Mars 24, 2021
Par Contretemps
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À l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris, Contretemps publie du 18 mars au 4 juin une lettre quotidienne rĂ©digĂ©e par Patrick Le Moal, donnant Ă  voir ce que fut la Commune au jour le jour

***

L’essentiel de la journĂ©e

 La reprise en main du ComitĂ© Central

 Dans la nuit, le ComitĂ© central a tenu deux sĂ©ances, dont une secrĂšte.

Trois gĂ©nĂ©raux sont nommĂ©s en remplacement de Luillier, en « attendant l’arrivĂ©e du GĂ©nĂ©ral Garibaldi, acclamĂ© comme GĂ©nĂ©ral en chef Â» ; ce sont Brunel, Duval et Eudes, qui Ă©crivent immĂ©diatement une proclamation pleine de fermetĂ© : tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous.

CITOYENS,

AppelĂ©s par le ComitĂ© central au poste grand et pĂ©rilleux de commander provisoirement la garde nationale rĂ©publicaine, nous jurons de remplir Ă©nergiquement cette mission, afin d’assurer le rĂ©tablissement de l’entente sociale entre tous les citoyens.

Nous voulons l’ordre
 mais non celui que patronnent les rĂ©gimes dĂ©chus, en assassinant les fonctionnaires paisibles et en autorisant tous les abus.

Ceux qui provoquent Ă  l’émeute n’hĂ©sitent pas, pour arriver Ă  leur but de restaurations monarchiques, Ă  se servir de moyens infĂąmes ; ils n’hĂ©sitent pas Ă  affamer la garde nationale en sĂ©questrant la Banque et la Manutention.

Le temps n’est plus au parlementarisme ; il faut agir, et punir sĂ©vĂšrement les ennemis de la RĂ©publique.

Tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous.

Paris veut ĂȘtre libre. La contre-rĂ©volution ne l’effraye pas ; mais la grande citĂ© ne permet pas qu’on trouble impunĂ©ment l’ordre public !

Vive la RĂ©publique !

Les généraux commandants, BRUNEL, E. DUVAL, E. EUDES.

Plusieurs autres décisions confirment cette volonté de reprise en main.

Une affiche est placardĂ©e sur une des portes de l’HĂŽtel-de-Ville :

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

LibertĂ© — EgalitĂ© — FraternitĂ© — Justice

MORT AUX VOLEURS

Tout individu pris en flagrant délit de vol sera immédiatement fusillé.

Un rappel est fait par les dĂ©lĂ©guĂ©s au MinistĂšre des Finances, Varlin et Jourde, concernant la perception des octrois qui doit ĂȘtre effectuĂ©e comme par le passĂ©. Il est indiquĂ© que « les mesures les plus Ă©nergiques seront prises contre les employĂ©s de ce service qui n’accompliraient pas leurs versements, par voie administrative, Ă  la dĂ©lĂ©gation des finances du ComitĂ© central Â».

En mĂȘme temps, le comitĂ© a votĂ© d’urgence, Ă  l’unanimitĂ©, la mise en libertĂ© des gĂ©nĂ©raux Chanzy et de Langourian. Le GĂ©nĂ©ral Chanzy avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par les gardes nationaux de service Ă  la gare d’OrlĂ©ans le 18 mars, a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© Ă  la prison de la santĂ©, aprĂšs avoir Ă©tĂ© protĂ©gĂ© par l’adjoint LĂ©o Meilliet[1]. Les prisonniers incarcĂ©rĂ©s Ă  la SantĂ© ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s, mais il a fallu toute l’insistance du ComitĂ© Central pour que Duval[2] accepte d’exĂ©cuter l’ordre. Pour lui, Chanzy est un otage qu’il est bon de garder. En contrepartie de sa libĂ©ration, Chanzy a jurĂ© de ne pas porter les armes contre Paris.

