Septembre 10, 2020
Par La Rotative (Tours)
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Nous avons trop longtemps pensĂ© que les agressions sexistes et sexuelles Ă©taient de la responsabilitĂ© des victimes. Que les violences auraient pu ĂȘtre Ă©vitĂ©es si ces derniĂšres s’étaient vraiment dĂ©battues. Que sans bleus ni sang, il n’y avait pas vĂ©ritablement d’agression. Nous avons trop longtemps admis que les femmes aimaient ĂȘtre contraintes et malmenĂ©es. Qu’elles disaient « non  Â» mais pensaient « oui  Â». Qu’elles ne cherchaient qu’à se venger d’une histoire conflictuelle [2]. Qu’elles n’étaient que des hystĂ©riques enragĂ©es qui imaginaient des viols qui n’avaient jamais eu lieu. Qu’elles Ă©taient consentantes puisqu’elles avaient invitĂ© leur agresseur chez elles, acceptĂ© leur invitation Ă  boire un verre, donnĂ© leur numĂ©ro, gardĂ© contact ou l’avaient revu.

Nous avons trop longtemps cru que la sexualitĂ© masculine Ă©tait pulsionnelle et incontrĂŽlable. Que les accusations envers les agresseurs, harceleurs et violeurs Ă©taient injustes. Que tout ça n’était qu’un malheureux malentendu. Que leur vie allait ĂȘtre brisĂ©e si la victime parlait. Les agresseurs, harceleurs et violeurs ont trop longtemps transformĂ© les faits, menacĂ© leur(s) victime(s) de reprĂ©sailles. Et les hommes cĂ©lĂšbres, en tant qu’oppresseurs jouissant d’un prestige incontestable, ont trop longuement profitĂ© d’une double impunitĂ© [3] et les victimes d’une double peine : celle d’avoir Ă©tĂ© agressĂ©es, harcelĂ©es ou violĂ©es, puis celle d’avoir Ă©tĂ© licenciĂ©es et dĂ©finitivement blacklistĂ©es.

Photographies prises lors de la manifestation statique « Tu Ă©tais habillĂ©e comment ? Â» organisĂ©e par le collectif des SƓurciĂšres le 11 janvier 2020, Ă  Caen.

Photographies prises lors de la manifestation statique « Tu Ă©tais habillĂ©e

comment ? Â» organisĂ©e par le collectif des SƓurciĂšres le 11 janvier 2020, Ă  Caen.

Les SoeurciĂšres

La police a refusĂ© trop de plaintes, soutenu trop d’agresseurs, de harceleurs et de violeurs, niĂ© trop de violences, privĂ© trop de victimes de protection, bafouĂ© trop de droits. La police a Ă©tĂ© Ă  l’origine de trop de moqueries, de remarques sexistes, racistes, LGBTphobes et validistes [4], a questionnĂ© de trop nombreuses fois le « mystĂ©rieux Â» dĂ©lai entre l’agression et la venue des victimes au commissariat, en oubliant l’existence des mĂ©canismes psychotraumatiques qui empĂȘchaient ces derniĂšres de parler. Alors, dans le doute, on a fait bĂ©nĂ©ficier les agresseurs, les harceleurs et les violeurs d’une impunitĂ© totale, et on a classĂ© l’affaire sans suite.

Les victimes se sont alors senties coupables, impuissantes, ont retirĂ© leur(s) plainte(s), elles ont eu honte, se sont empĂȘchĂ©es de sortir, de boire ou de s’habiller comme elles l’entendaient.

Il est temps que tout cela s’arrĂȘte. Parce que mettre fin au pouvoir des agresseurs, Ă  l’impunitĂ© des harceleurs, au dĂ©ni des violeurs, c’est sauver la vie de toutes les victimes du patriarcat.

Parce que la prochaine, c’est toi, ta sƓur, ta pote, ta mĂšre ou l’inconnue Ă  cĂŽtĂ© de toi.

Parce que le violeur, c’est toi, ton frĂšre, ton pote, ton pĂšre ou l’inconnu Ă  cĂŽtĂ© de toi.

Des féministes tourangelles.eaux




Source: Larotative.info