Avril 21, 2016
Par Kedistan
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KEDISTANKEDISTAN30 avril à Nantes : Journée de rencontres de femmesCombattant étranger au Rojava« Toz bezi » d’Ahu Öztürk ravive le Festival d’IstanbulMerhaba Hevalno mensuel n°3 | Avril 2016Sevil Sevimli sera re-jugéeSur, Diyarbakır (Amed) un rapport accablantNi concert, ni meeting pour Grup Yorum !Possession de magazines satiriques : condamnés !HRW : Arrêtez de tirer sur les réfugiés !Rojava : chroniques ordinaires du front #8ZAD NdDL : Yıldızlara doğru | Vers les étoiles !Reportage avec Faysal SarıyıldızDersim : une grotte devenue maisonLe choeur des gardes : « AAEEEOOAA ! » Mizah Haber #30Roi et Sultan se congratulent à Ankara

http://www.kedistan.net Le petit magazine qui ne se laisse pas caresser dans le sens du poil Wed, 20 Apr 2016 20:32:39 +0000 fr-FR hourly 1 http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/cropped-goz-boncuk-perle-oeil-32×32.pnghttp://www.kedistan.net 32 32 http://www.kedistan.net/2016/04/20/nantes-femmes-rencontres/ Wed, 20 Apr 2016 20:26:35 +0000

30 avril à Nantes : Journée de rencontres de femmes


Vous êtes invités, samedi 30 avril, au Centre Culturel Kurde de Nantes, à une journée de rencontres de femmes, afin de découvrir et de tisser des liens entre le mouvement des Femmes Libres du Kurdistan et les réseaux de femmes et féministes de l’Ouest de la France. La journée, nous aurons des présentations et des discussions entre […]

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Vous êtes invités, samedi 30 avril, au Centre Culturel Kurde de Nantes, à une journée de rencontres de femmes, afin de découvrir et de tisser des liens entre le mouvement des Femmes Libres du Kurdistan et les réseaux de femmes et féministes de l’Ouest de la France.

La journée, nous aurons des présentations et des discussions entre femmes, puis le soir nous convions tout le monde à une soirée de découverte de la culture Kurde, dont les bénéfices seront envoyés au projet de reconstruction de Kobanê par le mouvement des femmes. (voir programme plus bas)

Cette rencontre est organisée conjointement par ZIN 441, l’association de femmes issue du Centre Culturel Kurde de Nantes et des femmes du Collectif de la ZAD de NDdL en solidarité avec la lutte au Kurdistan2. Interviendront également des membres du Collectif Soldarité Femmes Kobanê3.

Le mouvement des femmes au Kurdistan, que ce soit au Bakûr (Kurdistan nord; au sud-est de la Turquie) ou au Rojava (Kurdistan ouest; au nord de la Syrie), a gagné une puissance incroyable, en construisant petit à petit une solidarité et une entre-aide concrète entre les femmes, et en se battant au sein du mouvement de libération kurde pour instaurer un rapport de force. Il a su ouvrir grand ses portes à toutes les femmes, tout âges et religions confondues, cassant de fait les divisions que le patriarcat a créé depuis des millénaires. Les femmes qui ont pris les armes pour se défendre et pour défendre leur communauté disent haut et clair qu’elles luttent pour la libération des femmes, de toutes les femmes, et que leur combat dépasse les frontières créées par les États-Nations patriarcaux. Elles lancent un appel à toutes les femmes à s’organiser et se battre pour détruire le patriarcat et tisser des liens entre les femmes.

Depuis l’été 2015, l’État turc a re-déclaré la guerre contre le peuple Kurde, et la violence s’intensifie ces derniers temps faisant écho des années sombres 1980-90. Dans ce contexte, le mouvement des femmes au Bakûr se bat encore une fois sur deux fronts : elles organisent leur propre auto-défense dans les quartiers assiégés et attaqués par l’armée et la police, et parallèlement elles continuent à construire leur mouvement, en préparant les temps de paix.

De façon similaire, le pari que les femmes font au Rojava est celui de s’organiser pour combattre le système patriarcal -qui est à la base même de la guerre qui déchire la Syrie depuis cinq ans- et ce, malgré la guerre incessante et les enjeux géo-stratégiques des grandes puissances autour de la région. Renforcer le mouvement des femmes dans ce contexte est, non seulement un énorme pied de nez au régime dictatorial de Bachar al-Assad, aux djihadistes qui ont récupéré la rébellion, aux puissances qui essaient de se répartir le gâteau, mais c’est aussi la construction d’une solidarité concrète entre les femmes en lutte à travers le monde
dans une dynamique révolutionnaire.

C’est dans cet esprit que nous vous invitons à nous rassembler le samedi 30 avril, pour échanger sur le mouvement de Femmes Libres du Kurdistan et, plus concrètement, sur le projet des femmes pour la reconstruction de Kobanê.

La rencontre aura lieu sur Nantes, au Centre Culturel Kurde (impasse La Rabotière – St Herblain). La journée est réservée exclusivement aux femmes : sont les bienvenues toutes les personnes se reconnaissant comme femmes ou ayant eu un vécu de femme. La soirée de réception est ouverte à tout le monde. Les deux repas seront offerts à prix libre. Les bénéfices de la rencontre seront versés au projet de reconstruction des femmes à Kobanê.

N’hésitez pas à relayer ce courrier à vos amies et camarades !

30 avril de 9h30 à 22h
au Centre Culturel Kurde de Nantes
impasse de la Rabotière – Saint Herblain
(sortie du périph Porte de St Herblain)

Programme

Le matin (9h30-13h) 

> PRÉSENTATION DU MOUVEMENT DES FEMMES LIBRES DU KURDISTAN

  • Histoire du mouvement des femmes au Kurdistan (par Zin 44)
  • Actualités au Bakûr (par la délégation de femmes parties rejoindre les célébrations du 8 mars)
  • Discussion : sous quelles formes peut-on mettre en œuvre notre solidarité avec le mouvement des femmes du Kurdistan ?

L’après-midi (15h-18h)

> ATELIER-DISCUSSION AUTOUR DU PROJET « FEMMES » DE RECONSTRUCTION À KOBANÊ (animé par le collectif Solidarité Femmes Kobanê)

La soirée (19h-22h)

RÉCEPTION D’INAUGURATION DE ZIN44 (l’association de femmes Kurdes de Nantes), avec danses kurdes et buffet.

Vous pouvez télécharger le flyer ICI.


Précisions sur les différents collectifs :

  1. ZIN 44
    Association créée pour partager/faire découvrir l’idéologie de lutte de libération de la femme, créée par le mouvement du peuple kurde et ayant la capacité d’englober LA FEMME peu importe ses origines ses croyances etc… en défendant ses droits primordiaux et en plus en redonnant sa place au sein d’une nouvelle image de la société imprégnée de l’entre-aide/le partage/la vie ensemble…
  2. Collectif de la ZAD de Nddl en solidarité avec le Kurdistan
    Nous sommes un groupe de gens qui s’intéressent au mouvement de lutte au Kurdistan, et qui suivons de près les derniers épisodes de guerre déclaré par l’État turc [cf. bulletin Merhaba Hevalno]. Depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes où nous vivons, nous essayons de tisser des liens avec le mouvement révolutionnaire kurde et les personnes et collectifs qui s’y intéressent [cf. déclaration d’autonomie]. Nous y trouvons source d’inspiration pour nos luttes, et nous souhaitons renforcer la visibilité de ce mouvement au-delà des frontières, et mettre en pratique notre solidarité envers les résistant.e.s kurdes.
    Nous portons une attention particulière au mouvement des Femmes Libres du Kurdistan, et c’est ainsi que certaines d’entre nous avons été à Paris rencontrer le collectif Solidarité Femmes Kobanê, qui nous a ensuite rendues visite sur la zad. Et de là est né l’idée d’élargir ce moment de rencontres.
  3. Le collectif Solidarité Femmes Kobanê [site internet], constitué de femmes Kurdes (de Turquie et d’Iran) et de féministes habitant la région parisienne, est né dans l’urgence de la guerre que menaient les Kurdes à Kobanê contre Daesh. Très vite, elles ont décidé de partir en délégation au Kurdistan (côté turc) à la rencontre du mouvement des femmes. Depuis, elles se sont lancées dans le projet ambitieux de coordonner le soutien logistique et financier du projet de reconstruction de Kobanê porté par le mouvement des femmes. Ce projet consiste en une place des femmes, au centre-ville, autour de laquelle plusieurs bâtiments abriteraient une académie des femmes, un centre de soin, un lieu d’accueil pour victimes de violence, des espaces d’organisation, etc.

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http://www.kedistan.net/2016/04/19/video-combattant-etranger-rojava/ Tue, 19 Apr 2016 14:50:58 +0000

Combattant Ă©tranger au Rojava


Voici une vidéo témoignage d’un combattant étranger qui balaie toutes sortes de questions, au delà des mythologies que l’on pourrait construire sur les YPG. La publication de cette vidéo complète les « chroniques du front », par un regard dont l’angle est davantage politique. Qu’est-ce qui peut pousser un militant « anticapitaliste » à rejoindre les combattants kurdes au Rojava ? […]

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Voici une vidéo témoignage d’un combattant étranger qui balaie toutes sortes de questions, au delà des mythologies que l’on pourrait construire sur les YPG. La publication de cette vidéo complète les « chroniques du front », par un regard dont l’angle est davantage politique.

Qu’est-ce qui peut pousser un militant « anticapitaliste » à rejoindre les combattants kurdes au Rojava ? La démarche repose-t-elle sur l’idée que les combats au Moyen Orient agissent comme une « charnière » politique et sont inséparables des luttes ici ? Ou le « romantisme révolutionnaire » ici en Europe, noyé par la consommation et l’individualisme, agit-il comme ressort d’engagement pour le restaurer ?

Autant de questionnements « en l’air » qui de fait s’effacent et prennent une dimension bien plus concrète dans les propos de cette vidéo.

Les images du « combattant », des « héros et martyres », comme celles, parfois sexistes, des « jolies combattantes en uniforme », publiées ici sur les réseaux sociaux, dans des publications papier, contribuent à relier entre eux des romantismes révolutionnaires qui iraient des brigades internationales espagnoles, en passant par l’icone du Che, jusqu’aux Peshmergas et YPG, pour faire rapide. Ces différents contextes politiques, qui ont fort peu de liens entre eux, parlent ainsi de « lutte armée internationaliste » et pourraient faire oublier que derrière cette « défense forcée et contrainte », il existe des projets politiques et des processus de changement pour y parvenir, aux antipodes du fusil et de la kalachnikov. Interroger un combattant pour le faire parler de politique, c’est vouloir reparler des buts et non des moyens, contraints par la guerre et ses instigateurs, dont nos gouvernements respectifs sont les soutiens intéressés. C’est aussi l’entendre expliquer que même dans le combat armé, l’organisation combattante obéit aux lois de l’avenir commun pour la paix, et non à celles de la guerre et du militarisme.

