La domination adulte en question

L’émission (1 heure 10 minutes) comporte :

Une discussion générale autour de la domination adulte comme forme de domination impensée, et ce notamment à l’extrême gauche, avec des conséquences néfastes (absence de compréhension structurelle des violences sexuelles d’adultes sur des mineurs, qu’il s’agisse de pédophilie ou d’inceste, voire même appel à une décriminalisation de ces pratiques oppressives) ;

Une critique des approches des enfants comme groupe « naturel » (et naturellement vulnérable, dépendant, incapable) et non socialement construit ;

Une critique du statut d’enfant et de « mineur », de l’homogénéisation des situations qu’il implique (de nourrisson à adolescent·e), de la privation d’autonomie et de droits qu’il entraîne, de l’infantilisation et de l’infériorisation dont elle s’accompagne ;

Une déconstruction de l’innocence supposée des enfants, et sa requalification en vulnérabilité et en ignorance (particulièrement en matière politique et sexuelle) socialement construites, qu’il s’agirait de défaire en permettant aux enfants de s’autonomiser et de se défendre et non pas par un paternalisme protecteur (d’institutions elles-mêmes répressives comme l’État ou la famille) ;

Une interrogation au sujet des potentialités d’organisation et de lutte des mineurs (et du rôle des adultes dans de tels cas de figure), et un rappel de leur occultation historique ;

Une proposition d’approche théorique de la domination adulte par un raisonnement analogique, intersectionnel et spécifique, ses forces et ses limites ;

Une critique de l’idéologie de « l’enfance » comme une prophétie autoréalisatrice ;

Une discussion des possibles alliances antipatriarcales des femmes et des mineur·e·s et de ses difficultés pratiques ;

Une conceptualisation de l’infantilisation et du processus de minorisation comme matrice potentielle des dominations de genre et de race ;

Une réflexion sur l’absence des premiers concernés au sein des groupes de rescapés de violences pédophiles ou incestueuses, mais aussi des groupes militants et des colloques universitaires à ce sujet ;

Un exposé des limites des analogies entre condition matérielle des femmes et des enfants ;

Une discussion autour de l’invention de l’enfance sous l’Ancien Régime, et de ses subdivisions en classes d’âge ;

Une analyse critique de la psychologie du développement et de la philosophie de l’enfance ;

Une analyse des conceptions de l’enfant comme « bon sauvage » assimilable ou comme altérité radicale ;

Une critique des conceptions essentialistes de l’enfance dans l’extrême gauche ou chez Freud ;

Une discussion de l’intérêt du capitalisme et de l’État à perpétuer la domination adulte ;

Une critique d’une vision libérale et idéaliste de l’enfant comme un sujet comme un autre, abstraction faite de ses conditions matérielles d’assujettissement et de dépendance, et qui a conduit certains à une position propédophile au cours des années 1970 ;

Une discussion des différentes majorités (civile, politique, pénale, sexuelle) ;

Une critique du mythe libéral de l’autonomie individuelle complète ;

Une conclusion en faveur d’une repolitisation (mais émancipatrice) de l’enfance à l’extrême gauche.


Article publié le 08 Oct 2019 sur Paris-luttes.info