Juin 2, 2020
Par Indymedia Nantes
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Chez eux, cette catĂ©gorie ne se rĂ©fĂšre bien sĂ»r pas au conseillisme marxiste historique, mais constitue le grand chapeau policier utilisĂ© pour dĂ©signer toute une frange radicale auto-organisĂ©e contre l’Etat et le capital (une «mouvance») partisane d’une mĂ©thode de lutte que les assassins en uniforme qualifient de «violente». EmployĂ©e Ă  tout va par le pouvoir en fonction des intĂ©rĂȘts du moment (aprĂšs la mode «anarcho-autonomes», «black blocs» ou «ultra-jaunes»), cette catĂ©gorie a pour double fonction de nommer pour isoler, mais aussi de disqualifier et rĂ©duire pour rĂ©primer, en touchant par exemple indiffĂ©remment des antifascistes et des communistes, des autonomes et des anarchistes, des gilets jaunes et des squatters, des anti-nuclĂ©aires et des fĂ©ministes queers, soit plus globalement tous ces individus qui sortent du cadre institutionnel pour ĂȘtre rentrĂ©s de force dans la petite case «violences urbaines politisĂ©es Ă  gauche» des services de renseignement. Il s’agit bien sĂ»r d’un non-sens absolu, ne serait-ce que dans la filiation d’une partie d’entre eux avec la gauche, mais qui a jamais prĂ©tendu que ce genre de fichiers puisse jamais reprĂ©senter une quelconque rĂ©alitĂ© variĂ©e, fluctuante, riche et diverse de pratiques et de dĂ©bats, plutĂŽt que l’Ă©troit cerveau policier qui les alimente ?

Concernant les enquĂȘtes en cours sur les attaques d’antennes-relais, certains Ă©lĂ©ments significatifs, parfois distillĂ©s avec parcimonie, commencent Ă  sortir ici ou lĂ . Ils pourront intĂ©resser les farouches ennemis du pouvoir, c’est-Ă -dire celles et ceux qui n’entendent en aucune façon s’y substituer, mais pourront peut-ĂȘtre aussi alimenter certains dĂ©bats sur l’attaque et sa rĂ©pression.

* Eléments de langage

On sait depuis longtemps que les mots font partie de toute stratĂ©gie contre-insurrectionnelle. S’il n’en fallait qu’un exemple bien connu, c’est par exemple ce mĂȘme Etat (tous les Etats) qui Ă  la fois pratique le terrorisme Ă  une vaste Ă©chelle et qui prĂ©tend en mĂȘme temps dĂ©tenir le monopole pour (dis)qualifier ce qui en relĂšve ou pas. Autre exemple : jusqu’Ă  trĂšs rĂ©cemment, alors que les destructions d’antennes de tĂ©lĂ©phonie mobile s’Ă©taient par exemple multipliĂ©es parallĂšlement au dĂ©veloppement du mouvement des gilets jaunes, il n’avait pourtant jamais Ă©tĂ© question de «complotistes anti-5G» ! A l’exception de quelques rĂ©gions oĂč les attaques subversives foisonnent depuis plusieurs annĂ©es (comme Grenoble), la stratĂ©gie du pouvoir Ă©tait plutĂŽt de les passer sous silence ou d’en minimiser la portĂ©e en les isolant les unes des autres. D’aprĂšs un recensement non-exhaustif des destructions sorties dans la presse (gĂ©nĂ©ralement rĂ©gionale), ce ne sont ainsi pas moins de cinquante antennes qui sont parties en fumĂ©e de diffĂ©rentes maniĂšres et aux quatre coins du pays l’annĂ©e derniĂšre, de la fin 2018 Ă  la fin 2019, sans qu’on entende parler jusque dans le plus petit journal de «complotisme» ou d’ «ultra-gauche». Hier comme aujourd’hui, oĂč prĂšs de quarante sites d’antennes ont Ă©tĂ© officiellement incendiĂ©s ces deux derniers mois en France (et 140 en Europe), les motifs en avaient par principe Ă©tĂ© variĂ©s, et des seules vĂ©ritables indications disponibles, c’est-Ă -dire Ă  travers les rares communiquĂ©s puisqu’elles se passent gĂ©nĂ©ralement de mots ou Ă  travers les rares personnes arrĂȘtĂ©es qui ont tenu Ă  dĂ©clarer quelque chose, il ne ressortait Ă©videmment aucune trace de ces abus de langage policier !
La caricature exercĂ©e par le pouvoir d’associer par principe ce type de cible spĂ©cifique avec ce type trĂšs particulier de thĂ©ories fumeuses comporte un Ă©lĂ©ment prĂ©ventif pour Ă©viter que ces attaques prennent une dimension supplĂ©mentaire (l’appel d’offres de la 5G Ă  2 milliards d’euros ayant Ă©tĂ© reportĂ© d’avril Ă  septembre prochain, ce qui fait de la France l’un des derniers pays europĂ©ens en terme d’implantation rĂ©elle), et un Ă©lĂ©ment de chantage dissuasif : que cessent les attaques anonymes actuelles, interprĂ©tables et dĂ©fendables par quiconque, afin de ne pas risquer d’ĂȘtre assimilĂ©es Ă  des hurluberlus. Ce genre d’opĂ©ration disqualifiante est bien entendu menĂ©e Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne de façon systĂ©matique quelle que soit la situation rĂ©elle, comme on a pu le voir aussi bien en Angleterre oĂč la 5G est dĂ©jĂ  dĂ©ployĂ©e en masse qu’en France oĂč elle dĂ©marre Ă  peine en phase de test ou Ă  Chypre oĂč elle n’est pas encore arrivĂ©e, selon un schĂ©ma encore entĂ©rinĂ© le 15 mai dernier par le coordinateur anti-terroriste de l’Union europĂ©enne, Gilles de Kerchove lors d’un ComitĂ© de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.