Le camp réactionnaire se dégarnit

Le capitaine Salicis essaie une nouvelle fois d’organiser une action militaire rive gauche, en s’emparant de la mairie du 5° Ă  partir du presbytĂšre de Saint Étienne du Mont. Cette fois ci, il s’appuie sur quelques centaines d’étudiants et de rĂ©actionnaires du quartier, mollement suivis par quelques Ă©lĂ©ments de la Garde Nationale, aprĂšs son Ă©chec du 22 mars avec les gardes nationaux.

Mais Saisset lui demande d’attendre.

Occupation de la mairie du VIe par la garde nationale

Il est maintenant clair que Versailles refuse toute conciliation, et ceux qui continuent à défendre cette illusion de négociation sont de plus en plus clairement les complices de la volonté de revanche.

 C’est la raison pour laquelle certains maires commencent Ă  accepter le principe des Ă©lections Ă  Paris. Chaque sĂ©ance de Versailles amĂšne des dĂ©sertions nouvelles, les officiers bonapartistes dĂ©passant la mesure. La petite bourgeoisie rĂ©publicaine, déçue par le refus de l’assemblĂ©e de Versailles d’adopter la loi sur la prorogation de trois mois des Ă©chĂ©ances proposĂ©e par MilliĂšre, exaspĂ©rĂ©e par les insultes contre la rĂ©publique Ă  L’assemblĂ©e, redoute une restauration bonapartiste ou royaliste. Commerçants, petits industriels et artisans qui craignent la faillite, se rapprochent du ComitĂ© Central qui, lui, a dĂ©crĂ©tĂ© la prorogation des Ă©chĂ©ances.

 

L’offensive du ComitĂ© contre la rĂ©sistance des mairies des Ier et IIe arrondissements

La premiĂšre mission des nouveaux gĂ©nĂ©raux est de liquider la rĂ©sistance installĂ©e dans les mairies des Ier et IIe arrondissements. Brunel se rend Ă  la Mairie du Louvre avec 600 hommes de Belleville, et deux piĂšces d’artillerie. On frĂŽle plusieurs fois l’affrontement armĂ©. Brunel et deux dĂ©lĂ©guĂ©s du ComitĂ©, Lisbonne et Protot, nĂ©gocient avec le maire pour l’organisation en commun des Ă©lections Ă  Paris au plus vite, et acceptent en outre de dĂ©battre Ă  nouveau de la rĂ©Ă©lection du GĂ©nĂ©ral de la Garde Nationale. Les nĂ©gociateurs se rendent ensuite Ă  la maire du IIe arrondissement pour l’informer de l’accord.

Les gardes nationaux des deux camps saluent cette unitĂ© et mĂȘlent leurs rangs, les applaudissements fusent aux fenĂȘtres.

TĂ©moignage. FrĂ©dĂ©ric DamĂ©

[
] La convention signĂ©e, MM J MĂ©line, Ad Adam, AndrĂ© Murat et Poirier, ceints de leurs Ă©charpes, le gĂ©nĂ©ral Brunel, le Commandant Protot, et le Colonel BarrĂ©, escortĂ©s par un piquet du 14Ăšme  bataillon, sortirent et se dirigĂšrent vers la mairie du IIe arrondissement par la rue Richelieu. En voyant passer les maires et les dĂ©lĂ©guĂ©s du ComitĂ© central qui causaient tranquillement ensemble, il y eu dans les deux camps une explosion de joie indescriptible. Les esprits, les nerfs tendus depuis deux heures se dĂ©tendirent tout Ă  coup dans un dĂ©lire d’enthousiasme. Garde nationaux fĂ©dĂ©rĂ©s et garde nationaux de l’ordre levaient la crosse en l’air et s’écriaient : « tout est arrangĂ©, c’est donc fini ! Â»

