Les universitaires anglo-saxons cités dans ce texte , et leurs émules français, qu’ils soient adeptes du multiculturalisme, du post-modernisme, des études postcoloniales, d’une démarche décoloniale , des politiques de l’identité (identity politics) ou d’une combinaison entre certaines de ces idéologies (ou la totalité d’entre elles) partent d’un point de vue généreux : ils veulent « déconstruire » les notions, les comportements et les structures politiques et sociales inspirées, ou conditionnées par le racisme et le colonialisme. Bref, ils souhaitent contribuer à l’avènement d’un monde plus juste, plus égalitaire, ce qui est tout à leur honneur.

Si l’intention peut paraître sympathique et nous aider à formuler une critique radicale de la domination et de l’exploitation, elle aboutit à des raisonnements ou à des conclusions réactionnaires, qui coexistent avec des critiques politiquement justes, d’où la difficulté de démêler ce qui est politiquement utile de ce qui est néfaste dans ces ouvrages.

Dans le cas spécifique de l’étude des rapports entre les Juifs et les musulmans (en réalité les Maghrébins) en France et dans l’empire français, le caractère réactionnaire de ces conceptions à la mode chez ces « identitaires de gauche » se traduit sur de nombreux points dont nous ne citerons que quelques-uns (pour plus de détails nous renvoyons au futur numéro de Ni patrie ni frontières qui s’intitulera « L’histoire des Juifs de France en question(s). 1791-2019 » :

* « Juifs » et « Musulmans » : force et faiblesses des analyses des universitaires identitaires de gauche