Novembre 23, 2020
Par Brest Media Libre
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Saint-Cadou, 16 novembre à l’aube. Le jour se lève sur le Menez Du.

Ici c’est la lande, la brume, la terre rocailleuse. Saint-Cadou est un

village de 200 habitants sur la commune de Sizun, dans les Monts

d’Arrée (Finistère). Dans ce bocage humide six fermes se partagent la colline. Elles

pratiquent l’agriculture bio. Trois sont regroupées en Gaec. Depuis

trois ans, les gens de la colline se battent contre l’installation d’une

antenne-relais.

Lundi 16 novembre à l’aube, les bûcherons ont débarqué sans prévenir.

Malgré le confinement, de nombreuses personnes sont arrivées rapidement

sur les lieux pour s’opposer à l’arrachage des arbres. En dépit des

menaces et des amendes, elles ont occupé le terrain sans rien lâcher ; en

discutant avec les corps de métier, en opposant leur corps à l’escouade

de gendarmerie dépêchée sur les lieux pour tenter de frayer un passage à

la pelleteuse, et enfin en grimpant aux arbres qui devaient être abattus.




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En fin de matinée, un arbre avait été coupé et les différentes

entreprises (géomètre, bûcherons et terrassier) ont rebroussé chemin.

Les travaux ont été suspendu pour une durée indéterminée.

Mardi soir 17 novembre à 18h, le bourg de Saint Cadou s’est empli de

rires, de lumières et de cris d’enfants : munis de lanternes, de

flambeaux et de banderoles en tout genre, quatre-vingt personnes se sont

retrouvées sur la place du village.




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Heureux de partager cette victoire dans une époque où elles sont particulièrement précieuses.

Aujourd’hui, il est interdit de sortir sans attestation, des décrets à

la chaîne contraignent à l’isolement, prétendent imposer leurs règles

dans les corps et les habitudes les plus intimes.

Et pourtant des habitants se retrouvent et se serrent les coudes, des

gens sortent de chez eux. Pour répondre à l’appel du 17 novembre contre

la réintoxication du monde, pour ne pas subir chez soi l’arsenal de lois

insensées que le gouvernement veut faire passer en force.

« Ici y a pas de drive, y a pas de night-shop, quand ça capte ça coupe :

on est pas venu ici pour rien. Y a ceux qui sont nés là, y’ a ceux qui

ont débarqué il y a trente ans, ou bien il y a cinq ans, mais les

manières de vivre, elles se transmettent. Ici on va chez ses voisins

quand on a quelque chose à leur dire, c’est ça la politesse. Ici quand

il commence à pleuvoir, on sait qu’on est parti pour des semaines, et

qu’on sera entre nous. Les gens qu’il soient nos copains ou pas, on vit

avec. Le voisin on le reconnaît au bruit de moteur de sa voiture, de son

tracteur. C’est nous le pays, c’est nous le paysage »

Même si la démocratie française a rarement autant ressemblé à une

dictature, dans les coins de pays où des gens se connaissent, se font

confiance, prennent le temps de penser ensemble , le gouvernement échoue

à faire respecter ses ordres et insuffler sa peur.

Ici sur le Menez Du il y a 4 générations engagée.

Pas besoin de 2, 3 ou 4G pour nous connecté !

On est La !

et l’antenne n’y serait pas !




Source: Brest.mediaslibres.org