Pour des raisons évidentes, le militant ne tient pas à être reconnu dans l’environnement qu’il a laissé ici, pour protéger ses proches de toutes sollicitations inopportunes, voire de difficultés que créeraient les autorités policières. Merci à Raphaël Lebrujah, qui fait partie des auteurs invités réguliers de Kedistan et auteur de cette vidéo qui l’introduit ainsi :

« Lors de mon voyage récent au Rojava, j’ai réalisé cette vidéo sur place avec un combattant étranger que j’ai interviewé. Cette vidéo détaille en partie le fonctionnement interne des YPG, tel qu’il est perçu  par l’un de ses membres étrangers« .

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http://www.kedistan.net/2016/04/19/film-toz-bezi-ahu-ozturk/ Tue, 19 Apr 2016 13:50:19 +0000

« Toz bezi » d’Ahu Ă–ztĂĽrk ravive le Festival d’Istanbul


La 35ème édition du Festival d’Istanbul vient de terminer. Le 15 avril, les cinéastes récompensés ont reçu leur prix.« Toz bezi » (Chiffon à poussière) réalisé par Ahu Öztürk est récompensé plusieurs fois… Cette année le Festival était plutôt atone. D’une part, parce que le climat de psychose provoqué par l’attentat du 19 mars qui a emporté 4 personnes lors […]

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La 35ème édition du Festival d’Istanbul vient de terminer. Le 15 avril, les cinéastes récompensés ont reçu leur prix.« Toz bezi » (Chiffon à poussière) réalisé par Ahu Öztürk est récompensé plusieurs fois…

Toz Bezi Cette année le Festival était plutôt atone. D’une part, parce que le climat de psychose provoqué par l’attentat du 19 mars qui a emporté 4 personnes lors d’une explosion suicide a pesé. D’autre part parce que déjà l’année dernière, la censure du film Bakur (North) de Çayan Demirel et Ertuğrul Mavioğlu, par le Ministère de la Culture avait déjà un peu refroidi les spectateurs habituels et certains ont boudé le festival.

La cérémonie des prix s’est déroulée au Centre de Congrès de Haliç. Jeyan Ayral Tözüm, Şerafettin Gür, Suzan Avcı ve Perran Kutman ont reçu des prix d’honneur. Le prix de Ülkü Erakalın, décédé récemment a été pris par son fils Murat.

Décidémment la star du 2016 fut « Toz bezi ». Sa réalisatrice, en prenant la « Tulipe d’Or » de meilleur film, s’est exprimée dans un discours émouvant :

Je prends ce prix, pour le chemin qui part des mères qui gardent le cadavre de leurs enfants morts à Şırnak, et qui va jusqu’à [l’universitaire] Meral Camcı, qui dit au revoir à son enfant à l’étranger, avant de rentrer au pays pour aller en prison.

Si les guerres frappent avant tout les femmes et les enfants, ce sont les femmes qui installeront la paix.

Toz bezi » a été primé également pour l’interprétation d’Asiye Dinçsoy, pour le scénario de Ahu Öztürk. « Le froid de Kalandar » est dans le palmarès. Mustafa Kara, meilleur réalisateur, Haydar Şişman, meilleure interprétation masculine, ainsi que les prix des meilleures direction artistique et fiction. Doğan Duru a reçu le prix de meilleure musique pour le film « Tarla » (Le champs). Et un prix spécial du Jury a été offert à Barış Kaya ve Soner Caner pour le film « Rauf ».

Quant aux prix internationaux, le film du réalisateur mexicain Rodrigo Plá « Montre à mille têtes » a été couronné de la Tulipe d’Or du meilleur film, et « L’enfance d’un leader » de Brady Corbet a reçu le prix spécial du Jury.

Les prix « Seyfi Teoman » pour les court-métrages et documentaires ont également été décernés. « Salı » de Ziya Demirel, meilleur court-métrage, « Cemil Şov » de Barış Sarhan, mention spéciale. « Sois prêt », le documentaire de Onur Bakır et Panagiotis Charamis a reçu le prix du meilleur documentaire international, « Ötekiler » (Les autres) d’Ayşe Polat, une mention spéciale. Le meilleur premier film a été décerné à Emre Konuk, pour son film « Çırak » (L’apprenti).

Nesrin et  Hatun, deux femmes de ménage… Des ouvrières que beaucoup ignorent, donc quasi invisibles.

En faisant la navette entre leur vie de misères et la richesse qu’elles croisent chez des autres, Nesrin et Hatun essaient de comprendre la vie et de trouver leur propre chemin. Nesrin, abandonnée par son mari, lutte contre sa solitude, et essaye de se frayer un chemin avec sa fille de cinq ans. Quant à Hatun, elle a un mari, mais c’est une ombre. Elle trime pour gagner de l’argent, rêvant d’acheter une maison dans un quartier où elle fait des ménages. Alors que c’est elles qui subviennent aux besoins de leurs foyers respectifs, elle subissent aussi la domination des hommes.

Avec des rêves et attentes si différentes, pourtant en affrontant les mêmes démons, est-il possible que ces deux femmes encerclées, puissent se tenir l’une à l’autre, pour avancer dans la vie, tant bien que mal.

« Toz bezi », met en scène avec un réalisme cinématographique efficace, l’indifférence et le mépris que Nesrin et Hatun subissent, révèle cela comme un réflexe de classe de la part de la classe moyenne, et fait une remarquable critique de celle-ci au travers des relations de leurs employeurs avec les deux femmes.


TOZ BEZI 

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Drame | 1:39 | Turkish / Kurdish (VO), English (ST), German (ST) |
Réalisation et Scénario : Ahu Öztürk | Cinematographer: Meryem Yavuz | Directeurs artistiques : Aslı Dadak, Barış Yıkılmaz | Costumes : Seda Yılmaz | Assistant  : Ulaş Parlakyıldız | Chef électricien : Ceyhun Parlak | Monteur : Ali Aga | Son : Mustafa Bölükbaşı | Mix : Arne Dammann | Chargé de Production : Kaan Kurbanoğlu | Producteur : Çiğdem Mater (TR), Nesra Gürbüz (TR), Stefan Gieren (DE) | Casting : Asiye Dinçsoy (Nesrin), Nazan Kesal (Hatun), Serra Yılmaz (Ayten), Didem İnselel (Aslı), Mehmet Özgür (Şero), Asel Yalın (Asmin), Yusuf Ancu (Oktay), Gökçe Yanardağ (Ferda)


Traductions & rédaction par Kedistan. | Vous pouvez utiliser, partager les articles et les traductions de Kedistan en précisant la source et ajoutant un lien afin de respecter le travail des auteur(e)s et traductrices/teurs. Merci.
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http://www.kedistan.net/2016/04/19/merhaba-hevalno-3-avril-2016/ Tue, 19 Apr 2016 00:22:03 +0000

Merhaba Hevalno mensuel n°3 | Avril 2016


Nous voudrions, en publiant ce bulletin Merhaba Hevalno, mettre en mots et en acte notre solidarité avec les mouvements de résistance au Kurdistan. EDITO Ce dernier mois a été marqué au Bakûr (Kurdistan nord, en Turquie) par la levée partielle de couvre-feu et de siège dans certaines villes qui l’étaient depuis décembre, on pense à Sur et […]

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Nous voudrions, en publiant ce bulletin Merhaba Hevalno, mettre en mots et en acte notre solidarité avec les mouvements de résistance au Kurdistan.

EDITO

Ce dernier mois a été marqué au Bakûr (Kurdistan nord, en Turquie) par la levée partielle de couvre-feu et de siège dans certaines villes qui l’étaient depuis décembre, on pense à Sur et Cizre notamment.

Cela a permis à une grande partie des survivant.e.s, qui s’étaient réfugié.e.s chez des proches, de revenir et voir de leurs propres yeux la dévastation causée par les forces de police et de l’armée sur leurs maisons et leurs quartiers. « C’est pire que Kobanê ! » disent beaucoup de gens. Les quartiers qui avaient déclaré leur autonomie sont réduits à des ruines. À Kobanê, c’était les guérillas qui se battaient contre Daesh ; dans ces villes ce sont les civils qui se sont battus et qui se sont fait massacrer par l’État. Par ailleurs, les attaques reprennent à nouveau contre les villes de Nusaybin (province de Mardin), de Gever/Yüksekova (province de Hakkari), de Şırnak et de Silopi (province de Şırnak, dans laquelle se trouve également la ville de Cizre) ; les jeunes des YPS et YPS-Jin résistent courageusement et empêchent pour l’instant les forces de l’État de rentrer dans leurs quartiers.

À Cizre et Sur, les cadavres sont encore chauds, les proches n’ont pas encore eu l’occasion de faire le deuil, que les pelleteuses protégées par les blindés de la police sont déjà en pleine activité. Elles sont occupées à ramasser des tonnes de gravats dans lesquels se trouvent des corps ou des membres, pour les jeter dans le Tigre. Ensuite elles nivellent le sol et préparent les gros chantiers qui visent à remplacer les quartiers historiques des Kurdes, rasés par les bombes, par des barres d’immeubles bien plus contrôlables par l’armée. Au déplacement forcé de centaines de milliers de Kurdes vient se rajouter la tentative de les remplacer par une population favorable à l’AKP. Nous relayons dans ce numéro un texte qui analyse ce « génocide culturel et social » à travers le cas de Sur, centre ville historique d’Amed/Diyarbakır.

Depuis de nombreux mois, on parlait déjà de « génocide politique » pour décrire les vagues d’arrestations massives de militant.e.s et surtout des femmes et hommes
politiques du parti BDP, élu.e.s co-maires dans les villes Kurdes ; cette répression ne cesse toujours pas. Cette interdiction de fait du parti sera sûrement un jour annoncée officiellement. On commence sans doute à entrevoir une tentative de génocide tout court de la population Kurde et en particulier de la population qui ose résister. Deux autres articles illustrent cela : une interview d’un député HDP présent à Cizre tout le long du siège donne plus de précisions de l’intérieur sur comment se sont déroulés ces derniers mois d’attaques brutales par l’État ; puis un communiqué d’une délégation de femmes parties de France pour rejoindre le mouvement des Femmes Libres
dans leurs célébrations du 8 mars témoigne des politiques de terreur de l’État, particulièrement contre les femmes qui luttent.

Malgré la guerre psychologique menée par l’État turc, les célébrations du 8 mars (journée mondiale des femmes) et celles du Newroz le 21 mars (fête du printemps pour les Kurdes et d’autres peuples du Moyen-Orient) ont bien eu lieu. L’État avait interdit la plupart de ces rassemblements, ou alors avait fait courir la rumeur d’alertes à la
bombe, mais dans la plupart des cas, les célébrations se sont déroulées, certes avec moins de monde que les années précédentes, mais avec autant de détermination. Le Newroz est un jour de fête et un jour de lutte ; on célèbre par les danses et le feu symbolique la lutte à un point de non-retour, de devoir venger les « martyrs », et de rendre les coups au bourreau. C’est ainsi que le haut commandant des guérillas du PKK, Murat Karayılan, annonce la reprise des actions des guérillas : « Le printemps est arrivé, les HPG [Forces de Défense du Peuple] doivent intervenir maintenant. Par contre, cette intervention ne devrait pas impliquer d’entrer dans les zones urbaines. Elle devrait plutôt soutenir depuis les montagnes la résistance de la jeunesse Kurde sous le parapluie des YPS [Unités de Défense Civile] ». Il faut donc s’attendre à ce que les prochains mois, la guerre augmente encore d’un cran. Une guerre civile se profile-t-elle ?… Pour s’y préparer, le PKK a passé une alliance avec différents groupes révolutionnaires armés de Turquie pour faire front commun contre l’État turc (et son allié, Daesh).

