Septembre 10, 2021
Par Contretemps
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Patrick Cingolani, La colonisation du quotidien. Dans les laboratoires du capitalisme de plateforme, Paris, Amsterdam Editions, 2021

Présentation

Le capitalisme ne fait plus : il fait faire. InitiĂ© dans la seconde moitiĂ© du xxe siĂšcle, un vaste mouvement d’externalisation de la main-d’Ɠuvre s’est emparĂ© de pans entiers de l’économie mondiale, bouleversant les processus de production et les conditions de travail. À la gĂ©nĂ©ralisation de la sous-traitance a succĂ©dĂ© celle de l’auto-entreprenariat, nouveau masque de la subordination. AssimilĂ© Ă  un jeu, le travail lui-mĂȘme se trouve dĂ©sormais occultĂ©, dĂ©niĂ©, tandis que le rapport marchand colonise une Ă  une les sphĂšres de la vie sociale et de l’intimitĂ©. Nourri par les rĂ©centes mutations technologiques, ce mouvement se cristallise particuliĂšrement dans l’essor de l’économie de la plateforme, dont les principaux acteurs, d’Amazon Ă  Deliveroo en passant par Uber, nous sont devenus familiers en une dĂ©cennie Ă  peine.

Patrick Cingolani nous invite Ă  une plongĂ©e vertigineuse dans ces nouveaux laboratoires de la production, oĂč la plus grande prĂ©caritĂ© cĂŽtoie le travail gratuit, oĂč les aspirations Ă  l’autonomie sont dĂ©tournĂ©es au profit d’une minoritĂ© et oĂč la surveillance se massifie de maniĂšre inĂ©dite. Il montre que la logique du compte ne saurait ĂȘtre vaincue sur son propre terrain, et nous invite Ă  renouer avec un imaginaire utopique.

Introduction : Les nouveaux laboratoires de la production

Au dĂ©but des annĂ©es 2000, une petite phrase de Serge Tchuruk, qui disait vouloir faire d’Alcatel « une entreprise sans usine Â», avait fait grand bruit en France. Le PDG, qui avait menĂ© une partie de sa carriĂšre chez le gĂ©ant pĂ©trolier Mobil, reprenait le diagnostic nord-amĂ©ricain sur la baisse de la valeur ajoutĂ©e manufacturiĂšre et la croissance constante de la valeur ajoutĂ©e immatĂ©rielle, ainsi que les modes de gestion correspondants. « We are going to be a fab-less company pretty soon Â», dĂ©clarait le Français au Wall Street Journal, expliquant que les usines du conglomĂ©rat Ă©taient Ă  vendre et qu’il fallait externaliser la production. On connaĂźt les tristes consĂ©quences de cette dĂ©cision : la vente Ă  la dĂ©coupe de l’entreprise et la rĂ©duction des sites ; les plans sociaux qui se succĂšdent, la disparition d’un grand nombre de salariĂ©s et finalement le rachat boursier par Nokia.

Ce mouvement d’externalisation de la main-d’Ɠuvre, qui dans le contexte français tient pour une part Ă  l’apparition des « formes particuliĂšres d’emploi Â» dans les annĂ©es 1960 – notamment avec le travail intĂ©rimaire, les usages du CDD, etc. – et Ă  l’émergence des nouvelles politiques de structures, telles la sous-traitance et la filialisation[1], a pris des proportions massives et passe par de nouvelles conditions d’internationalisation et de division internationale du travail. Certes, les États-Unis ont occupĂ© et occupent dans ce contexte une place dĂ©cisive, mais l’externalisation est en France, et plus gĂ©nĂ©ralement dans le monde, un Ă©lĂ©ment important du processus de recomposition des conditions de travail et de la rĂ©organisation du processus de production. Si l’utilisation du travail intĂ©rimaire reste depuis les annĂ©es 1990 relativement stable, en dĂ©pit de baisses dans les contextes de crise, l’utilisation de la sous-traitance, qu’encore dans les annĂ©es 1980 on avait du mal Ă  quantifier[2], n’a cessĂ© de croĂźtre puisque « la majoritĂ© des entreprises [y] font dĂ©sormais appel[3] Â». Ce processus historique, qui se dĂ©ploie depuis prĂšs d’un demi-siĂšcle, est maintenant rejoint par les transformations rĂ©centes liĂ©es au dĂ©ploiement des NTIC et Ă  l’apparition de plateformes qui, elles aussi, relĂšvent de l’externalisation et, pour ainsi dire, forment l’aboutissement du mouvement d’émergence d’un capitalisme qui s’est de plus en plus libĂ©rĂ© de tout ou partie de la production et finalement dĂ©lĂšgue celle-ci Ă  des tiers.