Au-delĂ  des discours gĂ©nĂ©raux qui font Ă  prĂ©sent feu de tout bois pour tenter de freiner cette tendance destructive contre les infrastructures critiques de communication, on a pu apercevoir deux signaux rĂ©cents de cette stratĂ©gie contre-insurrectionnelle Ă  l’Ɠuvre. A Grenoble d’abord, oĂč le fameux procureur Vaillant a martelĂ© cette thĂšse suite Ă  l’attaque coordonnĂ©e de trois antennes le 18 mai, lĂ  oĂč il bourrinait auparavant contre la seule ultra-gauche en appelant mĂȘme en vain l’anti-terrorisme parisien Ă  la moindre occasion… avant d’ĂȘtre vite dĂ©menti par un communiquĂ© de revendication. Dans le Jura ensuite, oĂč les enquĂȘteurs de la police judiciaire de Dijon et de la section de recherche de Besançon ont pavoisĂ© le 28 mai suite Ă  l’arrestation de deux personnes, accusĂ©es de l’incendie d’une antenne et d’engins de chantier Ă  Foncine-le-Haut en avril dernier. Le fait qu’une des deux semble avoir reconnu les faits en garde-Ă -vue allait enfin permettre au pouvoir de valider sa thĂšse rĂ©ductrice, au point qu’un des fameux sites anarchistes pour la guerre sociale se soit mĂȘme permis de classer cette arrestation dans sa rubrique «complotisme» ! Quoi, un pizzaiolo jurassien dont on ignore tout sauf ce que la poulaille fait fuiter dans la presse, aurait-il donc par hasard prĂ©tendu que la 5G favorisait la diffusion du coronavirus ou une autre faribole du genre ? Et non, pas le moins du monde. Mais alors; qu’est-ce qui lui vaut cet honneur immĂ©ritĂ© ? Tout simplement le fait d’avoir osĂ© dĂ©clarer Ă  la face des chiens en uniforme ĂȘtre « convaincu du caractĂšre nuisible de la 5G pour l’environnement du fait de la puissance de leur rayonnement », et Ă  propos de l’incendie des engins que «ces travaux Ă©taient nĂ©fastes Ă  l’environnement et dissimulaient en rĂ©alitĂ© l’installation d’un rĂ©seau 5G». Etre sensible Ă  l’Ă©cologie et penser que la 5G est nuisible pour l’environnement contre l’avis des experts des comitĂ©s scientifiques, voilĂ  le crime de la pensĂ©e qui lui vaut d’ĂȘtre mis au banc des deux cĂŽtĂ©s de la barricade, pour «complotisme anti-5G».
Ce qui semble dĂ©sormais dĂ©finir ce terme dont l’Etat entend faire un large usage vient ici de trouver une premiĂšre application, et la plus large qui soit : ĂȘtre en dĂ©saccord avec les autoritĂ©s qualifiĂ©es sur le caractĂšre nuisible d’une technologie en cours d’installation signifie par principe ĂȘtre complotiste ! Que le maire du village en question ait ensuite dĂ©clarĂ© aux journaflics que les deux montagnards avaient sans doute Ă©tĂ© «influencĂ©s par la frĂ©quentation de gens de la mouvance» (JDD, 31/5) ou que «selon une source proche de l’enquĂȘte, les deux hommes « Ă©pousent les thĂšses de l’ultra-gauche»» (Le Parisien, 27/5) n’a alors plus rien d’Ă©tonnant, vu qu’en matiĂšre de contestation de toute autoritĂ©, une partie de la fameuse «ultra-gauche» n’est pas en reste et se trouve alors logiquement Ă  la source des «thĂšses» complotistes sur les antennes. CQFD. En tĂ©moignerait ainsi ce texte d’une ambiguĂŻtĂ© folle accompagnant une affiche souvent citĂ©e par les enquĂȘteurs depuis un mois, et qui dit clairement : « Il n’a jamais Ă©tĂ© aussi Ă©vident que la toile technologique se resserre autour de nous et permet de nous surveiller d’une maniĂšre inĂ©dite. La 5G comme nouveau standard de rĂ©seau de tĂ©lĂ©phonie mobile permet de franchir un nouveau palier d’intĂ©gration et de surveillance par l’Intelligence Artificielle… On ne peut pas assister sans rien faire Ă  la restructuration technologique de la domination. Car la technologie a besoin d’une infrastructure fragile qui peut ĂȘtre facilement sabotĂ©e avec un peu d’essence et de crĂ©ativitĂ©. »