De l’autre côté de la frontière, en Syrie, les différentes armées impliquées dans la guerre n’ont pas l’air de vouloir y mettre un terme non plus, et les puissances coloniales régionales et mondiales tentent de s’accorder sur les miettes à se répartir. Par contre, le mouvement politique impulsé par le système confédéral mis en place au Rojava (Kurdistan oriental), auquel se sont alliés plusieurs groupes du nord de la Syrie, en particulier des Arabes, prône une issue à cette guerre à travers la proposition d’une Syrie confédérale. En ce qui concerne leur région, il.les viennent d’annoncer la création de la Fédération du Nord de la Syrie. Quant aux Kurdistan du Başur (en Irak) et du Rojhilat (en Iran), nous n’avons toujours pas beaucoup d’informations à transmettre. Le seul article que nous avons sélectionné critique le modèle du Gouvernement Régional Kurde (au Başur), et particulièrement sa capitale, Erbil, devenue le symbole du capitalisme à l’occidentale dans la région.

Encore une fois, nous ne pouvons pas terminer sans parler de la responsabilité des États européens qui collaborent ouvertement avec le gouvernement turc à travers leurs « accords de la honte » comme le titre un communiqué du Conseil Démocratique Kurde de France. De même, nous avons voulu vous présenter brièvement la collaboration française avec la Turquie en matière de « sécurité »…

Ce bulletin mensuel autour de l’actualité du Kurdistan est notamment rédigé depuis la ZAD de NDDL, mais pas seulement ! Un certain nombre de camarades de Toulouse, Marseille et d’ailleurs y participent…

Pour nous contacter : actukurdistan(a)riseup.net

Sommaire :

  • Une délégation de femmes au Kurdistan
  • Sur, génocide culturel et social
  • Cizre est maintenant comme Kobanê et Shengal
  • La fédération démocratique du Rojava
  • L’allié tactique préféré de tout le monde : les Kurdes
  • Quels sont les calculs des Kurdes au Rojava
  • Les griffes du capitalisme au Kurdistan Sud
  • Pourquoi la France laisse faire le génocide
  • Les accords de la honte entre l’UE et Etat fasciste turc
  • Autour du Newroz
  • Glossaire et plus…

* Pour télécharger le pdf cliquez ICI et enregistrez le document.

Merhaba Hevalno mensuel n°3 | Avril 2016 by Kedistan

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http://www.kedistan.net/2016/04/18/sevil-sevimli-sera-re-jugee/ Sun, 17 Apr 2016 22:37:30 +0000

Sevil Sevimli sera re-jugée


Alors qu’elle participait à un échange Erasmus en Turquie, l’étudiante lyonnaise Sevil Sevimli avait été arrêtée le 10 mai 2012, pour des liens supposés avec le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), une organisation d’extrême gauche considérée illégale en Turquie et proche de la cause kurde. Elle est accusée de participation à une cérémonie commémorative […]

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Alors qu’elle participait à un échange Erasmus en Turquie, l’étudiante lyonnaise Sevil Sevimli avait été arrêtée le 10 mai 2012,
pour des liens supposés avec le Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), une organisation d’extrême gauche considérée illégale en Turquie et proche de la cause kurde.

Elle est accusée de participation à une cérémonie commémorative sur la sépulture d’Ali Yıldız (militant alévi), diffusion de la revue de gauche Yürüyüs, vente de billets pour le concert du groupe Yorum, réputé pour son engagement à gauche, qui a pourtant réuni 350 000 spectateurs pour ce concert autorisé, rencontre avec des dirigeants du syndicat Egitim-Sen pour la projection d’un documentaire, apposition d’affiches revendiquant la gratuité de l’enseignement et apposition d’une affiche appelant au rassemblement du 1er mai, dans l’enceinte du restaurant universitaire d’Eskisehir et de participation à la marche, tout à fait légale, du 1er mai à Istanbul. Bref, l’accusation porte sur ses « activités militantes » comme démocrate et humaniste de gauche.

Sevil a toujours clamé son innocence et nié toute implication avec le DHKP-C, assurant qu’elle s’était rendue en Turquie, dans le cadre d’un échange universitaire Erasmus, et uniquement pour découvrir davantage la culture de ses parents kurdes, installés en France depuis 30 ans. Ayant la bi-nationalité, elle est considérée comme Turque par la justice et encoure 32 ans de prison.

Après 3 mois d’incarcération, Sevil avait été libérée le 6 août, mais avec interdiction de quitter le territoire turc et placement sous contrôle judiciaire. Après une bataille médiatique portée par une solide vague de soutien dont une pétition qui a recueilli plus de 126 mille signatures, le 20 février 2013, Sevil était rentrée chez elle, à Belleville-sur-Saône.

A son retour ses soutiens et sa famille avaient crié de joie mais ils se doutaient que la justice turque n’allait pas en rester là. Sevil pensait qu’elle avait été autorisée à quitter le territoire turc, car son cas, médiatisé, faisait trop de bruit pour que puisse continuer l’acharnement judiciaire. Mais le « calme » revenu, celui-ci est relancé.

Ses doutes étaient fondés.

Nous apprenons aujourd’hui que la Cour de Cassation a refusé la demande d’acquittement de Sevil, pour les 5 ans 2 mois et 15 jours de peines de prison, dont elle avait écopé pour « avoir fait la propagande du DHKP-C et pour avoir commis des délits en leur nom ». La Cour a accepté la demande du procureur en charge du dossier qui jugeait cette peine « insuffisante ». Elle va donc être jugée de nouveau, sur la demande de la Cour de Cassation pour « appartenance directe au DHKP-C ». La première audience est prévue pour le 22 avril prochain à Bursa.

A suivre…

Un autre exemple d’acharnement judiciaire est celui de Pınar Selek, sociologue, écrivaine, féministe et antimilitariste. Suite à un attentat à la bombe dans le bazar égyptien (Mısır Çarşısı) à Istanbul en 1998, Pınar Selek avait été incarcérée pendant deux ans et demi, avant d’être acquittée trois fois pour manque de preuves. Malgré les expertises conduites par le tribunal et l’attribution de l’explosion à une fuite de gaz, le procureur avait obtenu qu’elle soit rejugée en 2013, soit quinze ans après les faits. Pınar a été de nouveau acquittée une quatrième fois le 19 décembre 2014…

Dans ces dernières années, le système judiciaire sous pression, a été remanié pour remplir ses rangs de partisans d’Erdogan, afin d’être plus « efficace » au service du pouvoir AKP.

Sevil n’est pas la seule étudiante qui a vécu ce genre d’expériences, et pendant tout son parcours judiciaire, elle n’a jamais cessé de le souligner. De nombreux étudiants, mais aussi des journalistes, caricaturistes, mais aussi des militants, des maires… ou encore des gens tout à fait ordinaires, criant juste un peu fort leur mécontentement, sont régulièrement inquiétés, s’ils ne sont pas déjà derrière les barreaux.

Nous avons vu aussi récemment avec Jan Böhmermann, que là où la justice turc aux ordres d’Erdogan ne peut pas décider, Erdogan fait jouer son bras, et que par exemple Merkel cède et donne « son autorisation » pour que le parquet engage une procédure contre un satiriste pour « insulte à un représentant d’un Etat étranger » selon l’article 103 du code pénal.

Dans le même temps, sur un plan plus « parlementaire », la procédure de levée d’immunité des élus du HDP est engagée, et pourrait conduire à arrêter et accuser de « complicité avec la terreur », une partie entière du Parlement turc. Faute d’avoir une majorité constitutionnelle pour interdire un parti, on en emprisonne les élus, locaux ou nationaux, et ses militants responsables…

Dans le cas précis de Sevil Sevimli, on ne peut que prendre les devants sur une éventuelle attitude du gouvernement français.

Dans sa fureur à traquer le « terroriste » partout, et sa constance à condamner le PKK par exemple, ou réprimer les manifestations de soutien aux Kurdes, comme à Paris, Nantes, il montre son attachement à soutenir l’accord UE/Turquie. Les allers retours du ministre de l’Intérieur, et les négociations bi latérales sur la coopération policière, pourraient déboucher sur des « gages » à donner au régime AKP, en dehors de ceux déjà apportés avec le quasi arrêt dans le soutien logistique aux combattants kurdes syriens contre Daech, quels que soient les dires d’un premier ministre.

Vigilance accrue donc pour Sevil Sevimli, et opposition totale à toute possible relation policière et judiciaire franco turque à son encontre !

Avec solidarité !

* Vous pouvez aussi lire l’article :
« A propos de l’affaire Sevil Sevimli et de la « liste noire » de l’Union européenne » d’Etienne Copeaux sur Susam-Sokak.


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http://www.kedistan.net/2016/04/17/sur-rapport-amed/ Sat, 16 Apr 2016 23:07:13 +0000

Sur, Diyarbakır (Amed) un rapport accablant


Un rapport accablant sur les dommages causés au patrimoine culturel du fait des opérations militaires menées par les forces armées turques dans le district de Sur, coeur historique de la ville de Diyarbakır (Amed en kurde). Rappelons que toutes les grandes institutions internationales se sont « émues » de la présence de Daech dans la vieille ville […]

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Un rapport accablant sur les dommages causés au patrimoine culturel du fait des opérations militaires menées par les forces armées turques dans le district de Sur, coeur historique de la ville de Diyarbakır (Amed en kurde).

Rappelons que toutes les grandes institutions internationales se sont « émues » de la présence de Daech dans la vieille ville de Palmyre, et que nous cherchons encore la trace de protestations officielles, concernant un patrimoine ici en l’occurence classé UNESCO. Seuls quelques architectes et historiens amoureux du quartier intra muros ont à notre connaissance réagi.

Ce rapport publié récemment par la Mairie métropolitaine de Diyarbakır porte sur les dommages causés au district intra muros, dans le cœur historique de la ville antique de Diyarbakir, durant le couvre-feu imposé par les autorités turques sur ce district à compter du 2 décembre 2015.

Il décrit le niveau des destructions, plus particulièrement celles affectant le patrimoine culturel, étant précisé que le couvre-feu sur le district est toujours en vigueur.

Fondé sur des observations de terrain faites durant une suspension du couvre-feu pendant 17 heures, le 11 décembre 2015, ainsi que sur des images publiées par la presse nationale et les autorités turques après le rétablissement du couvre-feu, ce rapport constitue une première évaluation de l’atteinte irréversible causée à l’inestimable patrimoine culturel et historique de Diyarbakır.

