FĂ©vrier 23, 2021
Par Expansive
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Dans la nuit de samedi Ă  dimanche, la Brigade Anti-CriminalitĂ© (BAC) s’est encore retrouvĂ©e impliquĂ© dans la mort d’un jeune homme d’origine antillaise. Les quelques informations dĂ©livrĂ©es par le procureur de la RĂ©publique de Rennes, par la police et les mĂ©dias rĂ©pĂštent encore et toujours le mĂȘme schĂ©ma : criminalisation de la victime et minimisation des actes de la police. Nos pensĂ©es vont Ă  la famille et ami·es de la victime qui, en plus du deuil de leur proche, vont devoir faire face Ă  la dĂ©sinformation mĂ©diatique.

C’est en plein couvre-feu que le pire est arrivĂ©

Samedi soir, la Brigade Anti-CriminalitĂ© (BAC) s’est lancĂ©e dans une course-poursuite folle dont l’issue a Ă©tĂ© la mort d’un homme. Les raisons invoquĂ©es par ses agents de police sont ridicules face Ă  la tragĂ©die de la situation : le conducteur de la moto aurait, d’aprĂšs la police elle-mĂȘme, grillĂ© plusieurs stops et un feu rouge. Cela vaut-il vraiment de le prendre en chasse au risque de sa vie ?

Sans suprise, la victime est de sexe masculin, plutĂŽt jeune (27 ans) et d’origine antillaise. C’est le profil rĂ©current des victimes des actes de la police. Cette situation, qui se rĂ©pĂšte principalement dans les quartiers populaires, est par ailleurs dĂ©noncĂ©s par beaucoup de collectifs : Justice et vĂ©ritĂ© pour Babacar, Urgence Notre Police Assassine, VĂ©ritĂ© pour Adama TraorĂ©, DĂ©sarmons-les

Les médias se font encore le porte-voix de la version de la police

Les articles qui relatent les faits se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau et reproduisent encore les mĂȘmes schĂ©mas que pour les autres victimes de courses-poursuites par la police.

  • Mise en avant des infractions du conducteur pour justifier la course-poursuite : plusieurs panneaux de stop brĂ»lĂ©s, ainsi qu’un feu rouge, d’aprĂšs les dire de la police.
  • Criminalisation du conducteur : celui-ci aurait “quelques antĂ©cĂ©dents judiciaires”, comme si cela justifiait un peu plus de lui faire perdre la vie. Mais ces antĂ©cĂ©dents ne sont mĂȘme pas citĂ©s, il ne sont peut-ĂȘtre pas ĂȘtre assez croustillants pour la police.
  • DĂ©responsabilisation des agents de police : ceux-ci seraient arrivĂ©s “aprĂšs l’accident”, sous-entendant qu’il n’y aurait aucun lien entre la course-poursuite et l’accident.
  • Mise en avant que le conducteur n’avait rien Ă  faire ici, car cela s’est passĂ© pendant le couvre-feu. La ville appartient Ă  la police, et encore plus aprĂšs 18h. Donc si tu sors, ta vie aussi leur appartient.

Pourtant, il est clair que sans course-poursuite, pas d’accident.

Si les morts causĂ©s par la police ne resteraient pas toujours impunis, il n’y aurait plus autant de course-poursuites non plus.

Mais en plein couvre-feu, il y a encore moins de chance que des tĂ©moins est assisté·es Ă  l’entiĂšretĂ© de la scĂšne. Pourtant, il est trĂšs commun que les dĂ©clarations des tĂ©moins diffĂšrent de celles de la police. N’ayant pas d’intĂ©rĂȘts Ă  dĂ©fendre, ces dĂ©clarations permettent d’apporter un contre-point aux versions dĂ©livrĂ©es par les agents de police qui font souvent bloc face Ă  la situation.

Si vous vous emmerdez, changez de mĂ©tier ! [1]

Au regard des effectifs, La brigade anti-criminalitĂ© est l’unitĂ© de police le plus impliquĂ©e dans des interventions qui conduisent Ă  la mort du “suspect”.

La BAC, qui travaille en civil dans des voitures banalisĂ©es, est particuliĂšrement connue pour terroriser les hommes, plutĂŽt jeunes, et plutĂŽt noirs ou arabes : contrĂŽle au faciĂšs, provocations gratuites, courses-poursuites, interventions “musclĂ©es”, insultes racistes [2]

Les unités de la BAC sont des agents qui font leurs rondes en civil, dans des voitures banalisées, avec des armes et surtout avec la loi de leur cÎté.

Pourtant en france, les consignes sont clair : il faut Ă©viter les courses-poursuites car les consĂ©quences peuvent ĂȘtre disproportionnĂ©es par rapport Ă  l’infraction commise. Le feu rouge non-respectĂ© vaut-il vraiment de risquer la vie du conducteur ?

L’intervention de la police n’est pas sensĂ©e augmenter les troubles d’une situation, c’est fut pourtant encore le cas samedi soir Ă  l’entrĂ©e de la rue de Nantes avec la mort d’un homme.

Hommage Ă  lui.

Si vous avez des tĂ©moignages ou des infos sur les circonstances de l’accident, pour que l’on entende pas uniquement la police et le procureur de la RĂ©publique sur cette course-poursuite, vous pouvez les envoyer sur le mail [email protected]




Source: Expansive.info