Dans ce mouvement global, on assiste Ă  un processus de segmentation, de fragmentation du procĂšs de production et de ses collectifs de travail, ce que l’on avait diversement diagnostiquĂ© dĂšs les annĂ©es 1960[4]. Toutefois, de maniĂšre plus radicale, depuis quelques annĂ©es, on assiste Ă  un processus de dĂ©territorialisation de l’entreprise, qui donne Ă  la production et aux structures qui la constituent un caractĂšre plus artificiel et plus abstrait dont se sont Ă©mus un certain nombre d’économistes[5]. C’est en effet la structure entrepreneuriale, qui s’est imposĂ©e dans sa dimension matĂ©rielle, organisationnelle et symbolique durant le xxe siĂšcle, qui apparaĂźt dĂ©sormais en transformation, sinon en crise. Les porositĂ©s des frontiĂšres entrepreneuriales temporelles et spatiales (rĂ©cente explosion du tĂ©lĂ©travail, retour de -l’indĂ©pendance sous la forme du freelance et du travail Ă  domicile, formes plus ou moins prĂ©caires d’intermittence et d’alternance dans l’emploi, etc.) attestent ces tendances Ă  la dĂ©territorialisation. Tandis que le monde clos des usines d’hier tend Ă  s’effacer, ou est laissĂ© aux usines-dortoirs carcĂ©rales des industries Ă©lectroniques chinoises[6], tandis que la sĂ©paration entre travail et activitĂ© se floute et que se multiplient les zones d’hybridation des sphĂšres oĂč se mĂȘlent jeu, loisir, consommation et travail, les gourous de la nouvelle Ă©conomie nous invitent Ă  comprendre en quoi l’entreprise est en phase d’obsolescence et que s’y substitueront les rĂ©seaux et les foules suivant des dispositifs coopĂ©ratifs ad hoc. Le travail en foule (crowdworking, crowdsourcing) mine la figure historique du professionnel qui a Ă©tĂ© au centre de la sociĂ©tĂ© industrielle au profit d’identitĂ©s moins tranchĂ©es. Les facilitĂ©s de coordination permises par la numĂ©risation substituent Ă  la planification et aux rigiditĂ©s organisationnelles de l’entreprise des groupes agrĂ©gĂ©s et des coopĂ©rations d’individus aux talents et compĂ©tences diverses. Si le territoire de la production se dilate, perd ses frontiĂšres et en partie son ancien ancrage institutionnel, le rapport marchand se glisse entre les fragments disjoints de l’entreprise. L’indĂ©pendance, la parasubordination concernent dĂ©sormais massivement les travailleurs de la culture et du savoir dans certains pays. L’auto-entreprenariat est devenu le statut par dĂ©faut des plateformes mobilisant, entre autres, chauffeurs et livreurs. Ce redĂ©ploiement rĂ©ticulaire s’accompagne d’un Ă©largissement de la colonisation des sphĂšres de la vie sociale. Louer tout ou partie de son logement pour une durĂ©e brĂšve et dĂ©terminĂ©e (Airbnb), profiter de ses horaires libres, le soir, pour conduire une personne Ă  l’aĂ©roport (UberPOP), ĂȘtre payĂ© au tip sur un site d’hĂ©bergement (YouTube), vendre et acheter des articles d’occasion (Vinted), mais aussi se saisir de ses sociabilitĂ©s pour faire la promotion d’une marque de boissons ou de vĂȘtements sont des situations exemplaires de cette pĂ©nĂ©tration du marchĂ© dans les vies.