Nous publions à notre tour ce rapport qui doit être porté à la connaissance de tous. Et pour ce faire, en deux versions, française et anglaise, avec l’aimable autorisation des auteurs (pour la traduction française un grand merci à Laura).

La lecture en est assez longue, mais il contient aussi de nombreux documents et photographies.

Le tout, en complément de l’article précédent  génocide culturel

 (Amed) Rapport Avril 2016 by Kedistan

english version

 (Amed) Report April 2016 by Kedistan

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http://www.kedistan.net/2016/04/16/concert-grup-yorum/ Sat, 16 Apr 2016 19:33:03 +0000

Ni concert, ni meeting pour Grup Yorum !


Vous connaissez peut être déjà le Grup Yorum (‘yorum’ veut dire ‘interprétation’ en turc). Il a été fondé en 1985 par des étudiants pour réagir au coup d’Etat militaire de 1980. Rapidement, il devient ‘the’ groupe de musique qui symbolise et porte l’opposition, la lutte pour la liberté et les droits. La musique du Grup Yorum, mêle avec […]

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Vous connaissez peut être déjà le Grup Yorum (‘yorum’ veut dire ‘interprétation’ en turc).

Il a été fondé en 1985 par des étudiants pour réagir au coup d’Etat militaire de 1980.

Rapidement, il devient ‘the’ groupe de musique qui symbolise et porte l’opposition, la lutte pour la liberté et les droits. La musique du Grup Yorum, mêle avec saveur contestation et mélodies traditionnelles.

Le groupe avait programmé un concert à İstanbul sur la place de Yenikapı pour le dimanche 17 avril, c’est à dire demain.

Leur demande d’autorisation, au bout de 45 jours d’attente, avait été rejetée par la Mairie de la Métropole d’Istanbul sans aucun motif.

Les membres du groupe expliquaient hier : « Ils nous ont donné une réponse du genre ‘le concert n’a pas été considéré approprié’… Aucuns détails pour expliquer, « approprié à quoi ». Il s’agit d’une décision partisane. Nous avons alors décidé de faire une demande de ‘meeting’ et nous avons fourni les documents nécessaires. Par ailleurs nous continuons les préparations pour le concert. »

grup yorum concert

Aujourd’hui, à la veille de la date retenue, leur demande de meeting a été également rejetée.

Il n’est pas utile de préciser que ces interdiction de concerts ne sont pas rares… Au delà des interdictions, les membres sont régulièrement inquiétés, et il arrive aussi que « le fait d’être allé au concert de Grup Yorum » ou d’avoir distribué des flyers pour le concert peut être considérés comme « preuves » dans divers procès, ou encore puisse être motif de licenciement…

Les membres du groupe précisent que l’AKP ne veut que personne ne sorte dans la rue : « Nous n’allons pas nous rendre à la psychose qu’ils veulent créer »

Groupe Yorum a fait un appel depuis les réseaux sociaux :

Nous ne reconnaissons pas cette décision d’interdiction. L’AKP a pris toutes les places à son monopole. Le dimanche 17 avril, toutes les places d’Istanbul seront à nous. Nous invitons, nos fans, les révolutionnaires, les progressistes, les démocrates, les socialistes, à aller sur les places écouter Grup Yorum dans des bus, métro, et bateaux.

Site Internet | Twitter  | Facebook Grup Yorum et Grup Yorum

Les places, les rues, les avenues nous appartiennent !
Transformons le pays en un lieu de concert géant.
RDV le dimanche 17 avril à 15h

Coude à coude contre le fascisme de l’AKP !
A bas le fascisme, vive notre lutte !
Grup Yorum est le peuple, il ne pourra pas être muselé !

tweets grup yorum

Kedistan fait donc écho à leur demande… de concert debout.

La célèbre chanson des mondines, ces saisonnières piémontaises, émondeuses et repiqueuses de riz qui travaillaient dans les rizières de la plaine du Pô, au XIXème siècle, et qui devint le chant des partisans italiens, fut traduite par les célèbres Grup Yorum en 1987 pour leur album Haziranda Ölmek Zor (Qu’il est difficile de mourir en juin).

Çav bella

Bir sabah vakti uyandığımda Çav Bella
Elleri bağlanmış buldum yurdumu
Her yeri eller altında
Doğacak güneş açacak çiçek Çav Bella
Gelip gecenler diyecek merhaba
Merhaba ey güzel çiçek
Sen de partizan beni de götür Çav bella
Beni de götür kendinle dağlarıma
çekemem tutsaklığı
Eğer ölürsem ben partizanca Çav Bella
Sen beni sakla her iki elinle
Ellerinle toprağıma

Un matin quand je me suis réveillé, Bella Tiao 
J’ai trouvé mon pays mis en main
Ses quatre coins sous la main
Le soleil se lèvera, la fleur s’ouvrira Bella Tiao 
Les passants le salueront
Bonjour belle fleur
Partisane, emmène moi avec toi
emmène moi aussi sur mes montagnes
Je ne supporterai pas d’être esclave
Si je meurs comme un partisan Bella Tiao 
Cache moi de tes deux mains,
dans ma terre.

En bonus, voici une playlist où vous trouverez plus de 200 chansons du Grup Yorum.

Et l’intégral du grand concert du 2010 pour les 25 ans du groupe, à Istanbul, stade Inönü. 3 heures de musique !



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http://www.kedistan.net/2016/04/16/possession-magazines-satiriques-delit/ Sat, 16 Apr 2016 19:04:06 +0000

Possession de magazines satiriques : condamnés !


Un procès qui considère comme « preuve », la possession de magazines satiriques, s’est terminé le 12 avril : 2 étudiants écopent de 7 ans et 6 mois de prison pour être « membres d’organisation », et 22 personnes, 10 mois de prison, pour avoir participé à une commémoration du massacre de Roboski, considérée comme « propagande terroriste ». Non, […]

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Un procès qui considère comme « preuve », la possession de magazines satiriques, s’est terminé le 12 avril : 2 étudiants écopent de 7 ans et 6 mois de prison pour être « membres d’organisation », et 22 personnes, 10 mois de prison, pour avoir participé à une commémoration du massacre de Roboski, considérée comme « propagande terroriste ».

Non, vous ne rêvez pas, c’est aujourd’hui, dans la Turquie « sûre » d’Erdogan, tant vanté comme ami par les démocrates européens.

Le 15 janvier dernier, à Kayseri, 24 personnes dont 23 étudiants de l’Université Erciyes étaient placés en garde à vue. 7 des personnes arrêtés étaient accusés d’être membre d’organisation terroriste et 17 de faire de la propagande pour elle. [organisation terroriste, vous le savez lecteurs et lectrices, signifie, quand on connaît le tabou qui pèse sur la langue turque « officielle », membre du PKK, et non pas barbu de chez Daech]

Il s’agissait donc de leur procès. Les « accusés » avaient participé à une conférence de presse et une commémoration du massacre de Roboski  (Le 28 décembre 2011, les avions de l’armée turque ont bombardé et tué 34 jeunes, à la frontière de la Turquie-Irak. Depuis, les responsabilités n’ont jamais été établies, aucun responsable n’a jamais été inquiété.)

Les étudiants présents à la conférence de presse qui s’est déroulée donc le 28 décembre 2015, devant les locaux du HDP avaient scandé des slogans. Leurs slogans sont également cités dans le réquisitoire comme « délits » :
« Les assassins rendront des comptes au peuple », « La colère des mères noiera les assassins » et « De Sur à Cizre, la résistance est partout ».

Le dossier comprend aussi des « preuves »….

Des livres et des écrits, dont des magazines satiriques, saisis lors de perquisitions dans les résidences des étudiants en font partie. Par exemple deux exemplaires du magazine satirique Uykusuz, trouvés en leur possession… Les magazines satiriques en question sont des hebdomadaires, qui poursuivent leur parution et que n’importe qui peu acheter dans n’importe quel kiosque…

Extrait du dossier :
« (…) il a été perquisitionné : un exemplaire du magazine intitulé Uykusuz, un exemplaire d’Uykusuz dont la première page commence par « la 4ème période de l’AKP a commencé après une courte pause » et la dernière page se termine par « Je déclare sans honte », un exemplaire de roman intitulé Klinge Serhede, publié pas les éditions Nübital, la phrase « La victoire appartient à ceux qui y croient » écrit en lettre unique sur chaque page, sur des papiers en couleurs, un petit carnet sur lequel est écrit « Van a froid, ne reste pas sans voix » [campagne pour envoyer vêtements et couvertures] et dans lequel il y a des écritures en kurde, une Bible publiée aux Editions Yeni Yasam, un exemplaire du livre interdit « Génocide » d’Abdullah Öcalan. »

Voici les couvertures des magazines satiriques dont la possession serait un « délit » :

uykusuz magazines satiriques
Ahmet Davutoglu : « Ne vient pas, ne vient pas, il a donné son vote, il est devenu gentil garçon »
[Couverture d’Uykusuz après les élections. Allusion aux voitures ‘Toros blanches’ de sinistre mémoire qui servaient aux escadrons de la mort pour terroriser les populations dans les années 1990] Numéro du 5 Novembre 2015
uykusuz magazines satiriques
Que fait le MIT ? [RG turcs]
– « Qu’est-ce qu’il s’est passé ici les gars ? »
– « Ah ben voilà, le MIT est arrivé aussi. »
Numéro du 15 Octobre 2015

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HRW : Arrêtez de tirer sur les réfugiés !


Le groupe Human Rights Watch (HRW) appelle la Turquie à cesser les tirs sur les réfugiés syriens. Amnesty avait fait de même, dénonçant l’accord avec l’UE qui qualifiait la Turquie de pays « sûr ». HRW avait annoncé fin mars que 16 réfugiés syriens dont 4 enfants avaient été tués par les militaires turcs, en précisant que ce n’était […]

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Le groupe Human Rights Watch (HRW) appelle la Turquie à cesser les tirs sur les réfugiés syriens. Amnesty avait fait de même, dénonçant l’accord avec l’UE qui qualifiait la Turquie de pays « sûr ».

HRW avait annoncé fin mars que 16 réfugiés syriens dont 4 enfants avaient été tués par les militaires turcs, en précisant que ce n’était que les cas « officiellement enregistrés », et qu’il y avait bien plus.

Le journal britannique The Indépendant, relaie les propos de Gerry Simpson, chercheur responsable sur les réfugiés du HRW :

« La Turquie répond aux civils qui fuient des combattants de Daech, avec des tirs à balles réelles. »

Un des réfugiés hébergé à Ikdah apporte son témoignage :

Nous avons quitté le camp, et nous avons avancé vers le Nord en traversant les oliviers qui se trouvent sur la frontière turque. Nous étions environ deux mille personnes.

