Avril 19, 2021
Par Lundi matin
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Jeu de deuil – Trauerspiel, rois nus au milieu de vos ruines, vous sujettez vos verbes en complĂ©ments manquants. Mes compliments. OrphĂ©e est mort, pas mĂȘme eu le temps de se retourner, mort d’effrontement.

un enfant court en cercle dans la cour d’une ferme en feu – en feu la cour d’une ferme en cercle court dans un enfant – un enfant dans le cercle en feu d’une ferme court en la cour – dans le cercle court d’une ferme en la cour d’un enfant en feu – court dans le cercle d’un enfant la cour en ferme en feu – dans le feu en court cercle d’une cour en ferme un enfant.

De langue incapable Ă  langue incapable tu sujettes ton verbe en complĂ©ment. De sujet incapable en verbe incapable tu complĂ©mentes ta langue. Mes compliments. D’incapable verbe tu complĂ©mentes ton sujet incapacitĂ©. Ton anar ton nanar s’em
verbe dans le complĂ©ment du sujet que tu nies. Mes compliments.

Ah les larmes sous-mĂ©li mĂ©lo drame et colique de plomb. Le plomb de tes larmes mĂȘlant colique et panique. HĂątez larmes la colique mĂȘlant le plomb fondu aux soupirs dĂ©fĂ©quĂ©s, au-dessus de la tinette cerclĂ©e de velours tendre pour tes fĂ©fesses abĂźmĂ©es.

DĂ©truire, dit-elle, dis-tu. Mais dĂ©truis donc ta langue en son « je mange ma pomme Â». DĂ©truis la pomme qui mange ta langue dans ta bouche, dĂ©truis ta bouche en langue de pomme mangĂ©e, dĂ©truis mĂȘme les fragments Ô si prĂ©cieux de ta pomme, un point c’est pas Tout. Mange ta destruction, embouche ta langue.

J’occupe j’occupe j’occupe, il Ă©vacue il Ă©vacue il Ă©vacue. T’as fait ta dĂ©cla, t’as ta ration ? T’as ta ration de dĂ©cla commune ? T’as fait ta dĂ©cla-ration de Commune ? T’as ta Commune proclamĂ©e, dĂ©clarĂ©e, rationnĂ©e, sitĂŽt Ă©vacuĂ©e, t’as ta Commune assassinĂ©e, morte-nĂ©e ? Tata Commune, t’arrĂȘtes de dĂ©conner en Commune ? On dĂ©conne pas avec la Commune, on abat VendĂŽme, on est fusillĂ© au PĂšre Lachaise connard, partout dans Paris connard, le foin des souvenirs on le mĂąche et remĂąche, le passĂ© s’avoine, le prĂ©sent se mire en bon gouvernement Maya. Tata ThĂ©orie lĂ -dessus, Ă  califourchon. TraĂźtre Ă  la cause, tu diffames et craches, on te retrouvera, tous les salauds ont une adresse ou un grabat. Oh, pourquoi parler ainsi ?

« Â« Â« ce matin au rĂ©veil, un oiseau piaille et joyeux picore dans mon Ɠil, ma rĂ©tine dĂ©chirĂ©e si tĂŽt dĂ©jĂ , le premier rayon de soleil me saigne la vue, alouette mon amour envole moi Â» Â» Â»

A mon commandement : Garde ah vous Madame ce sein du corsage dĂ©chirĂ© dans la nasse, je ne vous connais pas, amour dĂ©chirĂ© qui dĂ©chire sous la nasse, cuisse Ă  cuisse Ă©trangĂ©es, ça cogne alentour, bouches collĂ©es sous la mĂȘlĂ©e, langues mĂȘlĂ©es sous la cognĂ©e, sexes entre sort oĂč quoi, on hurle Garde aveu, Garde Ă  voir, ça cogne, la sueur invisible sous l’armure bleue caoutchouchoutĂ©e elle pue la charogne cognante. A mon commandement : chargez sous la nasse, dĂ©chargez les corps, mon amour foutre et pertes et humeurs humides, ta main sur mon, la mienne dans ton, sur nos crĂąnes en sang ça cogne, je t’aime. Garde Ă  vie. Mais de qui ce mokton ?

Sous la brise nocturne, lambeaux de toi et moi, les os tiennent encore, pas rĂ©ussi Ă  nous arracher les yeux, arbres et doux feuillages, vis et boulons rouillĂ©s, frĂ©missement des hautes herbes, odeur gasoil de moteur, senteurs, la mouette moque son cri au-dessus de nos tĂȘtes, allo oui t’es oĂč lĂ  ?, quelqu’un a enchaĂźnĂ© la lune et sur la chaĂźne pendante tire, mĂȘli mĂȘlant lune de miel mielleuse miaulante, un gros chat bottĂ© casquĂ© tire, tire la chaĂźne avec ses dents, dans des flaques de larmes les pleureuses de nuit pataugent, avant de se ruer, Erinyes, sur la proie Ă  dĂ©chirer. AthĂ©na, en garde Ă  vue, ne transmettra pas la parole d’ordre de Zeus abattu place VendĂŽme.

Jeu de deuil – Trauerspiel, rois nus au milieu de vos ruines, vous sujettez vos verbes en complĂ©ments manquants. Mes compliments. OrphĂ©e est mort, pas mĂȘme eu le temps de se retourner, mort d’effrontement.

Le sous-Kaporal TabacZapat




Source: Lundi.am