Septembre 4, 2021
Par Le Monde Libertaire
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L’État islamique fasciste chiite au pouvoir en Iran, depuis sa prise de pouvoir en fĂ©vrier 1979, a instaurĂ© peu Ă  peu la terreur au nom de la « rĂ©volution » contre les individus et les groupes sociaux engagĂ©s dans la dissidence. Soumis Ă  une Inquisition politico-religieuse et suite Ă  la fermeture de toutes les institutions scientifiques et Ă©ducatives, le pays a progressivement plongĂ© dans une douloureuse pĂ©riode de tĂ©nĂšbres de l’histoire moderne de l’Iran.

Depuis cette date, outre la rĂ©pression, la torture et le meurtre de milliers de dissidents, jeunes et vieux, dans la rue, on compte deux gĂ©nocides dans les prisons au cours des Ă©tĂ©s 1981 et 1988. Le premier massacre en 1981 visait principalement les organisations communistes et de gauche, et le second en 1988 visait surtout l’« Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran », islamique chiite, (Mojahedin Khalq) et d’autres organisations de gauche Ă©galement.

La rĂ©solution 598 du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU de cessez-le-feu entre Khomeini en Iran et Saddam Hussein en Irak prenait fin le 18 juillet 1987. Un an plus tard, l’ayatollah Khomeini Ă©tait contraint d’accepter cette rĂ©solution, avec la cĂ©lĂšbre phrase : “Je bois de cette coupe de poison”.

Selon un plan vindicatif et prĂ©mĂ©ditĂ©, d’une part par colĂšre face Ă  la dĂ©faite et d’autre part pour sauver le systĂšme islamique du risque d’effondrement, Khomeini cherchait une opportunitĂ© de trouver un bouc Ă©missaire. .

Le 26 juillet 1988, Mojahedin Khalq lança une invasion avec le soutien des forces militaires lourdes de Saddam Hussein contre le régime de Khomeini depuis la frontiÚre orientale irakienne. A cause de cette attaque militaire, Khomeini déclencha son premier plan de revanche et publia un décret fasciste, qui disait entre autres points :

« … DÉTRUISEZ TOUS LES ENNEMIS DU SYSTÈME ISLAMIQUE, AVEC TOUTES LES RÉSERVES DISPONIBLES, IMMÉDIATEMENT ET SANS AUCUNE PITIÉ. »

C’est Ă  partir de lĂ  ,qu’à l’étĂ© 1988, un groupe secret du nom de « ComitĂ© de la Mort » a Ă©tĂ© constituĂ© avec des reprĂ©sentants du pouvoir judiciaire [Jafar Nayeri], le procureur gĂ©nĂ©ral [Morteza Eshraqi], le ministre du Renseignement et de la sĂ©curitĂ© [ Mostafa Pour-Mohammadi] et l’actuel « PrĂ©sident » EBRAHIM RAISI. Raisi Ă©tait Ă  l’époque procureur gĂ©nĂ©ral adjoint de TĂ©hĂ©ran, et joua un rĂŽle clĂ© dans ce massacre.

Pour trier et regrouper les prisonniers politiques selon leur statut, ils devaient répondre à quelques questions « simples » devant le Comité de la mort , par exemple :
– Priez-vous Dieu ?
– Acceptez-vous le systùme islamique ?
– Maintenez- vous votre appartenance politique ?

Selon la rĂ©ponse de chaque prisonnier, le « ComitĂ© de la mort » les classait dans diffĂ©rents groupes dans l’attente leur exĂ©cution, c’est au bas mot cinq mille prisonniers politiques qui ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s au cours de l’étĂ© 1988. Beaucoup ont Ă©tĂ© enterrĂ©s dans des cimetiĂšres secrets, dont le « cimetiĂšre de Khavaran », au sud-est de TĂ©hĂ©ran. Il constitue l’une des preuves Ă  charge les plus accablantes et incontestables contre l’État islamique chiite au pouvoir en Iran.

Pourtant, trente-trois ans aprĂšs, ces massacres commis par l’État islamique au pouvoir en Iran sont restĂ©s dans l’ombre, quelle que soit le gouvernement, intĂ©griste ou rĂ©formiste. Les acteurs du systĂšme capitaliste mondial, en raison de leurs intĂ©rĂȘts dans la coopĂ©ration et l’entente avec l’État capitaliste en Iran, gardent un silence inhumain au sujet de cette tragĂ©die pour prĂ©server leurs relations politico-Ă©conomiques.

Hamid Nouri (dit Abbasi), nĂ© en 1961, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© le 9 novembre 2019 Ă  l’aĂ©roport international d’Arlanda, au nord de Stockholm (SuĂšde). Il est l’un des auteurs du classement des prisonniers politiques pour torture et exĂ©cution et des massacres dans la prison de Gohar-Dasht Ă  Karaj, Ă  l’ouest de TĂ©hĂ©ran, en Iran. Il travaillait alors comme procureur adjoint sous supervision directe du « ComitĂ© de la mort ».

Heureusement, Hamid Nouri sera enfin traduit devant le tribunal correctionnel de Stockholm le 10 aoĂ»t 2021, accusĂ© de « crime de guerre contre l’humanitĂ© » et de « meurtre prĂ©mĂ©ditĂ© ». Il doit ĂȘtre reconnu responsable de son comportement barbare Ă  l’étĂ© 1988.

PAS D’OUBLI, PAS DE PARDON !

LA LUTTE CONTINUE !

Traduction de l’anglais. Monica Jornet, groupe Gaston CoutĂ© FA




Source: Monde-libertaire.fr