Quand nous nous sommes rapprochés de la frontière, nous avons vu les soldats turcs positionnés sur la colline en haut du mur. Ils ont commencé à tirer sur nous. Alors nous avons fait volte face et nous nous sommes dispersés dans tous les sens.

J’ai pris ma famille et nous sommes allés dans un autre camp qui s’appelle El Rayan. Nous avons peur parce que Daech est proche de ce camp.

Il n’y a rien qu’on puisse faire.

Dans les dernières 48 heures, 30 mille réfugiés ont été obligés de changer de lieu à cause des affrontements entre Daech et les « groupes insurgés » dans le Nord d’Alep, qui se poursuivent, malgré le cessez le feu provisoire.

Des informations faisaient état par contre, d’une non réaction de l’armée turque, alors que d’anciens villages se trouvaient ré-occupés sur sa zone frontalière par des djihadistes, à moins de 1 km, dans ce même couloir qui mène d’Alep à la Turquie.

La Turquie applique donc à la lettre les termes de l’accord disant qu’elle se fait le garant de l’Europe, pour mettre fin à l’exode des réfugiés de guerre syriens, mais à sa manière.

Des voix se sont déjà élevées pour dénoncer toutes les reconduites à la frontière, en violation totale de toutes les conventions, tout comme pour mettre à jour les tirs à vue sur les réfugiés en provenance de Syrie, puisque le gouvernement turc les assimile dans cette zone à des « Kurdes syriens ».

Rajoutons que la Turquie n’a jamais ratifié la partie de la convention concernant la demande d’asile des réfugiés hors continent européen, et que les Syriens n’ont de ce fait aucun droit international reconnu sur le sol turc, comme beaucoup d’autres migrants climatiques, économiques, ou réfugiés des guerres mêlés.

Non, la Turquie n’est pas un pays « sûr » pour les réfugiés, on ne le répétera jamais assez. Encore moins pour tout réfugié kurde, qui pourrait être renvoyé de Grèce, ou arrêté à la frontière syrienne.

Les dirigeants européens devront un jour rendre des comptes sur ces dizaines de milliers de disparus en mer, d’enfants perdus parce que morts ou enlevés en route, du fait de leurs décisions iniques de transformer l’Europe en forteresse, pour conserver leurs pouvoirs respectifs. Y ajouter le paiement d’un bourreau présenté comme fréquentable, les rendra un jour complices de crimes de guerre.

Ces décisions lâches et opportunistes contre tous les réfugiés, ne feront que conforter cette part des dites « opinions publiques » qui finiront par leur préférer la bête originale nationaliste qui monte, raciste, xénophobe et guerrière.


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http://www.kedistan.net/2016/04/16/rojava-chroniques-ordinaires-du-front-8/ Fri, 15 Apr 2016 23:36:58 +0000

Rojava : chroniques ordinaires du front #8


Des combattants internationalistes au Rojava détaillent leur présence sur le front, semaine après semaine… Et parfois il y a des trouvailles, par exemple un amusant butin de guerre… Le 7 avril 2016 J’en profite aujourd’hui pour vous envoyer quelques photos de reliques de Daech prises après la reprise par les YPG et YPJ de Cédade. Dans cette […]

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Des combattants internationalistes au Rojava détaillent leur présence sur le front, semaine après semaine… Et parfois il y a des trouvailles, par exemple un amusant butin de guerre…


Le 7 avril 2016

J’en profite aujourd’hui pour vous envoyer quelques photos de reliques de Daech prises après la reprise par les YPG et YPJ de Cédade.

Dans cette ville il semble qu’il y avait une importante communauté de barbu(e)s francophones…

Petit programme qui en fait est tout un programme. Ce qui est clair c’est que DAECH tant au combat que dans sa vie privée est pétri de rigueur et de volonté. Cette détermination leur a permis d’avoir la suprématie sur tous les autres en Syrie et en Irak excepté les YPG et YPJ qui ont cette même détermination.

rojava trouvailles daech 02 front

Louange semble-t-il d’une fille à son père. Vu de mon côté, à la teneur du propos, effectivement j’ai confirmation que l’on peut vendre son âme au diable.

rojava trouvailles daech 7

Réflexion sur la calomnie et la médisance. Vu de mon côté et compte tenu du comportement des barbus avec leurs pairs et ceux qui n’y sont pas affiliés, il n’y aurait donc pas d’autre choix que de la boucler et de subir.

rojava trouvailles daech 5 front

Edition du sens des versets du Coran en français par un check du Niger et édité en Arabie Saoudite.

rojava trouvailles daech 1 front

Les couleurs, les fruits on ne peut être plus explicite.

rojava trouvailles daech 8 front

Badge de DAECH porté par certains combattants.

rojava trouvailles daech 6 front

Bouteille d’eau à l’effigie d’ISIS !

rojava trouvailles daech 3 front

C.C.


Hors quelques reportages, il n’est pas simple de se faire une idée du quotidien d’unE combattantE des YPG-YPJ au Rojava. Lorsqu’il s’agit de volontaires étrangers, ces reportages prennent parfois des tournures incongrues, dérivant vers la fascination des armes.
Par ailleurs, il est bien évident que des informations d’ordre purement militaires ne peuvent faire l’objet de publications tous azimuths. Là, des « volontaires internationalistes » nous ont proposé de diffuser leurs notes personnelles prises au jour le jour, pour relayer leur propre carnet de bord. Nous avons accepté, tout en sachant qu’il nous était impossible de vérifier ces informations. Nous vous livrerons donc de façon brute « une chronique de guerre au Rojava ». Kedistan se fera donc un simple vecteur de publication de ces notes, respectant la subjectivité et le style de leurs auteurs.
Voir chroniques précédents ici : Chroniques du front

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http://www.kedistan.net/2016/04/15/zad-nddl-yildizlar-etoiles/ Fri, 15 Apr 2016 18:43:03 +0000

ZAD NdDL : Yıldızlara doğru | Vers les étoiles !


9 Temmuz tarihini ajandanıza not edin. O gün Notre Dame des Landes, ZAD otonom bölgesinde bayram var ! Hep birlikte yıldızları yeniden ışıldatacağız. Gün aydınlık, gece açık olsun, ya da genelde olduğu gibi çamurda yürüyelim farketmez… Gökyüzüne renk ve ışık saçılacak. O gün hep birlikte 500 balon uçuracağız. Bir tek bu değil, ertesi gün de […]

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9 Temmuz tarihini ajandanıza not edin. O gün Notre Dame des Landes, ZAD otonom bölgesinde bayram var ! Hep birlikte yıldızları yeniden ışıldatacağız. Gün aydınlık, gece açık olsun, ya da genelde olduğu gibi çamurda yürüyelim farketmez… Gökyüzüne renk ve ışık saçılacak.

O gün hep birlikte 500 balon uçuracağız. Bir tek bu değil, ertesi gün de çeşitli etkinlikler ve sürprizler düzenlenecek. 7-8 temmuz tarihlerinde, yani şenlikten önceki iki gün, değişik atölyelerde hazırlıklar yapılacak. Türkiye’den gelmek isteyenler, uyku tulumlarınızı çadırlarınızı hazırlayın. Program belirlendiğinde, bilgileri iletmeye devam edeceğiz.

Sanatçı Michel Bernard ona yardım eden arkadaşlarla çalışmalarına başladı bile.

ballons nddl michel bernard 6

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ballons nddl michel bernard 1

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ballons nddl michel bernard 3

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ballons nddl michel bernard 4

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ballons nddl

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ballons nddl michel bernard 2

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Ve tabii ki yalnız değiller. Dünyanın değişik yerlerinde verilen mücadelelerin sesi var. Fide Elias Castro  uçan balonun Meksika’lı ustası ZAD’a geliyor. Brezilya’dan « uçan inekler » gelecek. Gökyüzüne ve arkadaşlarına kavuşmak için sabırsızlanan bir inek şu anda ZAD’da gün sayıyor… Sivens ZAD’ında katledilen Rémi Fraisse için de özel bir anma balonu olacak.

Türkiye’deki benzer mücadelelerin sözcülüğünü de Kedistan’ın beyaz kedisi üstlendi. Tabii ki Kuzey Ormanları Savunması ile elele, bir balondan « Her yer ZAD! » diyecekler.

Yaşasın uluslararası dayanışma
ZAD her yerde !


ballon nddl zadLe 9 juillet, la ZAD de Notre Dame des Landes, la lutte et la solidarité vont s’élever vers le ciel pour rallumer les étoiles. La nuit pourra être claire, elle pourra être boueuse, peu importe… Son ciel sera parsemé de couleurs et de lumières.

500 ballons dont certains portant des slogans vont s’envoler ce jour là. Mais ce n’est pas tout, il y aura bien d’autres activités et surprises le lendemain. Le 7 et 8 juillet, des ateliers sont programmés. Nous relaierons les infos dès qu’elles seront disponibles.

L’artiste Michel Bernard s’est déjà mis au boulot avec le soutien d’autres copines copains.

Un maître de la construction de ballons volants, Fide Elias Castro viendra du Mexique. Des vaches volantes viendront du Brésil. Un hommage à Rémi Fraisse sera également réalisé. Le chat blanc de Kedistan, la main dans la main avec KOS, (Kuzey Ormanları Savunması – La défense des Forêts du Nord en Turquie) représenteront la solidarité avec la ZAD depuis la Turquie et bien sûr les luttes similaires menées là-bas…

Vive la convergence des luttes !
Vive la solidarité internationale !
La ZAD est partout !


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Reportage avec Faysal Sarıyıldız


Faysal Sarıyıldız, député de Şırnak du HDP, est actuellement en Allemagne pour le lancement de la campagne de « parrainage de familles » pour Cizre. Il apporte des précisions sur ce qui s’est déroulé sur Cizre, et la situation actuelle.  Reportage d’Ayfer Turhallı réalisé à Cologne publié en turc sur ANF News le 12 avril Türkçe metin : Sarıyıldız: Cizre, Madımak, Maraş, Çorum, […]

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Faysal Sarıyıldız, député de Şırnak du HDP, est actuellement en Allemagne pour le lancement de la campagne de « parrainage de familles » pour Cizre. Il apporte des précisions sur ce qui s’est déroulé sur Cizre, et la situation actuelle. 


Reportage d’Ayfer Turhallı réalisé à Cologne
publié en turc sur ANF News
le 12 avril


Türkçe metin :

Sarıyıldız: Cizre, Madımak, Maraş, Çorum, Sivas, Roboski yapıldı
Ayfer Turhallı – Röportaj | ANF News


Etiez-vous à Cizre depuis le début du couvre-feu, ou vous y êtes-vous rendu sur place plus tard ?

 page_hdpli-faysal-sariyildiz-bu-sizinle-son-konusmamiz-olabilir_134100631Avant que cela ne commence, j’étais à l’étranger pour une visite. Nous devinions plus ou moins ce qui allait se passer. Suite aux signes apparus sur les réseaux sociaux, l’ordre de retrait des enseignants par sms, nous savions que le couvre-feu allait être mis en place. C’était une situation évidente.