Mais tout ceci est dĂ©jĂ  de trop, et voilĂ  ce qui risque de nous attendre si ces attaques anonymes continuent de se multiplier contre les progrĂšs du pouvoir : ou bien ĂȘtre taxĂ©s de vils terroristes qui nuisent au bien commun, ou bien de sots complotistes qui refusent ses bienfaits, voire les deux ensemble. Tout un programme, lĂ  oĂč existent mille et une raisons variĂ©es de cibler ces structures de la domination et de l’aliĂ©nation !

* Centralisation policiĂšre

L’annĂ©e derniĂšre, au beau milieu de l’Ă©tĂ©, alors que le mouvement des gilets jaunes peinait Ă  continuer de donner de la voix et qu’aucune actualitĂ© enflammĂ©e ne venait sortir la rĂ©gion de sa torpeur, un curieux article sortait dans la presse rĂ©gionale. TitrĂ© «Incendie en sĂ©rie de pylĂŽnes : vers la piste de l’extrĂȘme gauche» (Est RĂ©publicain, 7/8), Ă  l’heure oĂč le qualificatif policier d’ultra-gauche ne faisait pas encore florĂšs, il revenait Ă  froid sur les enquĂȘtes concernant des sabotages dans le coin, en se concluant par ces mots surprenants : «L’enquĂȘte se poursuit et des gendarmes basĂ©s Ă  Paris, spĂ©cialisĂ©s dans ce type de problĂ©matique, suivent le dossier de prĂšs.» Le deuxiĂšme indice dans le genre, semĂ© un an plus tard, se trouvait lui aussi au dĂ©tour d’un article de journaflics locaux : suite Ă  l’incendie du coffret Ă©lectrique de l’antenne Orange Ă  Languenan le 7 mai dernier, un entrefilet paru dix jours plus tard signifiait aux lecteurs par la trĂšs officielle bouche de la procureure de Saint-Malo-Dinan, que « la section de recherche de la gendarmerie nationale Ă  Rennes a Ă©tĂ© saisie, afin de permettre une meilleure coordination des enquĂȘtes menĂ©es sur les faits similaires survenus rĂ©cemment Ă  Plaintel (22), dans le Jura et dans le Nord de la France » (Le TĂ©lĂ©gramme, 19/5).

