, il y a eu plusieurs cas d’agressions sexuelles. Le racisme et le sexisme infligés aux communautés autochtones par les travailleurs travaillant à la construction de la centrale ont amené quatre Premières nations du Manitoba à demander une enquête sur la violation des droits humains à Keeyask.
Finalement, à propos de Coastal GasLink, pour Connie Greyeyes, une femme Cree qui travaille en liens étroits avec les familles des femmes autochtones disparues ou assassinées : « Les gens veulent des emplois au détriment de nos droits humains. J’essaie de leur dire qu’il ne s’agit pas seulement d’un pipeline, mais de la sécurité. Nous avons tous le droit de nous sentir en sécurité dans nos collectivités. Un point c’est tout. »

Les informations de ce texte proviennent d’un papier écrit par Anya Zoledziowski pour Vice news. Lien vers le texte en anglais, ici.



Source: Ucl-saguenay.blogspot.com