Dans ce livre, nous irons de la reconfiguration de la production Ă  la colonisation de la consommation et des formes de vie. Nous parcourrons le cercle d’un vaste mouvement d’externalisation qui va des dispositifs mondiaux de l’offshoring des usines et des entreprises tertiaires jusqu’aux manifestations molĂ©culaires de l’instillation du travail et du marchĂ© dans l’intimitĂ© domestique du sujet individuel, voire dans sa vie Ă©motionnelle. Il ne s’agit pas tant de donner une dimension systĂ©mique au propos, que de considĂ©rer, tout au contraire, le caractĂšre divers des modes de subordination et d’assujettissement du capitalisme contemporain. La crĂ©ativitĂ© de ce dernier tient moins Ă  sa capacitĂ© Ă  faire systĂšme qu’à celle de faire flĂšche de tout bois et, Ă©ventuellement, de se plier aux transformations de la sociĂ©tĂ©. Dans un contexte marquĂ© par les mutations technologiques, il expĂ©rimente des formes d’exploitation et d’appropriation du travail mais s’appuie aussi sur des types organisationnels anciens, comme le taylorisme, voire archaĂŻques, comme l’illustrent ces terres rares ramassĂ©es au Congo Ă  la gamelle ou le retraitement des dĂ©chets Ă©lectroniques sous le contrĂŽle des mafias en Chine[7]. Ce capitalisme tiers partie, qui fait faire et dont les rĂ©centes plateformes sont pour ainsi dire sinon l’idĂ©al type, du moins le prototype, allie aux nouveaux pouvoirs de commandement permis par les NTIC la vieille tendance historique consistant Ă  occulter et diviser pour extorquer et dominer.

Comment l’autonomie du travailleur s’associe-t-elle Ă  la domination sans pour autant ĂȘtre un leurre dont il serait la dupe ? Comment son indĂ©pendance et donc l’absence apparente d’un assujettissement peuvent-elles ĂȘtre le ressort de la domination ? Comment le capitalisme use-t-il de plus en plus de travailleurs occasionnels, voire « quelconques Â», et suivant quel rĂ©gime de sĂ©lection et de mise au travail ? Comment pĂ©nĂštre-t-il nos appartements, nos cellulaires, nos interactions ? Comment absorbe-t-il nos efforts en les convertissant en travail gratuit ? Si le tri de la donnĂ©e est bien prĂ©sent dans ce capitalisme, il ne s’agit pas ici de ce big other qui draine nos vies pour les publicitaires[8]. Il s’agit bien d’un mode de prĂ©lĂšvement du travail, de l’énergie, de la crĂ©ativitĂ© d’autrui. Dans ce livre, le lecteur verra certes les conditions d’une extraction spĂ©culative qui siphonne le travail ou l’activitĂ© gratuite de travailleurs de la culture ou du savoir, mais il verra aussi que sous la distance de la plateforme se cachent Ă©galement des types de domination disciplinaire ou des formes de violence passant par l’incertitude, l’alĂ©a, que le travailleur prĂ©caire (indĂ©pendant ou salariĂ©) doit affronter dans cette libertĂ© que Marx a dĂ©finie hier comme celle « de se faire tanner Â». Lorsqu’ils extraient de l’attention, de la contention au travailleur Ă  domicile qui effectue des micro-tĂąches, la plateforme et son client usent de « mouchards Ă©lectroniques Â» qui scrutent l’indĂ©pendant jusqu’à vĂ©rifier sa prĂ©sence effective devant son Ă©cran[9]. Le travail Ă  la demande convoque au jour le jour, voire Ă  l’heure l’heure, les salariĂ©s en fonction des alĂ©as des conditions climatiques et des arrivages de produits ou des changements dans les taux de frĂ©quentation des boutiques ou des bars[10]. Les contrats zĂ©ro heure soumettent Ă  l’attente d’un « petit boulot Â» des travailleurs gĂ©nĂ©riques matĂ©riellement exsangues et rĂ©vocables Ă  volontĂ©[11].

