Avril 29, 2016
Par Brest Media Libre
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Depuis le lundi 18 avril les ATSEM (Agents Territoriaux Spécialistes des Ecoles Maternelles) de Brest sont en grève. Le mouvement continue encore aujourd’hui, en débrayant seulement lors de la pause de midi, la majorité des cantines de la ville sont impactées, lundi 25 avril 31 des 36 cantines brestoises ont dût fermer leurs portes par manque d’effectifs.

En 2014 déjà les ATSEM s’étaient mis-e-s en grève, le mouvement stoppa à la suite de promesses de négociations, et après les avoir attendues 6 mois celà n’a abouti à rien… Aujourd’hui les conditions de travail sont toujours aussi dures et ont même empiré depuis la rentrée de septembre, date à laquelle la mairie a décidée sans aucune concertation d’arrêter de remplacer des ATSEM absent-es moins d’une semaine (pour arrêt maladie, congé, formation …) dans les classes de grande section. Bien évidemment celà représente une surcharge de travail pour les ATSEM des autres classes qui doivent effectuer le travail de l’ATSEM absent-e.

Ces non-remplacements viennent s’ajouter à des conditions de travail déjà difficiles : des journées qui s’étendent de 7h30 à 17h (soit 9 heures), une surcharge de travail pour la mise en place des TAP (Temps d’Activité Périscolaire) qui les amènes à endosser de nouvelles responsabilités, encadrer des enfants trop nombreux en rapport au nombre d’adultes … Et tout ce travail supplémentaire sans changement de statut, prime ou augmentation de salaire : ils et elles doivent travailler plus qu’avant pour le même salaire. Pas facile pour eux ni pour les enfants qui bénéficient d’un moins bon accueil par manque d’effectifs.

Les ATSEM réclament donc tout simplement leur remplacement dès le premier jour d’absence (au lieu d’une semaine), ainsi qu’une augmentation de salaire, pour qu’il corresponde au travail véritablement effectué.

« Pour eux un enfant c’est juste une facture à la fin du mois »

Les ATSEM étant employé-es par la mairie, cette dernière se retrouve encore une fois au centre du conflit. Leur principal interlocuteur Marc Coatanea (chargé des ressources humaines à Brest Métropole), dit être bloqué par des questions budgetaires et ne rien pouvoir faire pour leur salaire ou les remplacements, il leur propose simplement un réaménagement de leur emploi du temps pour alléger leurs journées, ce qui voudrait dire étaler les heures sur le reste de l’année et sans doute travailler en centre de vacances hors période scolaire … Tout cela serait discuté dans des groupes de travail le 21 juin, les ATSEM n’y croient pas vraiment, lors de leur dernier mouvement de grève entamé pour les mêmes raisons il y a deux ans, il et elles s’étaient arrêté-es pour dialoguer au sein de ces mêmes groupes de travail, ce qui n’a donné aucun résultat, et les amené-es à cette situation.

La mairie ne se contente pas de répondre à côté des revendications des grévistes, elle essaie aussi de casser leur grève en les faisant culpabiliser sur l’impact de leur grève, par exemple prétendant la mise au chômage technique des chauffeurs de Sodexo livrant les repas, mais aussi en modifiant le taux d’encadrement des enfants dans les cantines, passant de 1 adulte pour 14 enfants à 1 pour 15 en maternelle et d’un adulte pour 18 à un adulte pour 30 enfants en primaire ! Ce qui permet de faire croire aux parents que certaines cantines fonctionnent “normalement”, le tout sans aucune considération pour la sécurité ou la qualité de la prise en charge des enfants.

Les parents sont d’une manière générale plutôt compréhensif-ve-s face à cette lutte, même si la fermeture des cantines peut leur poser des soucis. Ils savent qu’au travers des questions de conditions de travail des ATSEM c’est aussi les conditions d’accueil et d’éducation de leurs enfants qui est en jeu.




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