La calotte polaire arctique est en train de fondre en raison du réchauffement climatique, ce qui annonce des catastrophes planétaires.

Les images de la jeune Greta et des manifestations pour l’environnement font le tour du monde. On parle peu en revanche du revers de la médaille : la juteuse occasion pour les puissances prédatrices de marquer plus avant leur territoire et son contrôle stratégique.

La disparition progressive des glaces ouvre la possibilité d’ouvrir sans trop de problèmes de nouvelles routes navigables. La zone du Pôle Nord n’appartient à aucun pays. Les États qui l’entourent en revendiquent la propriété par proximité géographique, ce qui s’accompagne d’une série de conflits encore non résolus. Et comme cela s’est déjà produit pour l’Antarctique, d’autres pays s’évertuent à envoyer des missions scientifiques dans l’espoir de prendre leur part d’un si substantiel butin.

L’Arctique s’avère d’une importance cruciale en raison de ses réserves de pétrole, gaz, or, diamants et métaux rares encore inexplorées. La diminution de l’épaisseur de la couche de glace permet l’extraction souterraine. De plus, par rapport aux routes traditionnelles, la voie polaire permet de faire l’économie de semaines de navigation.

Pour participer à cette course au pôle, d’un coup de baguette magique, la Chine s’est autoproclamée État quasi-arctique, obtenant un poste permanent au Conseil Arctique. A coups de millions, aussi bien au Groenland qu’en Islande, elle finance des ports, des aéroports, des observatoires et des stations météorologiques. Elle est aussi en train de construire avec les Saoudiens un tunnel sous-marin futuriste de 100 km qui reliera Tallin à Helsinki.

Tous les intérêts en Arctique, pêche et tourisme compris, sont en passe de redessiner l’échiquier géopolitique et commercial qui touchera désormais les ours et autres habitants des glaces. Depuis des décennies, les populations arctiques sont bouleversées par des opérations aliénantes qui les asphyxient. Leurs cultures sont passées au rouleau compresseur, elles sont l’objet de déportations massives, de confinements forcés, de mortifications et d’humiliations entraînant dépressions et l’alcoolisme. Habitués à s’autogérer, ils ont beaucoup de mal avec cette idée qu’une structure politique règle leur vie d’en haut.

Tandis que la Russie militarise de plus en plus ses propres régions polaires avec des bases dignes de romans de science-fiction, Trump, nie obstinément l’existence des gaz à effet de serre, tout en étant très fâché et énervé de ne pouvoir acheter le Groenland.

Encore une fois : tous ces tristes sires mortifères et insatiables n’ont pas le moindre scrupule à presser comme un citron et appauvrir la planète entière.

Saltamontes
Publié dans Tierra y Libertad. Octobre/novembre 2019.
Traduction. Monica Jornet. Groupe Gaston Couté de la Fédération Anarchiste


Article publié le 30 Nov 2019 sur Monde-libertaire.fr