Pour reprendre une autre expression de Marx, nos analyses portent sur ces « laboratoires de la production Â» oĂč le capitalisme expĂ©rimente les nouvelles conditions du travail et de l’exploitation, que celles-ci soient diffusĂ©es dans une entreprise « hors les murs Â» ou qu’elles renouent avec le cadre carcĂ©ral et disciplinaire des usines du xxe siĂšcle. Il s’agira de mettre au jour les conditions de la domination post-industrielle, c’est-Ă -dire d’un Ăąge oĂč les NTIC sont devenues les moyens, les intercesseurs de cette domination. C’est, en effet, par leur capacitĂ© Ă  dĂ©lier ce qui est liĂ© et Ă  lier ce qui est dĂ©liĂ©, Ă  travers la numĂ©risation, que les NTIC ont donnĂ© de nouveaux moyens au processus d’externalisation des entreprises mais elles ont, de fait, floutĂ© les frontiĂšres de ces derniĂšres, rendant possible l’effectuation d’un travail en dehors des limites instituĂ©es. Une bonne partie des mĂ©canismes contemporains concernant le travail relĂšvent d’un contrĂŽle Ă  distance et d’une possibilitĂ© de distanciation entre le lieu de dĂ©cision et les diverses chaĂźnes d’organisation et de rĂ©alisation dudit travail. Le processus historique constatĂ© depuis les annĂ©es 1960, qu’il relĂšve de la sous-traitance, du travail temporaire ou de la franchisation, a pu ainsi s’amplifier. En donnant au capitalisme un puissant moyen de lier Ă  ses propres fins ce qu’il dĂ©lie, les NTIC ont permis un nouvel essor Ă  sa capacitĂ© historique Ă  diviser, Ă  parcelliser, Ă  opacifier. Mais par ailleurs, dans leur capacitĂ© Ă  lier, les NTIC ont aussi permis de combiner et mobiliser des lieux et des espaces historiquement dissociĂ©s du procĂšs de travail. Le capitalisme n’a jamais pu autant combiner Ă  son profit des activitĂ©s rĂ©alisĂ©es en dehors de l’entreprise et dans le cadre de temporalitĂ©s jusque-lĂ  maintenues hors du temps d’exploitation comme la quotidiennetĂ© privĂ©e[12]. L’amateur, le prosumer, ou le travailleur « Ă  cĂŽtĂ©[13] Â» ont davantage de probabilitĂ© d’ĂȘtre absorbĂ©s, parasitĂ©s par des rapports marchands et demandent de repenser les lois et les modalitĂ©s de protection du travailleur[14]. Le jeu, l’esbroufe, l’artifice publicitaire de l’argent facile, deviennent les moyens de miner le travail et par consĂ©quent de faire vaciller les mĂ©canismes de reconnaissance de sa valeur Ă  travers l’épreuve de l’hĂ©tĂ©ronomie et de l’effort ou de vider les significations sociĂ©tales produites autour de la contrainte, de la subordination, mais aussi de la solidaritĂ©. La contribution ouvriĂšre Ă  la reprĂ©sentation du travail, alliant le sentiment de l’effort et l’ethos de la solidaritĂ©, perd de sa consistance Ă  partir du moment oĂč le travail devient infinitĂ©simal et se diffuse dans les mĂ©andres de la durĂ©e quotidienne.

Ce livre part de quelques lieux d’expĂ©rimentations exemplaires de ce capitalisme multiforme, tentaculaire, qui colonise de plus en plus la sphĂšre du quotidien. De l’offshoring Ă  l’analyse du management des centres d’appels externalisĂ©s, il suit les continuitĂ©s entre les politiques d’externalisation de la seconde moitiĂ© du xxe siĂšcle et l’émergence d’un capitalisme numĂ©rique au xxisiĂšcle. Parmi les indĂ©pendants flexibles, prĂ©caires, sous-traitĂ©s de la culture et des arts, il repĂšre les brouillages du travail rĂ©munĂ©rĂ© et du travail gratuit et les prĂ©dations opportunistes d’activitĂ©s extra-professionnelles, les ressorts spĂ©culatifs du winner-take-all. PrĂ©lĂšvement alĂ©atoire des Ă©nergies prĂ©caires ; Ă©conomie de la promesse et du projet ; hĂ©bergement d’activitĂ©s gratuites ou rĂ©munĂ©rĂ©es ; mobilisation d’amateurs, constitution de communautĂ©s ou des sociabilitĂ©s autour de marques : il cherche Ă  saisir comment les passions, la crĂ©ativitĂ© sont extraites pour nourrir les profits. Il dĂ©crit la domination de l’algorithme dans le nouvel univers des plateformes de travail dont les livreurs, les chauffeurs, les turkerssont propriĂ©taires de leurs moyens de production et circulent sur des territoires ouverts – la ville souvent. Mais cette analyse n’est pas univoque. Elle met parallĂšlement en avant les luttes et contre-conduites que ce mouvement suscite, les nouvelles sociabilitĂ©s urbaines et le retournement de l’usage du numĂ©rique dans l’action collective, les coopĂ©ratives qui restituent le pouvoir aux indĂ©pendants ou aux salariĂ©s.