Peu Ă  peu, il devenait plus clair que les services de police Ă©taient en train de perdre jusqu’Ă  leurs saisines initiales selon les endroits, afin que le tout soit systĂ©matiquement refourguĂ© Ă  la gendarmerie et Ă  ses grosses sections de recherche hiĂ©rarchisĂ©es selon des directives du parquet qui ne peuvent qu’Ă©maner du ministĂšre, et que l’ensemble des enquĂȘtes concernant ces sabotages deviennent coordonnĂ©es et recoupĂ©es Ă  travers tout le pays. En matiĂšre d’analyse criminelle, la gendarmerie prĂ©sente en effet la particularitĂ© outre de possĂ©der un maillage territorial plus important pour gratter la moindre information, notamment hors mĂ©tropole, de disposer d’un logiciel comme Anacrim, redĂ©veloppĂ© par IBM pour diffĂ©rents services de renseignement, qui offre la possibilitĂ© de rentrer un nombre trĂšs importants de donnĂ©es et d’Ă©tablir des schĂ©mas complexes. Pour ne pas parler de la fameuse affaire GrĂ©gory, c’est notamment Anacrim et son volet Analyst’s Notebook qui a permis Ă  la gendarmerie de monter l’association de malfaiteurs Ă  Bure, en construisant sur des annĂ©es des schĂ©mas sur « le rĂŽle et l’implication » des observĂ©s (14 pour Bure) ou autres organigrammes de relations Ă  base d’Ă©coutes et de fichages (118 individus).
Si on ne pouvait que supposer que c’est d’une part parce que les forces de l’ordre piĂ©tinent inlassablement sur la quasi centaine de sabotages d’antennes rĂ©alisĂ©s depuis fin 2018 (et avant), et d’autre part parce qu’elles attribuent arbitrairement une partie d’entre eux Ă  une «mouvance ultra-gauche» que le tout a Ă©tĂ© centralisĂ© Ă  la gendarmerie, c’est un dernier Ă©lĂ©ment de taille qui est venu complĂ©ter le tableau ce week-end. Dans un Ă©niĂšme article de journaflic trop renseignĂ©, on peut en effet lire ce qui suit : «Oracle : c’est le nom que la gendarmerie a choisi pour baptiser sa nouvelle cellule d’enquĂȘte. Pour la direction gĂ©nĂ©rale, le sujet est jugĂ© trĂšs sensible. Tout juste accepte-t-on de confirmer son existence, trĂšs rĂ©cente, et sa mission, superviser l’ensemble des enquĂȘtes ouvertes concernant la mouvance d’extrĂȘme gauche : incendies de casernes ou de voitures de gendarmerie (Meylan, Limoges, etc.), de vĂ©hicules Enedis (cinq ont encore Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s samedi dernier Ă  Bouguenais, en Loire-Atlantique) et bien sĂ»r d’antennes-relais ; celle qui Ă©tait visĂ©e, le week-end dernier, surplombait le cimetiĂšre d’Azille, dans l’Aude.» (JDD, 31/5).
Ainsi, ce ne seraient pas uniquement tous les sabotages d’antennes de tĂ©lĂ©phonie ou de tĂ©lĂ©vision qui auraient Ă©tĂ© confiĂ©es Ă  une cellule ad hoc de la gendarmerie, mais bien tout un ensemble national d’attaques attribuĂ©es Ă  la mouvance depuis 2017 pour faire mouliner le tout ! Dans le mĂȘme genre, on a pu lire en passant que l’enquĂȘte «ultra-sensible» du sabotage coordonnĂ© du 5 mai dernier en rĂ©gion parisienne contre de gros cĂąbles de fibre optique (notamment dite «noire» reliant des datas centers, et internationaux) venait de passer des mains locales de la trĂšs compĂ©tente Police Judiciare du Val-de-Marne Ă  la trĂšs spĂ©cialisĂ©e Brigade Criminelle de Paris de l’ex 36 quai des OrfĂšvres, composĂ©e entre autres d’une section anti-terroriste (BC-SAT). MĂȘme si on se doute bien que nombre d’attaques destructrices de structures de communication ou d’Ă©nergie sont toujours volontairement passĂ©es sous silence par le pouvoir et ses fidĂšles porte-voix, et leur portĂ©e effective certainement sous-estimĂ©e, il n’en demeure pas moins que le choix explicite de l’Etat est dĂ©sormais d’en mettre une partie en avant parce qu’il se dote en mĂȘme temps de nouveaux moyens d’enquĂȘte (y compris humains) et prĂ©pare activement les ingrĂ©dients pour une rĂ©pression de type «association de malfaiteurs» Ă  large Ă©chelle oĂč ce qui compte n’est plus exclusivement de pouvoir attribuer classiquement des faits Ă  des individus qui resteront inconnus, mais des faits Ă  une telle «association» (d’oĂč par exemple l’obsession affichĂ©e des enquĂȘteurs pour des sites ou des textes du mouvement), puis enfin des individus Ă  cette derniĂšre. Une manoeuvre rĂ©pressive bien connue qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ©e ailleurs, comme en Belgique, en Italie ou en Espagne.