Et tous ces hommes nĂ©s dans la mĂȘme ville, ayant les mĂȘmes intĂ©rĂȘts, les mĂȘmes besoins, les mĂȘmes dĂ©sirs, la mĂȘme foi politique ; ces hommes qui, deux mois auparavant, animĂ©s de l’amour sacrĂ© de la patrie, se rangeaient sous les mĂȘmes drapeaux pour combattre l’ennemi commun l’envahisseur de la France ; ces hommes qui venaient de se menacer et qui avaient failli s’entr’égorger il n’y avait pas un quart d’heure, sous le coup de l’émotion, se dirent que tout cela n’était que le rĂ©sultat d’un malentendu, et dans un magnifique Ă©lan de fraternitĂ© et d’espoir, de rĂ©conciliation et de bonheur, se tendirent les mains et d’une seule voix jetĂšrent Ă  tous ceux qui venaient de tout pacifier, ce cri qui rĂ©sumait toutes leurs pensĂ©es et tous leurs vƓux : « Vive la France, vive la RĂ©publique ! Â»

A la mairie du IIe, ils se mettent d’accord avec le maire et le colonel Schoelcher pour des Ă©lections Ă  la date du 30 mars, soit quatre jours aprĂšs la date fixĂ©e par le ComitĂ©, et 3 jours avant celle dont on parlait Ă  l’assemblĂ©e.

Mais le ComitĂ© central qui avait dĂ©jĂ  reportĂ© deux fois les Ă©lections refuse cet accord qui conduirait Ă  un troisiĂšme report. Il craint que le recul des Ă©lections donne du temps Ă  Versailles pour attaquer Paris. En outre, tout le monde est extĂ©nuĂ©, veut en finir avec la situation ouverte le 18 mars. Il dĂ©cide la publication au JO de demain samedi du texte d’organisation adoptĂ© hier.

InformĂ©s de cette dĂ©cision du ComitĂ© Central, les maires crient Ă  la mauvaise foi des nĂ©gociateurs dĂ©savouĂ©s. N’y a-t-il pas une volontĂ© chez certains d’entre eux de gagner du temps, de retarder pour permettre Ă  Versailles de s’armer ? Le maire du IIe essaie d’organiser une rĂ©sistance, sans succĂšs.

La vie continue

Les musĂ©es ont rĂ©-ouvert et les Tuileries fermĂ©es depuis le 4 septembre par le Gouvernement de la dĂ©fense nationale, mĂȘme si le musĂ©e du Louvre ne peut prĂ©senter la totalitĂ© de ses collections, puisque les Ɠuvres qui ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©es Ă  l’approche de l’armĂ©e prussienne sont toujours Ă  Brest.

Pendant que certains bourgeois quittent Paris, d’autres rejoignent la capitale pour la dĂ©fense de la rĂ©publique.

TĂ©moignage. Victorine Brocher, 31 ans, piqueuse en bottines, ambulanciĂšre dans la garde nationale

«  Le 20 mars, dans l’aprĂšs-midi, nous eĂ»mes la visite d’un compagnon d’armes de mon mari, le garibaldien duquel j’ai dĂ©jĂ  parlĂ©. Il nous dit qu’on fait un appel Ă  tous les corps francs qui sont de retour Ă  Paris et aux soldats de l’armĂ©e rĂ©guliĂšre, qui n’ont pu ĂȘtre rĂ©incorporĂ©s dans leur rĂ©giment respectif, pour former un bataillon pour la dĂ©fense de la rĂ©publique. Il demanda Ă  mon mari et moi, de la part de quelques compagnons de combats, si nous voulions faire partie de leur bataillon en formation ; on nous faisait demander si nous consentirions Ă  tenir le mess des officiers
 Nous avons acceptĂ© et trois jours aprĂšs nous Ă©tions installĂ©s Ă  la caserne nationale, maintenant caserne de la RĂ©publique, Ă  l’angle de la rue de Rivoli et de la place, prĂšs de l’HĂŽtel-de-Ville
 Notre bataillon n’était encore ni organisĂ©, ni habillĂ©, ni Ă©quipĂ©, ni armĂ© ; parmi nous il y avait des zouaves, des spahis, des turcos ; j’avais dans mon service un nĂšgre, il Ă©tait trĂšs bon garçon. Â»

Au Journal Officiel, Barberet est remplacĂ© par Charles Longuet, membre de l’Internationale. Ce journaliste, condamnĂ© aprĂšs la publication par le journal La Rive gauche des « Propos de LabiĂ©nus Â», un article trĂšs satirique d’Auguste Rogeard contre l’empereur, avait dĂ» s’exiler en Belgique, puis en Angleterre.

