Depuis le début du mouvement des GJ, nous avons soutenu plusieurs centaines de personnes en garde à vue, lors de comparutions immédiates, de procès de renvoi ou d’appels mais aussi lors de leur détention. Ce suivi débute souvent par un appel des proches sur notre ligne de téléphone, par des demandes de conseils ou d’aide reçues sur notre adresse mail. Cela semble peu au regard du nombre d’interpelé·e·s de ces derniers mois, mais c’est énorme en termes d’interventions, de suivis et de prises en charge individuelles.

Parmi nos principes, nous avons décidé de supprimer les rapports d’argent entre les prévenu·e·s et les avocat·e·s, avec qui nous nous sommes entendu.e.s au préalable sur des tarifs planchers. Nous préférons que la solidarité financière joue à tous les niveaux : les prévenu·e·s versent ce qu’ils·elles peuvent à la cagnotte, en invitant également tout leur entourage à y participer ou en faisant jouer la solidarité en organisant des évènements de soutien ou des collectes de solidarité… Ce qui est totalement différent de verser directement les honoraires à un·e avocat·e.

Nous tentons ainsi d’atténuer les effets de la répression en faisant vivre concrètement la solidarité, au-delà des mots. Nous tentons de couper la chaîne de culpabilité que les institutions policière et judiciaire tentent d’inoculer en chacun·e·s des interpelé·e·s. La répression vise à individualiser au maximum, couper les gens du collectif, nier les motivations politiques de la mobilisation et terroriser. Voilà ce que nous combattons.

Mais tout cela a un coût. Pour donner un ordre d’idée, pour une interpellation qui conduirait à une garde à vue, une comparution immédiate et un renvoi, la caisse de soutien prend en charge environ 700 euros de frais d’avocat.e.s.

Notre numéro qui a peu circulé au début du mouvement est aujourd’hui fortement sollicité. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un nouvel appel à dons.

Nous en profitons pour remercier les interpelé·e·s et leur entourage qui versent à la caisse et font jouer la solidarité au-delà de leur propre affaire.

Nous remercions aussi les groupes de personnes, collectifs, syndicats, musicien·ne·s, militant.es, qui organisent et ont organisé des concerts, débats, collectes diverses et ont reversé régulièrement des dons à notre caisse.

Si vous êtes un collectif ou une association et que vous souhaitez organiser ou co-organiser avec nous un événement afin de récolter des fonds pour notre caisse de soutien, merci de prendre contact avec nous.

Parce que la solidarité est notre arme et parce que la répression ne vise qu’à nous isoler, continuons de jouer collectif !

Contact

  • Contact du groupe légal de la coordination (Legal Team) : stoprepression[at]riseup.net
  • Téléphone du groupe légal pour les urgences : 07 52 95 71 11.
  • Si vous préférez envoyer un chèque, mettez-le à l’ordre de « Solidarités Collectives » et adressez-le à l’adresse 25-27 rue des envièrges, 75020, Paris.
  • Pour des virements, écrivez-nous par mail pour avoir le RIB.

Quelques principes de défense collective

  • La « justice » laisse les prévenu·es seul·e·s face à leurs actes présumés, écartant toute défense commune, concertée et politique. La réponse doit être large, auto-organisée et réinvestie par le plus grand nombre sans la réserver aux spécialistes, militant·e·s ou avocat·e·s.
  • La défense collective suppose de ne pas choisir entre de supposés « bon·ne·s » ou « mauvais·e·s » manifestant·e·s : la défense de l’un·e ne doit pas mener à la mise en cause d’autres.
  • En contactant le groupe de soutien, la personne ou ses proches peuvent être mises en relation avec des avocat·e·s, obtenir des conseils afin d’organiser collectivement sa défense.
  • Le groupe de soutien n’est pas pour autant un prestataire de service : il souhaite surtout construire ensemble, avec les réprimé·e·s, une défense politique. Toute personne concernée est donc invitée à le contacter.
  • La défense se prépare dans un dialogue à trois (prévenu·e, avocat·e et groupe de soutien). Le/la prévenu·e aura le dernier mot sur la stratégie. L’avocat·e devra adapter ses pratiques en conséquence.

Article publié le 07 Nov 2019 sur Paris-luttes.info