Quant au sujet d’être acteur à Cizre, là-bas, il y a de grandes résistances, des prix très lourds payés pour cela, des personnes qui donnent leur vie. Je serais gêné de me retrouver au premier plan. Ma présence est juste, pour communier avec celles et ceux qui se trouvent là-bas, m’imprégner de la même atmosphère, partager la même ardeur. Sinon je sais ma place, et je suis bien sûr conscient que le respect doit aller au peuple de Cizre, à la résistance de Cizre et la fière attitude de Cizre.

Partant de ce point, pourquoi Cizre a attiré autant de haine ?

Si on remémore le déroulé, les enseignants ont été retirés deux jours avant, par un ordre communiqué par SMS, en prétextant une formation interne. Ce n’était pas une façon de faire ordinaire pour cette période. J’avais précisé déjà à cette période, via les réseaux sociaux, qu’il s’agissait d’une « tentative de massacre aseptisé ».

Quant à la question « pourquoi Cizre ?», Cizre est depuis toujours, une ville qui possède des réflexes sociaux. Si Botan est le centre du Kurdistan, Cizre est le centre de Botan. Et tout au long de l’Histoire, elle est un centre important pour les Kurdes. Une ville qui a joué un rôle précurseur dans le mouvement populaire kurde. Encore, une ville qui compte pour la lutte de la libération kurde. C’est à dire que Cizre est de toujours, un des endroits les plus politiques du Kurdistan. Dans les années 90, cette ville a vécu de nombreux assassinats dont les suspects restent toujours « inconnus », ses villages ont été expulsés, brûlés. Elle est aujourd’hui, une des villes où l’Etat souhaite établir sa domination. Par conséquent, Cizre a eu une position de précurseur. Depuis Cizre, un sale message a été donné à notre peuple. Et cela a été fait en usant de l’oppression et de la persécution peut être les plus systématisées de ce siècle.

cizre 79 jours mars 2016 fatih pinar 9

Vous avez parlé du fond à la fois historique et actuel. Quand on regarde sous l’angle des années 90, et il s’agit d’un passé récent, il y a la réalité de cette époque, des villages brûlés, des meurtres non résolus, les puits. Ceux qui étaient victimes, à Cizre étaient-ils les mêmes couches populaires ? C’est à dire, étaient-ils les enfants des générations des années 90 ?

Tout Cizre était un cible. Le HDP a obtenu, [lors des élections de juin 2015], 90% de votes et le reste était celui des fonctionnaires. Toutes les couches de la société ont pris leur place dans la lutte politique. Dans les « sous-sols de la sauvagerie« , tout le monde y était, du bébé Miray, jusqu’à Hacı Ramazan à 70 ans. 250 personnes ont été massacrées, et la plupart de ces gens étaient des personnes qui avaient des familles. Il n’y avait pas seulement une partie de la population, il y avait toutes les couches populaires. L’Etat n’a pas fait de différence, il a tiré au hasard, tout a été cible sans hésitation, et les chars, les canons ont tiré partout. Par exemple les frères et soeur Mehmet et Büşra, 11 et 12 ans, Mehmet Veli Mujde, ont été massacrés dans des quartiers où il n’y avait pas de fossés, par des tirs de chars au hasard. Dans le quartier de Kale, un enfant de 11 ans a été tué. Les chars se sont positionnés sur les collines, et les tirs au jugé ont fait des victimes surtout dans des quartiers où il n’y avait pas de fossés. Une femme de 59 ans, a été massacrée également dans le quartier de Kale.

Une attaque de masse, une destruction de masse ciblent le peuple kurde. En partant du principe de l’interdit et de la pénalisation du crime de génocide de la convention de Genève du 1948, le fait qu’un peuple soit pris pour cible, de façon indifférenciée à Cizre, Sur, Silopi et maintenant à Gever et Şırnak, ne rentre-t-il pas dans la catégorie de « génocide » ?

Même si ce n’est pas un génocide au sens classique du terme, cela peut être défini par « génocide politique ». Cela peut être considéré comme une génocide postmoderne. Karbala cible un groupe religieux bien précis [chiites tués par les sunnites], Madımak, un groupe politique particulier. A Cizre un Madımak, Maraş, Çorum, Sivas, Roboski ont été simultanément réalisés. 80 de nos dépouilles n’ont pas pu encore être identifiées. Les corps sont mis en plusieurs parties. Dans les gravats, sous les épaves, on trouve encore des parties de cadavres. Suite à des tests ADN, on a trouvé les différentes parties d’un corps, une était à Antep, une à Urfa, et une autre est sortie de la rivière Tigre.

Ces sous-sols, bien qu’ils n’étaient pas loin de l’hôpital, à 5 minutes de route, il n’a pas été possible de les atteindre. Pendant qu’Erdoğan disait « Il n’est pas possible de les atteindre à cause des affrontements », les mères ont essayé d’y aller, et se sont rendues compte qu’il n’y avait pas d’affrontement. Les policiers et les militaires se baladaient tranquillement dans les rues. Les ambulances aurait pu parfaitement y aller. Il était évident que l’objectif était de massacrer en masse toutes les personnes qui s’y trouvaient. Dans le premier sous-sol, il y avait 31 personnes dont 6 blessés, notamment l’étudiant Cihan Karaman et la lycéenne Sultan Irmak. Ils avait pu prendre contact avec nous, la première fois le 22 janvier. Cihan et Sultan étaient blessés aussi. Nous avons essayé de joindre les autorités. En premier lieu, j’ai appelé 155 Police, ils n’ont pas répondu. Aucun d’entre eux [les autorités] nous a considéré comme interlocuteur.

De toutes façons, Erdoğan avait donné des instructions lors de la réunion avec les Gouverneurs « Vous n’êtes pas obligés de suivre la législation ». Il y a des circulaires portant le cachet officiel, envoyées aux autorités civiles. Ils ont dit « N’ayez pas crainte d’être jugés dans l’avenir ». Par conséquent, la liberté de faire ce qu’ils voulaient a été offerte à des personnes à caractère psychopathe. Ils ont voulu créer une peur psychologique avec la présence de personnes barbus, à apparence de Daech. A savoir, Erdoğan a dépêché sur place, tous les meurtriers des assassinats non résolus des années 90.

cizre 79 jours mars 2016 fatih pinar 6

Dans une de vos déclarations, vous aviez dit « Ils ont envoyé leurs assassins de 50 ans, aux cheveux blancs, ayant vécu des traumas dans les années 90 ». Selon vous, en y envoyant ces assassins, l’Etat turc, a-t-il obtenu ses objectifs ?

Là-bas, les cheveux blancs ont dispersé la mort. Le fait qu’ils détruisent 95% des meubles dans les maisons où ils pénètrent, les messages de contenu sexuel et sexiste qu’ils laissent dans les maisons, le fait qu’ils exposent les lingeries féminines, les cadavres de chats et de chiens accrochés aux plafonds sont les signes qui montrent leur état psychologique. Parce qu’il n’y a aucun mécanisme pour les inspecter ou juger. Ils pensent qu’ils s’en sortiront grâce à une immunité. Or il n’y a pas de mécanisme pour cela. Un ordre qui correspond à un crime ne doit pas être effectué, et le fonctionnaire qui l’effectue ne peut pas éviter d’être jugé. Il est jugé comme un criminel.

Bien que les déclarations officielles annoncent la levée du couvre-feu, on observe que ce n’est pas le cas. Concrètement, que s’est-il passé, que se passe-t-il ?

Le Ministre des affaires Intérieures, a annoncé que le couvre feu était levé le 60ème jour, mais dans les faits, il a été levé au 79ème jour. Pendant cette période, ils ont essayé de faire disparaître les preuves des crimes commis. Ils sont entrés avec les machines BTP, et pendant 20 jours, ils ont enlevé les gravats, fait disparaître les traces de crimes. Après la fin du couvre-feu, les deux immeubles dont les sous-sol étaient scène de sauvageries, étaient toujours debouts. Deux immeubles de cinq étages. Nous y sommes entrés. Ensuite, ils ont été entièrement détruits et les gravats on été jetés sur les bords du Tigre. Pendant 60 jours, de graves crimes de guerre ont été commis. Conscients du fait qu’ils aient commis des crimes qui apporteront un jugement historique, ils sont dans la panique de détruire les preuves, effacer les traces. Depuis le 79ème jour le couvre-feu est levé, mais il continue encore la nuit. Les pièces à conviction, les preuves ont été transportés par des camions. Mais malgré ces noircissements de preuves, leur sauvagerie est mise à la lumière du jour. Dans les gravats il y avait des parties de corps. L’accès nous étant interdit, sur les images enregistrées par les jeunes sur place, les organes d’une femme étaient visibles. Nous avons immédiatement porté plainte auprès du Procureur de la République. La réponse que nous avons reçu disait ceci : « Nous avons consulté les unités de sécurité. Ils nous ont informés qu’elles [parties de corps] appartiennent à des animaux. Nous ne trouvons donc pas nécessaire d’ouvrir un dossier d’enquête ». L’affaire a été close de cette façon.

cizre 79 jours mars 2016 fatih pinar 7

Avez-vous entamé des procédures à l’encontre des autorités civiles ?

Bien sur, nous avons essayé toutes les procédures, qu’elles soient administratives ou judiciaires. Nos demandes sont restées sans suite. Le Ministre de l’Intérieur avait dit « Nous allons ‘attribuer’ chaque quartier à une unité de police ». Vous savez, attribuer administrativement, est un terme sans âme, sans sentiment, utilisé pour des objets. Des personnes, un quartier et ses habitants, ne peuvent pas être attribués de cette façon. Ceci est la manifestation d’une philosophie, dominante, impérialiste et méprisante. Cette vision ne peut aboutir qu’à l’affrontement et à la guerre. C’est une situation qui viole la dignité humaine. Cela donne un avis sur la vision politique. Les Kurdes sont un peuple, ils veulent être considérés comme des êtres humains. Les Kurdes n’ont pas besoin de l’attribution administrative de l’Etat. On nous fait payer déjà le prix car justement nous refusons cette approche souverainiste à sens unique de l’Etat, et nous voulons être nous mêmes. Nous retournons le terme attribution. Il ne trouvera pas d’accueil parmi nous. Nous sommes un Peuple, qui a une culture, des valeurs, et de l’honneur, nous ne nous mettrons jamais à genoux.

Quel est le plan du gouvernement après cette étape, qu’est-ce qui va suivre ?

Le gouvernement a un plan, et il le suit étape par étape. Cizre est mis à terre. Avec une approche d’ingénierie il veut intervenir sur la structure des lieux, les tissus sociaux, et créer de nouvelles villes. C’est une méthode déterminée, intrusive, qui dénie la volonté des gens. Ceci porte un nom, le fascisme postmoderne. C’est un délit commis contre la structure des villes. C’est une méthode, qui ressemble à mettre des livres sur une étagère et chercher ce qu’on veut dans un répertoire. Ils veulent créer une telle ville, qui permet de retrouver ce qu’ils cherchent immédiatement. C’est une méthode qui n’est pas ouverte à des solutions mais à des problèmes.