L’édition du matin du Journal Officiel publie le Compte rendu de la rĂ©union du 20 mars de l’AcadĂ©mie des sciences qui s’est tenue sous la prĂ©sidence de M. Faye. L’ordre du jour traitait de multiples questions comme la teinture de la laine et de la soie, les matiĂšres colorantes, la pyramide de Villejuif, l’acclimatation du quinquina Ă  l’üle de la RĂ©union
 de multiples questions :

Deux extraits du Compte rendu

« Monsieur Becquerel pĂšre dĂ©pose sur le bureau un ouvrage manuscrit Ă©quivalent Ă  deux volumes, et concernant l’intervention des forces physico-chimiques dans les phĂ©nomĂšnes gĂ©ologiques, mĂ©tĂ©orologiques et physiologiques. L’auteur y dĂ©montre l’origine cĂ©leste de l’électricitĂ© atmosphĂ©rique, et l’influence des actions Ă©lectriques pour transformer dans le corps le sang veineux en d=sang artĂ©riel. Il explique aussi par des courants Ă©lectriques une action que la chimie ne peut expliquer, Ă  savoir le transport des matĂ©riaux dans l’organisme, c’est-Ă -dire la vie, puisque la vie rĂ©side dans le mouvement Â»

Communication de M. Delaunay « j’ajouterai
 la dĂ©couverte qui vient d’ĂȘtre faite par un savant Ă©tranger, M Luther, d’une nouvelle planĂšte : c’est la 112e du groupe compris entre Mars et Jupiter.

J’ai aussi Ă  faire part d’un mĂ©tĂ©ore lumineux signalĂ© le vendredi 17 mars, dans la soirĂ©e, et dont j’ai reçu des nouvelles de deux cĂŽtĂ©s diffĂ©rents, par deux lettres distinctes.

La premiĂšre est de Monsieur Sambeux, professeur de physique au lycĂ©e de Saintes. Il a observĂ© ce bolide Ă  10 heures et demie du soir. La direction du bolide Ă©tait du N.-N.-O au S.-S.-. Il Ă©tait verdĂątre, a Ă©clatĂ© sans dĂ©tonation, en envoyant de nombreuses Ă©tincelles, et a durĂ© 20 secondes. Sa lueur a durĂ© jusqu’à 11 heures et demie.

Dans une autre lettre datĂ©e de ChĂątellerault, M. PrĂ©vĂŽt, mĂ©decin de la marine, dit qu’il a observĂ© le mĂ©tĂ©ore Ă  10 heures 58 minutes (heure de paris) et qu’à minuit la traĂźnĂ©e lumineuse Ă©tait Ă  peu prĂšs effacĂ©e Â»

À Toulouse

La garde Nationale toulousaine s’est affirmĂ©e dĂšs le 19 mars solidaire de Paris. Elle a exigĂ© que PrĂ©fet, rĂ©publicain de 1848, fasse de mĂȘme. AussitĂŽt Thiers le remplace par M de KĂ©raty, ancien PrĂ©fet de police de Paris.

Aujourd’hui, 24 000 gardes se sont rendus Ă  la PrĂ©fecture et ont proclamĂ© la Commune. Et un manifeste est lu au grand balcon du Capitole.

La commune dĂ©clare M. de KĂ©ratry dĂ©chu de son titre de prĂ©fet, et maintient le citoyen Duportal en qualitĂ© de dĂ©lĂ©guĂ© du pouvoir central. La commune dĂ©clare vouloir la rĂ©publique une et indivisible, et elle adjure les dĂ©putĂ©s de Paris d’ĂȘtre les intermĂ©diaires d’une transaction dĂ©sirable entre le gouvernement de la RĂ©publique et le peuple de Paris.

