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Les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises ne sont pas inintéressants à étudier. Que nous apprennent-ils ?

Une forte abstention

Tout d’abord, que l’abstention chez les 18-24 ans s’élève à 42%. De cela il ne faut pas être dupes. En effet, avant d’être un rejet du système, une grande partie de ces 42% révèle une grande dépolitisation de la jeunesse. Cette dépolitisation, il faut dire qu’elle est bien entretenue par la société qui se dessine à nous dès le plus jeune age : travail, consomme, et ferme ta gueule.

Cette dépolitisation généralisée polarise néanmoins grandement le reste de la jeunesse. En effet chez les 18-24 ans, les deux candidat.e.s en tête sont Mélenchon (avec 31%), suivi de Le Pen (avec 26%). Macron arrive loin derrière (avec 17%). Il faut bien admettre que si une majeure partie de la jeunesse continue bien à emmerder le front national, la tentation fasciste monte de plus en plus. L’influence de l’extrême droite dans les réseaux sociaux, ses stratégie d’implantation dans les facs, tout ça a bien un résultat qu’on observe maintenant.

Il est donc important, pour la jeunesse qui veut continuer et qui continuera à lutter contre le FN, de s’organiser, de ne pas baisser les yeux. Il est certains que les syndicats lycéens et étudiants ont vocation et ne demandent qu’à être rejoints par toutes celles et tous ceux qui ont fait le choix, par adhésion ou par calcul, de voter pour la gauche au premier tour.

C’est la lutte qui paye !

Et on a pu le voir assez récemment. En effet, la jeunesse a montré que la démocratie n’habitait pas au bureau de vote, mais qu’elle avait cours au quotidien dans les luttes sociales ! Comme en 2002, c’est la jeunesse qui s’est engagé la première dans la lutte face à cet immonde deuxième tour. En effet, c’est consciente de l’absurdité de ce système politique qui a nié ses espérances et ses revendications émancipatrices, sociales et écologiques, que la jeunesse a commencé à vouloir prendre le contrôle de ce qui lui restait : la rue et les lieux d’études. Ainsi dès la première semaine, dès le premier jour, blocages et occupations ont été mis en œuvre. À Paris VIII, à l’ENS, à la Sorbonne, à Science Po Paris ou Nancy, à Lille, à l’IEP de Lyon etc., plusieurs d’entre nous ont choisi de clamer haut et fort qu’ils et elles emmerdaient le front national, mais aussi le néolibéralisme autoritaire de son marche-pied Macron.

Nos camarades subirent alors une répression policière assez importante : gazage des manifestations, séquestration des occupant.e.s, menaces de gardes à vue, etc. À celle-ci s’ajoutent aussi celle de milices d’extrême-droite galvanisées par les résultats, qui ont attaqué plusieurs de ces mobilisations, même si elles ont été en majeure partie repoussées. Les apprentis fascistes, qui se pensent antisystèmes en appelant à voter Le Pen, ont donc encore une fois montré que la seule alternative qu’ils proposent n’est autre que la même formule en plus violente.

Ainsi, il est important que la jeunesse en lutte n’abandonne pas son combat, mais aussi qu’elle soit rejointe par les travailleurs et les travailleuses qui ont tout à perdre à voir l’extrême droite accéder au pouvoir, et qui ont tout à gagner à lutter pour leur avenir !

En tout cas pour nous, c’est décidé : la jeunesse continuera à emmerder le front ou rassemblement national !

Le clash en PDF

Commission jeunesse, le 2 mai 2022




Source: Unioncommunistelibertaire.org