Pour conclure, ces quelques notes ne souhaitent ni alerter sur des prĂ©cautions Ă  prendre face Ă  des dispositifs gendarmesques centralisĂ©s qui semblent prendre de l’ampleur, parce qu’on imagine que chacune chacun les prend dĂ©jĂ , ni effrayer quiconque, parce que l’Ă©ventuelle rĂ©pression fait de toute façon partie de la donne, qu’on entende ou pas affronter directement ce monde d’oppression. Restent alors les dĂ©sirs individuels de destruction de la domination, les vases communicants entre l’idĂ©e et l’action, la poĂ©sie singuliĂšre de ces antennes en flammes et de ces cĂąbles cisaillĂ©s, oĂč transitent jusqu’Ă  leur rupture brutale flux d’Ă©cole et d’argent, de travail et de contrĂŽle ou de relations dĂ©sincarnĂ©es. Reste aussi ce vieux texte qui annonçait d’emblĂ©e ses perspectives sans chichi inutile : « En s’exerçant un peu, on pourrait parcourir les yeux fermĂ©s le chemin qui va de la maison Ă  l’Ă©cole, du bureau au supermarchĂ©, de la banque Ă  la discothĂšque. On est en train de rĂ©aliser complĂštement l’adage de ce vieux sage grec : « MĂȘme les dormeurs rĂ©gissent l’ordre du monde ». L’heure est venue de rompre avec ce on, ce nous, reflet de la seule communautĂ© qui existe actuellement, celle de l’autoritĂ© et de la marchandise. Une partie de cette sociĂ©tĂ© a tout intĂ©rĂȘt Ă  ce que l’ordre continue de rĂ©gner, et l’autre Ă  ce que tout croule au plus vite. DĂ©cider de quel cotĂ© se trouver est le premier pas. Mais partout rĂšgnent aussi bien les rĂ©signĂ©s, vĂ©ritable base de l’accord entre les deux parties, que ceux qui veulent amĂ©liorer l’existant, et ses faux critiques. Partout, y compris dans notre vie -qui est le vĂ©ritable lieu de la guerre sociale-, dans nos dĂ©sirs, dans notre dĂ©termination comme dans nos petites soumissions quotidiennes. Il faut en venir Ă  couteaux tirĂ©s avec tout cela, afin d’en arriver Ă  couteaux tirĂ©s avec la vie mĂȘme.»

Un simple lecteur




Source: Nantes.indymedia.org