Les nouvelles possibilitĂ©s de contrĂŽle et d’exploitation ne suffisent en effet Ă  assurer une domination totale. La puissance d’hĂ©gĂ©monie de ce capitalisme, qui ne cesse de s’emparer de la crĂ©ativitĂ© Ă©mancipatrice des multitudes, autant que de leurs Ă©nergies gaspillĂ©es dans de vaines micro-tĂąches, pour en faire l’objet de sa fructification, ne suppose pas l’absence d’alternative et la confiscation pour lui seul de l’inventivitĂ© collective. Le mot rĂ©sistance ne saurait ĂȘtre compris seulement comme une catĂ©gorie rĂ©active. C’est d’une crĂ©ativitĂ© sociale, collective, toujours plus grande que s’empare le capitalisme, et c’est dans cette crĂ©ativitĂ© collective que sont aussi prĂ©sentes les figures oppositionnelles, les luttes Ă  venir et les pratiques d’émancipation. Sans doute, dans cette dynamique, la question du temps apparaĂźt-elle comme dĂ©cisive. Le rythme haletant que fait subir la dĂ©mesure de la marchandise ne se prĂȘte guĂšre Ă  la temporalitĂ© utopique, qui permettrait de penser les alternatives et des rapports sociaux diffĂ©rents, ni aux gestes instituant des rapports Ă©galitaires. Mais si l’on peut penser qu’un des enjeux de notre Ă©poque est bien de ralentir[15], voire comme on le soutient de dĂ©sƓuvrer, la question fouriĂ©riste de l’écart absolu face Ă  la catastrophe semble plus que jamais incontournable.

Notes


[1]. GĂ©rard Lyon-Caen, « PlasticitĂ© du capital et nouvelles formes d’emploi Â», Droit social, septembre-octobre 1980.

[2]. Voir par exemple RenĂ© Mathieu et Armelle Gorgeu, « Sous-traitance et emploi Â», Cahier du centre d’études de l’emploi, no 23, 1981.

[3]. Catherine Souquet, « La majoritĂ© des entreprises font appel Ă  des sous-traitants Â», Insee Focus, no 67, 2016.

[4]. Pour un rappel de ces diagnostics, voir Patrick Cingolani, La PrĂ©caritĂ©, Paris, Puf, 2017.

[5]. Blanche Segrestin, Armand Hatchuel, Refonder l’entreprise, Paris, Le Seuil, 2012.

[6]. Voir Pun Ngai, Migrant Labor in China. Post-Socialist Transformations, Cambridge, Polity, 2016.

[7]. Voir dans Nick Dyer, Cyber-Proletariat, Londres, Pluto Press, 2015, la description de la production d’un tĂ©lĂ©phone cellulaire.

[8]. Voir Shoshana Zuboff, The Age of Surveillance, New York, Public Affairs, 2019.

[9]. Voir Steven Hill, Raw Deal. How the “Uber Economy” and Runaway Capitalism Are Screwing American Workers, New York, St Martin’s Press, 2015, p. 105.

[10]. Voir l’article de Jodi Kantor « Working Anything but 9 to 5 – Scheduling Technology Leaves Low-Income Parents With Hours of Chaos Â», The New York Times, 13 aoĂ»t 2014.

[11]. Maria Hudson, « The Decent Jobs Deficit. The Human Cost of Zero-Hours Working in the UK Â», Trades Union Congress, 2015.

[12]. Pauline Barraud de Lagerie et Luc Sigalo Santos, « Et pour quelques euros de plus Â», RĂ©seaux, no 212, 2018.

[13]. Au sens oĂč l’entend Florence Weber, Le Travail Ă  cĂŽtĂ©, Paris, EHESS, 1985.

[14]. Patrick Cingolani, « Le “salariĂ© autonome” et la solidaritĂ© des employeurs dans l’obligation juridique. Des droits contre l’opacitĂ© et la fragmentation des collectifs de travail au xxisiĂšcle Â», Droit social, no 3, mars 2018.

[15]. C’est là un des arguments de Luc Boltanski et Ève Chiapello dans Le Nouvel Esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 2011, p. 635.

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Source: Contretemps.eu