A Silopi, l’Etat pensait « avoir résolu le problème », mais les affrontements ont de nouveau commencé. L’Etat doit savoir qu’il n’aura pas de résultats avec ces façons. Face à cela, nous allons donner plus de poids à la politique d’organisation démocratique. Parce que la reconnaissance de l’existence, de l’identité de la valeur de la population est nécessaire. Si l’objectif de l’Etat était de réparer, il n’adopterait pas ces méthodes. Son but n’est pas de réparer. Il a une approche de colonialiste qui veut redessiner les choses à son profit.

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Est-il question d’un Programme de réhabilitation kurde ?

Oui, absolument. Cela a été fait dans les premières années de la République par des méthodes brutes. Aujourd’hui, la même chose se fait par des méthodes postmodernes d’une façon aseptisée. Les mécanismes de désinformation, les outils de médias sont utilisés avec des moyens très complets. La perception est travaillée soigneusement. Les vérités sont transformées. Un exemple de ces derniers jours, est l’installation d’un camp de réfugiés [Quartier Terolar, à Maraş], sur des terres où des populations alévies vivent, pour y héberger des Arabes sunnites de Syrie. Nous ne sommes pas contre ce peuple. Nous respectons leurs droits. Mais, le souhait de ces gens est de rentrer dans leur pays. Il faut instaurer la paix en Syrie et rebâtir les conditions pour qu’ils puissent y retourner. Le respect se montre de cette façon. Ça ne marche pas en nourrissant Daech. Cela marchera en créant les conditions nécessaires pour que tous les peuples, toutes les couches de Syrie puissent vivre ensemble. Le gouvernement, n’a aucune soucis de ce type. Son soucis est le Rojava, la peur du Kurde, l’inquiétude qu’il ressent devant la nouvelle construction sociale au Rojava.

[Qu’on ne se méprenne pas sur ces propos. Le fédéralisme est le moyen politique de vivre ensemble entre communautés différentes, dans la reconnaissance des droits, non dans le déracinement, mais dans des histoires jusque là vécues côte à côte sur des territoires. Ce n’est pas possible quand il s’agit de déportations ailleurs, et principalement justement conçues pour diviser pour mieux régner.]

maras refugies alevi femmes

Cizre est géographiquement frontalier avec le Rojava. L’Etat regarde-t-il Cizre avec cette peur ?

C’est une peur qui provient de la proximité, non pas seulement géographique, mais aussi politique. Cizre a fait beaucoup de chemin en mettant en place ses institutions pour la reconstruction de la vie. Des assemblées civiles ont été constituées. Ceux qui sont morts dans les sous-sol étaient des membres de cette assemblée. C’était des personnes qui étaient depuis des années acteurs de la vie civile, qui de toute leur vie, n’avaient jamais pris une seule arme dans leur main. Cette proximité, ce lien, n’influence pas seulement les Kurdes, mais aussi la gauche de la Turquie, les révolutionnaires socialistes. Des Paramaz, des Sibel, des jeunes socialistes des peuples et des pays différents du monde, sont tombés à terre, dans la solidarité. Alors, pour Cizre, mais aussi pour Nusaybin, au delà de la proximité physique et géographique, la proximité politique est importante, c’est pour cela que le gouvernement agit comme cela.

Ils veulent donc installer des réfugiés arabes à la frontière ?

Ils ont commencé par le quartier Terolar, à Maraş. Ils ont ce projet. Nous ne sommes pas insensibles aux réfugiés. Je tiens à préciser de nouveau, pour qu’ils vivent dans des conditions égalitaires, ces conditions doivent être mises en place.

Nous ne permettrons pas le changement démographique, par les politiques d’hébergement de migrants déportés. Dans les années 1920, on arrivait peut être à quelques fins avec ces méthodes, mais en tant que représentants, nous ne le permettrons pas aujourd’hui. Cette méthode prend les réfugiés comme victimes. Ces terres ne sont pas compatibles à leur style de vie. Nous nous battrons contre ces politiques. A Pazarcık, les habitants ont montré leur réaction. Que cela se sache, un esprit prend naissance comme à Gezi, à Karatepe, on résiste et un expose une posture et une volonté de masse.

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La campagne de parrainage familial

Vous êtes actuellement en Europe, pourquoi ? Qu’attendez-vous du peuple kurde qui vit en Europe ?

Dans ce dernier mois, je suis venu en Europe trois fois. Les problèmes sont très lourds, très graves. Ici, il y a une population kurde très importante. Pour les mêmes raisons qu’aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes de notre peuple ont déménagé ici, auparavant. Cizre a vécu une destruction physique et psychique. Nous ne pouvons rien attendre de l’Etat qui a fait cette sauvagerie, nous le savons. en tant que peuple, nous devons donc panser nos blessures, nous mêmes. Notre attente de la part de la diaspora kurde est particulièrement importante. Il n’y a pas seul Cizre, mais aussi Sur, Farqîn (Silvan), Nusaybin, Gever (Yüksekova), Silopi, Şırnak. Nous avons commencé une campagne de solidarité, de parrainages de familles. Grâce à ce projet, chaque famille, va pouvoir protéger, soutenir, s’approprier une famille pendant un an. Il ne s’agit pas seulement d’une aide financière, mais c’est également un projet d’aide de réhabilitation. C’est un fort lien avec la diaspora. Les souffrances guérissent quand elles sont partagées. Des milliers de familles doivent se connecter.

cizre campagne aide

Il faut comprendre que ce projet fera du bien à notre peuple là-bas. Je voudrais donner un exemple. Orhan Tunç, le frère de Mehmet Tunç [Co Président du conseil populaire de Cizre, également mort dans un sous-sol], parle une dernière fois au téléphone avec sa mère. Elle lui dit qu’il vient d’avoir un fils. Orhan Tunç, dit à sa mère, comme un dernier souhait, « Appelez mon fils Bêkes » (esseulé). Il y a donc un sentiment comme ça. [Dans les sous-sols] eux, ils ont dit « Nous ne nous plierons pas devant la persécution » et ils ont résisté. Nous devons casser ce sentiment d’être bêkes, d’être abandonné. Notre peuple n’est pas bêkes.

Par ailleurs, nous nous sommes entretenus avec des organisations de la société civile en Allemagne et en Autriche. Nous avons discuté avec les représentants de trois partis autrichiens, et en Allemagne, nous avons rencontré des parlementaires.

Nous leur avons transmis, que ce ne sont pas seulement les villes kurdes qui sont détruites, mais qu’à travers ces crimes commis contre l’humanité, les valeurs communes de l’humanité sont prises pour cible. Pour l’instant, les politiques, surtout en Allemagne, réagissent avec leurs références politiques propres, ils ne voient pas l’aspect humain. Malgré cela, nous n’hésiterons pas à transmettre la situation. Les crimes contre l’humanité sont commis au Moyen Orient, au Kurdistan, et ne restent pas limités à cette région. Ils affectent toute l’humanité.


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Tous les témoignages s’accumulent, et tous mettent en lumière les crimes commis, crimes de guerre, crimes à caractère génocidaire, délibérés. Des ami(e)s de retour du Kurdistan Nord, fin mars, décrivent les mêmes horreurs, témoignent des mêmes visions des sous sols, et pourtant décrivent aussi les résistances sur place, et la vie qui veut s’imposer. A la fois parce que tous les témoignages seront autant d’archives pour que le « on ne savait pas » n’arrive pas un jour comme réponse à une demande de « justice », et parce qu’il est nécessaire de contribuer à la vie sur place, en tissant des solidarités et en informant, nous continuerons à relayer l’innommable. Et à le faire sans fard ni jargon convenu.

Et nous sommes aussi disponibles pour relayer l’information sur les initiatives concrètes, comme celles qui sont demandées ici, dès lors où elles ne seront pas que de simples faire valoir pour des partis ou organisations qui se sentiraient redevables pour leur bruyant silence remarqué jusqu’ici, mais de véritables engagements à agir et à susciter des actions.


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Cet article Reportage avec Faysal Sarıyıldız a été publié par KEDISTAN.

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http://www.kedistan.net/2016/04/13/dersim-grotte-maison/ Wed, 13 Apr 2016 14:22:17 +0000

Dersim : une grotte devenue maison


En 1994 Munsur et Emine Sünger ont vu leur village brûlé par l’armée turque. Ils ont été forcés de partir et leur retour n’a pas été autorisé. Leur histoire est commune à celle de nombreux villageois vivant sur des terres kurdes dans le Sud-Est de la Turquie. La commission de migration intérieure, fondée en 1997, déclarait dans […]

Cet article Dersim : une grotte devenue maison a été publié par KEDISTAN.

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En 1994 Munsur et Emine Sünger ont vu leur village brûlé par l’armée turque. Ils ont été forcés de partir et leur retour n’a pas été autorisé. Leur histoire est commune à celle de nombreux villageois vivant sur des terres kurdes dans le Sud-Est de la Turquie.

La commission de migration intérieure, fondée en 1997, déclarait dans son rapport de 1998, chiffres officiels du Préfet de l’état d’urgence : 378.335 personnes habitant 820 villages et 2.345 hameaux ont été forcées de « migrer ».

Un rapport de Human Rights Watch publié en 2002, intitulé « Déplacés et ignorés – L’échec du programme turc de retour au village » (Displaced ans disregarded Turkey’s Failing Village Return Program) notifiait que dans le Sud-Est de la Turquie, plus de 3000 villages avaient été effacés de la carte jusqu’en 1994 et 250 mille villageois avaient perdu leur foyer sans possibilité de retour.

tuncei dersim carte turquieLa famille Sünger vivait dans le village Dizik (Aujourd’hui Demirci), commune de Qısle (ou Nazimiye en turc) district de Dersim (Tunceli). Le petit village de Dizik est également connu comme l’endroit où Azime Demirtaş, une des combattantes kurdes légendaires a été tuée en 1981 au combat, et où se trouve son tombeau.

Les restes du village Dizik
Les restes du village Dizik

Quand on ne veut pas quitter son pays

Comme toute personne vivant proche de la terre, Munsur et Emine étaient attachés à la leur. Ils voulaient revenir, mais la réponse de l’Etat fut, « Le nombre de foyers et d’habitants n’est pas suffisant. Il n’y aura pas de routes ni de services. ». Alors le couple a tenu tête aux politiques de déportation de l’Etat, est revenu sur sa terre et s’est réfugié dans une grotte près du village. Ils ont réussi à construire une vie alternative, simple mais fonctionnelle. Une sorte de « décroissance » forcée.

Une grotte devenue maison

La grotte se trouvait près du ruisseau de Pülümür. Munsur raconte qu’il a construit dans un premier temps, un abri, en entourant l’entrée de la grotte d’un mur de pierres. Munsur et Emine ont reconstruit leur vie depuis, dans cette « maison » qu’ils nomment Ware Ma (notre foyer, ou notre maison, ou encore, notre plaine, notre pays… (Ware est un mot qui veut dire en langue zaza, l’endroit où on vit, du sens plus petit au plus large du terme).

