Juin 14, 2021
Par Le Monde Libertaire
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01.06.2021. Fin avril, nous avons assisté à un réveil du peuple colombien, qui reprenait les rues avec audace pour revendiquer son droit de vivre. Quiconque affirmerait qu’il ne s’agit que de la réponse à une réforme fiscale proposée par l’Exécutif -à l’instar de quiconque croit que les événements du Chili ne sont dus qu’à l hausse du ticket de métro-, se trompe du tout au tout : c’est que le peuple n’en peut plus des abus permanents d’un État au service des intérêts d’un petit nombre. Le peuple colombien, avec une détermination sans failles, nous montre que le Léviathan n’est pas cette bête redoutable, indestructible et toute-puissante qu’il n’est pas possible de blesser, aujourd’hui le peuple colombien a réussi à faire battre en retraite un Léviathan à l’agonie qui se tord de douleur même si le prix à payer est fort en sang versé.

Ce n’est pas un hasard si les foyers de contestation sont en train de s’orienter vers la dénonciation du rôle répressif de la police et autres forces de l’appareil de répression de l’État, car on dénombre plus de 40 mort.e.s, 16 cas de violence sexuelle -il y a peu de temps, nous apprenions le suicide d’une mineure après avoir été violée par des agents de l’ESMAD- et plus de 300 cas de disparition. Ces stratégies de la terreur appliquées avec soin et diligence contre “l’ennemi intérieur” (à savoir, le peuple) sont l’écho des bottes qui, il y a un temps, résonnaient dans les amphithéâtres de la funeste École des Amériques (USARSA, étant son sigle anglais), une institution phare de l’interventionnisme nord-américain sur le continent. La Colombie a l’honneur discutable de compter le plus grand nombre de diplômés (9.558) de cette École, bien au-dessus du Salvador (6.609) avant sa reconversion cosmétique en Hemisphere Institute for Security Cooperation.

Si la contestation, à travers toute la planète, depuis les États-Unis jusqu’en Colombie et depuis le Chili jusqu’à Hong Kong, montre à l’évidence la nécessité d’en finir avec cette vile institution qu’est la police, c’est parce qu’il n’y a plus aucun doute quant à son rôle de pilier fondamental des “démocraties immunitaires” défendant et protégeant les intérêts d’un petit nombre de protégés de l’État au détriment d’une immense majorité dépossédée et vulnérable de personnes, qui peuvent être expulsées, en fin de journée, tels des rebuts, du Corps de l’État. Les “démocraties” qui disent reconnaître au peuple sa souveraineté, n’hésitent pas à décharger toute leur violence physique quand le peuple décide de la réclamer. C’est là que l’illusion de “l’État-Providence” se brise face à la dure réalité de “l’État Policier”.
La police, en tant qu’institution qui monopolise la violence légale -et non légitime-, est autorisée à commettre des actes illégaux, autrement dit, les abus de la police sont intrinsèques à l’institution policière, ce qui dans l’espace public se traduit par une domination absolue sur les personnes physiques de la société civile. C’est pourquoi cela ne doit pas nous surprendre qu’ils traînent les jeunes colombien.ne,s jusqu’à leurs locaux pour les violer ou les tabasser jusqu’à ce que mort s’ensuive et ce, dans une impunité totale.
De même, nous pouvons constater que les élites sont décidées à ne pas laisser la défense de leurs privilèges exclusivement entre les mains des forces répressives de l’État, et prennent une part active dans la répression du peuple colombien. Nous avons vu, le 9 mai, des groupes de ces élites fascistes tirer contre des membres de la Minga indigène, en connivence avec la police, mettant en évidence, une fois de plus, le véritable rôle joué par l’institution policière, très loin du prétendu maintien de l’ordre. ce m’est en rien une nouveauté, nous avons des exemples très récents de ce genre de fraternisation police-civils fascistes en Espagne.
Il dépend de la détermination du peuple colombien d’en finir une fois pour toutes avec ces injustices. Nous souhaitons embrasser fraternellement le peuple colombien qui est debout, en leur montrant tout notre soutien et en souhaitant qu’ils puissent porter le coup définitf au coeur du Léviathan qui les tient enchaînés à la misère et l’inégalité les plus profonde. Il est absolument regrettable que ce sacrifice implique certainement plus de sang versé de martyrs innocents, même si nous n’en doutons pas non plus, si le peuple colombien réussit à envoyer la bête étatique dans les abîmes de l’oubli, un horizon de justice sociale s’ouvrira pour le pays, Frères et sœurs colombien.ne.s, libérez-vous de vos chaines qui vous oppriment, Vous n’êtes pas seuls ! En avant, toujours !

VIVE LA LIBERTÉ DU PEUPLE COLOMBIEN !
VIVE LA JUSTICE SOCIALE !
VIVE L’ANARCHIE !

Traduction Monica Jornet Groupe Gaston Couté. FA.




Source: Monde-libertaire.fr