Octobre 6, 2021
Par Squat.net
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L’hĂŽtel de ville de Koungou, deuxiĂšme commune la plus peuplĂ©e de Mayotte, a Ă©tĂ© la cible d’un incendie volontaire le soir du lundi 27 septembre 2021, aprĂšs des manifestations contre la destruction d’un bidonville comprenant environ 350 habitations. Alors que l’atmosphĂšre Ă©tait plus Ă  l’émeute qu’à a simple manifestation, des barricades (notamment prĂšs de la maison d’arrĂȘt de Majicavo) et des affrontements avec la flicaille ayant cours, le feu a dĂ©marrĂ© dans trois voitures garĂ©es sur le parking de la mairie, avant de se propager au bĂątiment principal et Ă  une annexe en construction qui devait accueillir une cafĂ©tĂ©ria. Les pompiers se sont rendu sur place pour Ă©teindre le feu, escortĂ©s par les forces de l’ordre.

Peu auparavant, le bĂątiment de la police municipale a lui aussi fait l’objet d’une tentative d’incendie. Mais le voisinage a averti rapidement les policiers municipaux qui ont malheureusement limitĂ© les dĂ©gĂąts.

Dans la journĂ©e du lundi, sentant le vent de la rĂ©volte arriver, la mairie avait autorisĂ© ses employĂ©s Ă  quitter le travail plus tĂŽt, alors que le lancement de l’opĂ©ration de dĂ©molition des 350 habitations du bidonville de Caro BolĂ© depuis 5h30 du matin crĂ©ait rapidement quelques remous, nĂ©cessitant une mobilisation importante des forces de l’ordre. Plus d’une centaine de gendarmes anti-Ă©meutes sont arrivĂ©s sur place, Ă©paulĂ©s par des membres du GIGN, des vĂ©hicules blindĂ©s et un hĂ©licoptĂšre de la section aĂ©rienne de gendarmerie de Pamandzi.

Si certain·e·s habitant·e·s ont acceptĂ© d’ĂȘtre relogé·e·s (dans des conditions qui nous sont inconnues), d’autres ont refusĂ© les propositions de la prĂ©fecture de Mayotte et ont menacĂ© de s’en prendre aux agents municipaux et Ă  l’hĂŽtel de ville de Koungou.

CĂŽtĂ© France mĂ©tropolitaine, le parti de l’ordre est bien en place, puisque le ministre des Outre-mer SĂ©bastien Lecornu a dĂ©clarĂ© sur Twitter: «Je condamne les actes de violence inadmissibles qui ont eu lieu cette nuit [lundi 27 sept.] Ă  Koungou Ă  Mayotte. Les forces de sĂ©curitĂ© sont dĂ©terminĂ©es Ă  rĂ©tablir l’ordre. J’assure au maire et Ă  ses Ă©quipes tout mon soutien. Nous continuerons Ă  lutter contre l’habitat illĂ©gal malgrĂ© ces actions».

Dans la journĂ©e du lundi 27 septembre, quatre habitant·e·s ont Ă©tĂ© interpellé·e·s et placé·e·s en garde Ă  vue pour avoir jetĂ© des pierres sur les agents chargĂ©s de la dĂ©molition. Et une vingtaine de personnes en situation irrĂ©guliĂšre ont Ă©tĂ© interpellĂ©es pour ĂȘtre conduites au centre de rĂ©tention administrative en vue d’une expulsion vers leur (prĂ©tendu) pays d’origine.

Le mardi 28 septembre, les travaux de dĂ©blaiement du bidonville de Caro BolĂ© se sont poursuivis, sous la surveillance des gendarmes mobiles et d’un Ă©quipage en vĂ©hicule blindĂ©.

La destruction de ce bidonville fait de cases en tĂŽle auto-construites par leurs habitant·e·s est justifiĂ©e comme souvent par la construction de 500 logements sociaux. Logements sociaux qui ne bĂ©nĂ©ficieront vraisembablement pas aux personnes expulsĂ©es ce jour-là
 Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2021, au moins 955 habitations ont Ă©tĂ© dĂ©truites Ă  Mayotte, dont 200 Ă  Koungou en fĂ©vrier dernier. Et Ă  l’époque dĂ©jĂ , des troubles avec barrages routiers s’étaient produits.

La propriĂ©tĂ© privĂ©e n’a pas fini de dĂ©clencher des rĂ©voltes.

[Sources: Le Parisien | Clicanoo & Le Monde.]




Source: Fr.squat.net