7 octobre 2020
” Nadie sin comida” : Personne ne doit ĂȘtre privĂ© de repas.
Appel Ă  contribution
de nos camarades sur Banco Obrero, banque ouvriĂšre espagnole.

Le coronavirus fait des ravages dans la sociĂ©tĂ© espagnole. Et l’impact de la pandĂ©mie est de plus en plus patent. Tandis que l’on discipline tambour battant les classes laborieuses, avec un État plus policier que jamais et que l’on maintient la ligne Ă©conomique bien au-delĂ  des choix stratĂ©giques, et ce malgrĂ© les appels dĂ©sespĂ©rĂ©s d’une bonne partie de la communautĂ© scientifique rĂ©clamant l’arrĂȘt des activitĂ©s non essentielles, la lutte de classe apparaĂźt crĂ»ment et sans dĂ©tours dans la plupart des foyers.

La classe laborieuse est au cƓur de la dĂ©vastation dans cette pandĂ©mie : logement insalubres, promiscuitĂ©, faibles ressources, salaires de misĂšre, services publics paralysĂ©s, prĂ©caritĂ© du travail et de la vie qui impose de travailler sans conditions de sĂ©curitĂ© et envoie tout droit Ă  la marginalisation.

Et nous ne pouvons pas oublier qu’avant la pandĂ©mie, une proportion importante de la classe laborieuse se trouvait dans des conditions d’alerte humanitaire manifeste. Nous voulons parler des sans-emplois, des personnes dĂ©pendantes, des travailleur.e.s de l’économie informelle (service domestique, vente ambulante, temps partiel non choisi, petits boulots, prostitution,
), des migrant.e.s sans papiers y, aussi, rappelons-le, tout un secteur qui s’est dĂ©veloppĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies en raison des rĂ©formes du travail rĂ©currentes, de ce qu’on appelle les working poors (“travailleur.e.s pauvres” qui, bien qu’ayant un emploi, ne dĂ©passent pas avec leur salaire le seuil de pauvretĂ©).

Ce secteur de la population a survĂ©cu jusqu’ici grĂące Ă  des aides publiques toujours moindres, Ă  l’épargne familiale quand il y en avait, et Ă  diverses initiatives solidaires des mouvements sociaux et des organismes caritatifs, tels que les Banques Alimentaires ou les Banques de Temps prĂ©sentes dans de nombreuses villes. Ce secteur fortement marginalisĂ© est en train de croĂźtre de façon exponentielle ces derniĂšres semaines sans que nous ayons les instruments pour savoir en quelle proportion. Et la profondeur de leur misĂšre devient abyssale dans une sociĂ©tĂ© qui continue malgrĂ© tout Ă  commercialiser toute sorte de bidules en ligne.

Notre tableau est corroborĂ© par Aurelio Villanueva, membre de la Plataforma de Trabajadores en Paro (Collectif de Travailleur.e.s au ChĂŽmage) de San Blas et de Canillejas, Ă  Madrid : “les gens de l’arrondissement demandent une aide d’urgence, les familles ne peuvent pas tenir plus longtemps ”.

À San Blas, le Collectif est en train de distribuer des paniers alimentaires d’urgence au domicile des personnes les plus vulnĂ©rable et transmet leurs revendications au Conseil Municipal. Avec une Association d’habitant.e.s du quartier, elle a organisĂ© une campagne d’aide aux personnes vulnĂ©rables pour faire les courses, trouver des mĂ©dicaments ou faire d’autres sorties en ville. Beaucoup n’ont aucun revenu.

Irene Moreno, du Banco Obrero de Madrid (Banque OuvriĂšre de Madrid), nous fait savoir, quant Ă  elle que les entrepĂŽts de cette organisation, dotĂ©e de plusieurs Banques OuvriĂšres d’aliments dans les quartiers madrilĂšnes d’Hortaleza, Usera et TetuĂĄn, sont en train de se vider. Des groupes de bĂ©nĂ©voles de l’organisation sont en train de porter des aliments en urgence au domicile des personnes les plus vulnĂ©rables, par exemple les personnes ĂągĂ©es ou ayant des personnes Ă  charge.

Les familles demandant de l’aide dans les situations les plus extrĂȘmes sont plus nombreuses de jour en jour. Pour essayer de canaliser la solidaritĂ© prolĂ©taire, la Banque OuvriĂšre a mis en route une campagne de dons en ligne, qui nous permet Ă  tous et Ă  toutes d’envoyer de l’argent depuis chez nous pour des aliments, des produits pour bĂ©bĂ©s, des gels, des shampooings, des produits d’hygiĂšne fĂ©minine et des mĂ©dicaments.

Travailleur.e.s sans emplois, migrants, sous-employĂ©.e.s, personnes sous le seuil de pauvretĂ©, des personnes ĂągĂ©es abandonnĂ©es. Sous-logements empĂȘchant toute quarantaine aux familles les plus dĂ©munies. Enfants nourris avec de la malbouffe grĂące Ă  l’inscription de leurs parents sur les “listes de pauvres” des autoritĂ©s et suivis par des prĂ©caires des grandes multinationales.

Face Ă  cette situation, nous ne pouvons rester passifs. Nous devons exprimer la solidaritĂ© qui donne son nom Ă  notre syndicat. SolidaritĂ© OuvriĂšre. C’est pourquoi nous avons lancĂ© une campagne de collecte de fonds pour l’achat d’aliments, de denrĂ©es pĂ©rissables, de produits d’hygiĂšne et de mĂ©dicaments pour le Collectif “Plataforma de Trabajadores en Paro de San Blas y Canillejas“. Nous avons commencĂ© par collecter les 10 euros mensuels que, la sociĂ©tĂ© Metro de Madrid, qui se moque du monde, a donnĂ© Ă  ses employĂ©.e.s pour qu’ils s’achĂštent masques, gants et gel hydro-alcoolique. Mais nous voulons lancer un appel au reste des travailleur.e.s qui peuvent encore apporter quelque chose afin de concrĂ©tiser leur solidaritĂ© avec les compagnes et compagnons qui sont le plus mal en point. L’Alimentation c’est la santĂ©. La SolidaritĂ© c’est l’action.

Et dans le mĂȘme temps, n’oublions pas d’exiger un Revenu Minimum de SolidaritĂ©, sans conditions et suffisant, pour tous ceux qui, aujourd’hui, subissent les consĂ©quences du pillage continu que reprĂ©sente le capitalisme, puisque, littĂ©ralement, leur vie en dĂ©pend. Ce qui s’oppose Ă  la maladie, hier comme aujourd’hui, ce n’est pas l’Alerte pais la Justice Sociale.

L’argent peut ĂȘtre versĂ© sur le compte courant ES31 2038 1807 1060 0061 6942 avec le motif “Alimentos para Paradxs” (aliments pour chĂŽmeur.e.s.) et Ă  travers la page https://donorbox.org/donaciones-banco-obrero.


Article publié le 18 Oct 2020 sur Monde-libertaire.fr