Avril 2, 2020
Par Le Pressoir
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En 2017, nous avons vécu comme beaucoup un des meilleurs débuts de Karnaval qui soit. Ambiance ultra-chaleureuse, beaucoup de monde, de la fête, du feu et de la musique en masse notamment place Saint-Roch. Malheureusement les hostilités ont démarré trop tôt, alors que la place commençait à se faire nasser. A moins de 22h, le cortège était déjà scindé et les gaz commençaient à pleuvoir…

Depuis, la municipalité et la préfecture agissent de concert pour empêcher au maximum la tenue du Karnaval, évènement d’abord festif et traditionnel dans la ville. On se souvient tout particulièrement de l’épisode 2018, où le canon à eaux a vite eu raison d’un petit cortège nassé dès le départ, mais aussi de l’an dernier où nous n’avons pas réussi à rentrer dans le centre-ville et où nous nous sommes fait balader jusqu’aux quartiers Antigone-Place Carnot où certains ont finit nassé…

Loin de nous l’idée de colporter l’idée selon laquelle les agissements des autorités varieraient en fonction de notre comportement : assurément, ils auront déjà décidé ce qu’ils voudront faire de nous avant le soir même.

Nous pensons quand même, peut-être avec naïveté, qu’il y a parfois des paliers qui ne sont franchis qu’en fonction du comportement des karnavaliers. Nos premiers karnavals duraient parfois jusqu’à minuit sans heurts, voire jusqu’à la fin, bien que nous étions repoussés vers l’Esplanade. La musique, la prise des places du centre-ville avec grand feu de joie et danses collectives, “ivresse, transe et petassou” étaient au centre de ce moment. Bien sûr nous nous réapproprions le mobilier urbain, mais l’affrontement avec les autorités n’intervenait que si elles venaient gâcher la fête sans retour en arrière possible.

Evidemment le tableau ne peut pas se résumer binairement, et nombre de fois les autorités ont gâché la fête assez rapidement pour rien, ont réprimé comme elles ont l’habitude de le faire. Ceci n’est pas un appel au “calme”, mais une piste de réflexion collective pour arriver à festoyer ensemble.

Nous nous interrogeons notamment sur le principe de démarrer au peyrou. Malgré le cortège relativement imposant au départ l’an dernier, il nous a été impossible de rentrer dans l’écusson… Or, les places du centre-ville historique sont celles qui se prêtent le mieux à l’évènement, à ses feux de joies et à sa fête.

Nous proposons d’investir au dernier moment une place du centre-ville, le soir même, à plusieurs centaines. Peut-être qu’ils décideront de nous nasser directement et de tirer dans le tas. Cela prouverait définitivement leur volonté d’étouffer la fête dans l’oeuf. Peut-être que nous ne parviendrons même pas à atteindre la place en question avec nos chars et nos déguisements, mais on se fait parfois déjà choper en amont même quand on se rend au peyrou… Peut-être qu’on y arrivera, qu’on parviendra même à déambuler entre quelques places, à agréger des jeunes de sorties, à faire durer l’ambiance…

Comment serait-il possible de communiquer sur la place en question, nous ne le savons pas, nous n’habitons pas à montpellier et viendrons exprès, le soir même. Mais c’est une proposition pour les groupes qui s’investiront plus en amont dans l’organisation… Elle en appelle d’autres, peut-être plus intelligentes et mieux au fait du “maintien de l’ordre” dans la ville, des expériences karnavalières, etc…

En espérant qu’on arrive à vivre quelque-chose de festif cette fois-ci !

A bas la flicaille et sa répression, mort à l’argent, l’Etat… et vive Karnaval !




Source: Lepressoir-info.org