Novembre 19, 2021
Par Union Communiste Libertaire (UCL)
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En 1981 en Colombie, des féministes prennent la décision de faire de la journée du 25 novembre, la journée internationale contre les violences faites aux femmes. L’objectif est de commémorer l’assassinat de trois femmes, les sœurs Mirabal en 1960 en République Dominicaine.

En 1999, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations-uUies reprenait cette date et proclamait l’instauration d’une journée internationale pour l’élimination de la violence. Malheureusement, proclamer une journée n’a évidemment pas suffi…

Les violences faites aux femmes sont innombrables et touchent tous les domaines de la vie, tous les lieux où on circule, toutes les femmes sont concernées quels que soient leur âge et leur condition sociale. Si nous soutenons les luttes pour des mesures législatives concrètes pouvant faciliter la vie de toutes, ici et maintenant, elles ne peuvent être suffisantes.

Nous n’oublions pas les premières de corvée !

Sans le travail des femmes, rien ne marche et pourtant cette société marche sur elles et leurs activités pourtant qualifiées d’essentielles mais dont elle ne reconnaît pas la valeur.
Pour beaucoup de femmes, cette crise signifie encore perte des sources de revenus et d’aide matérielle des associations, obligation de travailler encore plus que d’habitude en mettant en danger sa santé et celle des membres de sa famille.
Elles sont encore largement en charge du travail reproductif au sein des foyers, souvent cumulé au télétravail pour certaines ou littéralement « au front » pour d’autres.
Du télétravail au travail gratuit en passant par le travail invisible, la précarité a continué de se conjuguer au féminin. Avec la dégradation des conditions matérielles d’existence, les femmes sont davantage soumises aux pressions et aux violences, que ce soit sur le lieu de travail ou dans la sphère conjugale et familiale.
Mais en cette rentrée 2021, les secteurs de travail féminisés ont relevé la tête et se sont particulièrement mobilisés : aides à domicile, AESH, sages-femmes, ouvrières du nettoyage (Jussieu), etc. De nombreuses travailleuses rejettent leurs conditions de travail et d’existence. Rendons visibles leurs luttes !

Notre féminisme libertaire est international, au croisement des luttes contre toutes les exploitations et toutes les oppressions !

Le féminisme est une force, qui à travers le monde, redonne de l’espoir à l’ensemble des exploité·es. Partout où elles s’organisent et luttent pour défendre leurs droits (comme celui à l’avortement), dénoncer les violences machistes, combattre le patriarcat, le racisme et le capitalisme, elles nous donnent de la force pour nous rassembler et nous organiser.
Notre féminisme libertaire est anti­capitaliste, écologiste et anti­raciste. Nos aspirations démocratiques sont anti­étatiques. Nous ne pensons pas que le renforcement de l’État soit une solution, mais plutôt qu’il fait partie du problème, notamment parce qu’il précarise le travail, participe à la destruction des services publics, piétine nos conquis sociaux.
Lutter contre les violences faites aux femmes, c’est construire un véritable rapport de force vis-­à­-vis des institutions. Pour construire ce rapport de force, nous appelons à l’auto-­organisation et l’auto­défense politique des femmes !

Nous avons besoin de revendications immédiates, d’organisation et de perspectives pour un changement radical de société !

Initiatives actuelles pour dénoncer les violences subies par les femmes et les minorités de genre

Une tribune, à l’initiative de plusieurs syndicats et organisations politiques, parue notamment sur le site de l’UCL, s’attaque aux relations de domination et d’oppression dans leurs structures, dénonçant l’itinérance des agresseurs et s’engageant à mettre en place des actions pour lutter contre cet état de fait.
De nombreux hashtag sont en ce moment actifs, mettant en accusation la culture du viol comme le #MeTooGay ou #MeeTooTheatre mettant en avant le théâtre pour toustes, les violences sexistes et sexuelles pour personne. Le #DoublePeine regroupe quant à lui aujourd’hui le témoignage de victimes de violences sexistes et/ou sexuelles, ayant porté ou essayé de porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, et dénonçant le mauvais traitement des victimes par les forces de l’ordre.

Union communiste libertaire, le 19 novembre 2021.




Source: Unioncommunistelibertaire.org