Dans ce but, elle somme le gouvernement d’avoir Ă  dissoudre l’AssemblĂ©e nationale comme ayant accompli le mandat pour lequel elle a Ă©tĂ© Ă©lue, comme Ă©tant la cause de toutes les difficultĂ©s prĂ©sentes et le fruit de la peur et de la corruption clĂ©ricale.

À Marseille

La ville est aux mains du peuple, et flottent sur la PrĂ©fecture, entre le drapeau tricolore et le drapeau rouge, un drapeau noir pour « signifier le deuil de la patrie Â» selon CrĂ©mieux, un des membres importants de la Commission Ă©lue hier.

En dĂ©bat. Quels alliĂ©s ?

Le peuple ouvrier de Paris n’a pas, à lui seul, la force de vaincre la bourgeoisie et son État, dùs lors que ceux-ci n’acceptent pas une autonomisation de la capitale.

En consĂ©quence, une fois que le ComitĂ© central, le peuple ouvrier de Paris, s’impose dans la capitale, il lui faut pour arriver Ă  ses objectifs se poser la question des alliĂ©s qui pourraient modifier en sa faveur le rapport de force.

Il y a d’abord les communes de province, qui existent Ă  Lyon, Marseille, Narbonne, Saint Étienne et Toulouse. C’est Ă  la fois beaucoup et peu. Beaucoup parce que cela montre que l’insurrection parisienne n’est pas seule. Mais peu parce qu’elle n’a pas provoquĂ© de mouvements dans tous les centres ouvriers de France, mĂȘme si on entend qu’il y a des possibilitĂ©s au Creusot, avec ses 10 000 prolĂ©taires. En outre, pour que ces communes puissent constituer un contre-pouvoir significatif, voire incontournable, il faudrait qu’elles se coordonnent, se fĂ©dĂšrent. On en est loin pour le moment.

La question se pose donc de trouver des alliĂ©s dans les villes, qui ont aux derniĂšres Ă©lections souvent votĂ© rĂ©publicain, mĂȘme si elles sont encore minoritaires dans un pays trĂšs majoritairement rural.

Aucune autre ville de province n’est la poudriĂšre politique qu’est Paris. Si des chambres syndicales, des groupes de l’Internationale se constituent depuis quelques annĂ©es, le peuple ouvrier n’a souvent pas la mĂȘme place centrale, en nombre et aussi en capacitĂ© d’action autonome des rĂ©publicains petits-bourgeois. Et la radicalisation n’est pas la mĂȘme partout. Dans le dĂ©bat au sein de l’Internationale Ă  Paris, on cite par exemple des ouvriers Ă  Roubaix et Rouen qui acceptent aprĂšs la guerre de reprendre le travail Ă  des conditions infĂ©rieures Ă  celles qui Ă©taient faites auparavant.

L’unitĂ© qui s’est construite Ă  Paris autour du peuple en armes organisĂ© dans la garde nationale ne peut se reproduire dans les mĂȘmes termes dans la plupart des villes. La construction d’une politique nationale, de propositions dont pourraient s’emparer les ouvriers, les villes est impĂ©rative, urgente.

Enfin, dans un pays oĂč il y a deux fois plus de paysans que d’ouvriers, oĂč les ruraux ont Ă©lu il y a un mois une assemblĂ©e orlĂ©aniste, il n’est pas possible d’éluder leur importance. Est-il efficace seulement de dire que les ruraux ne peuvent imposer aux villes, aux rĂ©publicains, et qu’il faut faire sans eux ? Si les paysans ne peuvent aisĂ©ment devenir des alliĂ©s, au moins rĂ©flĂ©chissons au moyen de les neutraliser, d’éviter qu’ils soient des soutiens actifs au gouvernement de Thiers.

 

Notes 

[1]Militant blanquiste Ă©lu adjoint dans le XIIIe en novembre 1870

[2]Ouvrier fondeur, ancien blanquiste, syndicaliste membre de L’Internationale

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Source: Contretemps.eu