CRISE DU COVID RÉVÉLATRICE DE L’ ETAT DU MONDE : XXIe siècle, une nouvelle ère pour l’humanité ?

Débat le jeudi 15 octobre 2020 à 20h30. Salle du temps libre (derrière la mairie de Limoges) en présence d’Edwy Plenel.

La fin des années 1980 signa l’effondrement du bloc soviétique et du “communisme réel” à l’Est comme à l’Ouest, notamment en Italie et en France. Promue depuis les années 1970 par l’Amérique de Ronald Reagan et le Royaume-Uni de Margaret Thatcher, l’offensive du capitalisme néolibéral s’engouffra dans cette grande brèche. Sous la houlette du secteur financier et de ses fonds de pension, la globalisation de l’économie et l’hégémonie politique et sociale du modèle néolibéral sur la planète entière semblait assurées. D’aucuns parlèrent alors de “fin de l’Histoire”.

Mais une insurrection indigène zapatiste complètement inattendue, surgie de la jungle mexicaine, signala au début de l’année 1994 que cette fin de l’Histoire n’était pas encore arrivée. Après le déclenchement au Chiapas de ce mouvement “intergalactique” de libération tout à fait original, le début du XXIe siècle fut marqué par l’essor du mouvement altermondialiste avec ses forum mondiaux. Une volonté de riposter à l’énorme offensive lancée par le capitalisme et de renouveler les pratiques et politiques de résistance se faisait donc jour.

Aujourd’hui, vingt ans après, la crise déclenchée par la pandémie virale fait apparaître la nouveauté de l’époque historique ouverte au tournant de ce siècle. Pour reprendre une formule de l’historien Eric Hobsbawm, certains historiens ou observateurs considèrent que le “court XXIe siècle” ne commence qu’aujourd’hui, en ces années 2020. La pandémie en serait le formidable révélateur ou, comme diraient les sociologues, “l’analyseur” planétaire. 

C’est avec Edwy Plenel, observateur particulièrement affûté et engagé dans notre temps, que nous allons envisager cette époque totalement nouvelle de l’Histoire dans laquelle nous sommes certainement entrés, sachant qu’après l’insurrection zapatiste, depuis 2011 et le mouvement démocratique en Tunisie, un vent de soulèvements socio-écolo-démocratiques continue de souffler face aux sociétés néolibérales de contrôle, de « démocrature », ou despotiques dominantes. Ce mouvement, dont le sens et les dimensions paraissent difficiles à saisir, se poursuit par-delà la pandémie, malgré et face aux opportunités de mainmise sécuritaire et de politiques liberticides que l’épisode mondial de confinement a offertes aux pouvoirs en place. C’est de cette situation, de ses possibles, sur fond d’Anthropocène, de réchauffement climatique et de menace sur le vivant, que nous aimerions débattre avec le fondateur de Mediapart.


Article publié le 13 Oct 2020 sur Labogue.info