La vie s’organise en harmonie avec la nature

Munsur est venu à Ware Ma en 2004 pour faire de l’apiculture. Ensuite il y a amené Emine et ils se sont installés dans cet endroit, en 2011, définitivement. Les enfants sont restés à Dersim.

Ils ont vécus pendant 3 ans sans électricité, en s’éclairant avec des bougies et lampes à gaz. Jusqu’à ce que Munsur puisse installer un système solaire. Maintenant leur électricité est fournie par la nature. L’eau vient par un tuyau installé à 300 mètres de la maison. C’est encore la nature qui leur donne leur eau. Munsur explique que malgré les difficultés, ils trouvent des solutions alternatives chaque fois pour concrétiser le retour à la vie et à la nature.

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Le troc est une solution

Le couple a travaillé la terre, arrosée par la générosité de la nature et par des canaux qu’ils ont fait. Un potager leur donne des légumes. Il n’est pas utile d’ajouter que tout est bio… Ils ont des poules, et 50 ruches. Avec leurs récoltes, le miel, les oeufs et les poules, ils arrivent à vivre en faisant du troc pour leurs besoins supplémentaires.

Des voitures qui passent sur la route de Dersim-Erzincan s’arrêtent pour prendre leurs productions et laissent en échange des produits dont ils ont besoin. Ils vivent ainsi d’une façon autonome.

Peur de se faire de nouveau expulser

C’est une région où les opérations militaires sont très régulières. Les routes de Pülümür et Dersim sont donc souvent fermées. Parfois ce n’est pas facile, mais le couple trouve que la vie est belle.

Munsur dit que la vie de village leur manque, et ajoute :

Nous voyons de nos propres yeux qu’il y a des opérations qui se déroulent. Mais nous ne savons pas qui fait quoi. Parce qu’ici il n’y a pas de loi. La vie est vécue selon des ordres. Le commandant, le Gouverneur, le Préfet donne chacun des ordres. Nous vivons sous les ordres des gens, mais pas avec des lois.

C’est pour cela que notre avenir est incertain. Il peut arriver qu’ils nous donnent l’ordre de partir. Le printemps est arrivé, nous voulons faire des choses. Mais toutes ces terres ont été déclarées interdites. Nous ne pouvons pas aller dans nos villages, dans nos cimetières. Nous avons fait des petites améliorations et nous avons reconstruit notre vie, mais on verra bien, quand ils nous vireront. Nous n’avons pas peur de vivre ici, nous arrivons à vivre tant bien que mal dans ces conditions. Notre peur est d’être de nouveau virés.

(DIHA)


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Le choeur des gardes : “AAEEEOOAA !” | Mizah Haber


Début mars, lors de la visite aux Etats Unis de Recep Tayyip Erdogan, ses gardes du corps ont fait usage d’une toute nouvelle technique pour « neutraliser » les protestataires qui scandaient des slogans hostiles lors des déplacements du « Sultan ». Après l’incident diplomatique de février, que les gardes avaient provoqué à Quito en Equateur, en tabassant les militantes qui manifestaient contre Erdogan, il fallait […]

Cet article Le choeur des gardes : « AAEEEOOAA ! » Mizah Haber #30 a été publié par KEDISTAN.

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Début mars, lors de la visite aux Etats Unis de Recep Tayyip Erdogan, ses gardes du corps ont fait usage d’une toute nouvelle technique pour « neutraliser » les protestataires qui scandaient des slogans hostiles lors des déplacements du « Sultan ».

Après l’incident diplomatique de février, que les gardes avaient provoqué à Quito en Equateur, en tabassant les militantes qui manifestaient contre Erdogan, il fallait bien qu’ils rusent pour trouver d’autres moyens offensif un peu moins voyants et détestables. Ils ont donc inventé une nouvelle arme fatale, entre cri de Tarzan et meuglement.

La trouvaille consiste donc à essayer de crier encore plus fort que les manifestants. Mais, ne sachant pas quoi dire, les slogans à la gloire de Tayyip étant un peu courts, les gardes ont hurlé quelquechose comme :

« Aaaaaeeeiooooo ! Aaaooouuiiiiaaaeee ! »

Cette « performance d’improvisation » a créé, sans pour autant permettre aux gardes de prendre le dessus sur les slogans « Erdogan assassin ! », une énorme vague de risées sur les médias et leurs voix résonnent encore très fort sur les réseaux sociaux.

Savourez une nouvelle fois ces moments « lyriques »…

Et regardez comment les chants des gardes de Tayyip ont vogué par dessus les océans jusqu’aux côtes turques.

Cette semaine, trois magazines satiriques turcs, ont consacré, sans se consulter, leur couverture au fameux refrain improvisé.

Nous découvrons dans les kiosques un joli « brelan de roi »

gardes erdogan aaeeiioo 1

Les gardes : « AAAEEEOOOAAAAAEEAA ! »
Erdogan : « C’est bon les enfants, ce n’est plus la peine de crier, nous sommes au dessus de la Turquie ! »

gardes erdogan aaeeiioo 2

Obama : « Je suis dérangé par les penchants anti démocratiques et anti liberté de presse en Turquie… Votre gouvernance fait dériver la Turquie vers une voie très inquiétante… »
Les gardes : « AAAAEEEÖÖÖ ! AOOOA… AAAÖ ! »

gardes erdogan aaeeiioo 3

Obama : « Je pense que le Président Erdogan…. »
Erdogan : « ÖOOEEEAAAARGHHH ! »

Deux jours plus tard, les mêmes gardes étaient en train de taper sur les journalistes turcs venus suivre le discours que Erdogan devait donner au Brookings Institution. Ils ont cette fois refait usage de leurs bras. Quand on dit « Le naturel revient au galop »…

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http://www.kedistan.net/2016/04/13/roi-sultan-congratulent-ankara/ Tue, 12 Apr 2016 22:02:17 +0000

Roi et Sultan se congratulent Ă  Ankara


Recep Tayyip Erdogan a tenu à accueillir en personne lundi à Ankara, le roi Salmane d’Arabie Saoudite. Rappelons que c’est son principal allié dans la crise syrienne. Il s’agissait d’entretiens préalables à un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). L’accolade au pied de la passerelle de l’avion, et la réception de la délégation se […]

Cet article Roi et Sultan se congratulent à Ankara a été publié par KEDISTAN.

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Recep Tayyip Erdogan a tenu à accueillir en personne lundi à Ankara, le roi Salmane d’Arabie Saoudite. Rappelons que c’est son principal allié dans la crise syrienne.

Il s’agissait d’entretiens préalables à un sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
L’accolade au pied de la passerelle de l’avion, et la réception de la délégation se voulait un « geste fort ». Les deux sont ensuite allés s’entretenir au Palais. On ne nous dit pas s’il y a eu remise de médailles, comme c’est la mode en ce moment chez les alliés de l’Arabie Saoudite.

erdogan soldats costumePourtant, la garde d’honneur était là, pour fêter le Roi et le Sultan réunis, nous dit-on, celle la même dans laquelle seize hommes costumés et grimés en guerriers représentant chacun un empire de l’histoire turque figurent.

On aimerait d’ailleurs être garde ottoman, pour les entendre. Peut-être l’un félicita-t-il l’autre pour sa partie de poker à 6 milliards avec l’Union Européenne, tandis que Erdogan raillait à l’oreille du roi les médailles en chocolat de la France, gage d’oubli des exécutions à la hache de ces temps derniers, en échange d’un marché d’armement ouvert. Mais on ne parle pas de ces choses là, entre massacreurs, n’est-ce pas ?

La Turquie et l’Arabie Saoudite, toutes deux « ennemies » de Bachar al-Assad et opposées à ses deux principaux soutiens, l’Iran et la Russie, sont devenues ces derniers mois de proches alliés. Alors que Erdogan avait menacé d’en chasser les avions américains il y a peu, il a fait accueillir quatre chasseurs F-15 saoudiens sur la base d’Incirlik, dans le Sud de la Turquie, pour participer aux frappes aériennes contre Daech en Syrie et en Irak.
L’Arabie Saoudite, qui fait déjà partie de la coalition internationale avec les Etats-Unis, avait pourtant ces derniers mois consacré l’essentiel de ses forces à pilonner le Yémen.

Le sommet de l’OCI est une tradition annuelle. Elle a été honorée dimanche dernier à Istanbul. La Turquie ayant bien été contrainte par la réalité d’attribuer de récents attentats à Daech, même si cela arrangeait le régime AKP de leur inventer d’autres auteurs, côté « terreur », le sommet sera donc en partie consacré au « terrorisme » et le reste à la question palestinienne. Dans la foulée, les services américains ont à nouveau parlé de « menaces crédibles » d’attentats, notamment à Istanbul.

erdogan roi salmaneCette conférence annuelle des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique est la treizième du nom. Elle a été ouverte par une rencontre de hauts responsables, et Erdogan en a été « honoré ». Une réunion des ministres des Affaires étrangères est prévue mardi et mercredi. Puis une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement participeront jeudi et vendredi au sommet que présidera Recep Tayyip Erdogan.

Gageons que le prétexte « terroriste » couvrira des discussions bien plus larges à propos de la Syrie et des quelques « défaites » militaires ou retraits tactiques de Daech, qui de fait amènent à une configuration différente à la veille de la réouverture de la conférence de Genève.

Partagé entre ses connivences anciennes avec Daech, et cependant inquiet des avertissements sévères que Daech a infligé à la Turquie, tout autant que des « préparations d’attentats » déjouées par des arrestations préventives récentes à Izmir, le régime se doit d’avoir la certitude d’un soutien sans faille de la coalition islamique. Il ne suffira plus de se montrer « généreux » en faisant absoudre devant la justice des djihadistes avérés, pour entretenir le parapluie. Surtout que le dernier assassinat en date, la troisième tentative qui  aura finalement été fatale à Zaher al-Shurqat, animateur d’une émission de télévision religieuse sur la chaîne Aleppo Today, qui a succombé à ses blessures à Gaziantep, montre que même les « musulmans sunnites » favorables à Erdogan sont dans le viseur de l’organisation djihadiste, dès lors où ils discutent la charia version Isis. Le torchon noir brûle.

Par ailleurs, la logistique saoudienne, et surtout les soutiens politiques, à touts points de vue, restent nécessaires à Erdogan, pour entretenir de « pseudos Syriens islamistes libres », que ce soit à Alep ou dans la région d’Azaz, pour faire contrepoids aux logistiques du régime syrien et des russes en place. Comme pour l’Union Européenne, la Turquie n’a pas la meilleure chaise à Genève. Et là, on en revient à l’obsession anti-kurde, et la nécessité pour Erdogan d’avoir des alliés pour écarter ce débat à la conférence suisse.

Le Sultan avait donc fière allure, sur le tarmac, aux côtés du roi. Il se prêtait volontiers à des images qu’il avait tant espérées lors de sa visite chez Obama.

 » Ô Monde ! Pourquoi es-tu si cruel avec tes serviteurs ? « 


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