Décembre 5, 2021
Par Le Numéro Zéro
290 visites


Le Numéro Zéro s’essaie à une nouvelle formule : le dossier thématique. À partir du sujet semestriel du journal Couac, des archives du site et de quelques autres lectures ou écoutes, le Numéro Zéro propose un regard plus complet sur un sujet, à suivre sur quelques semaines.

On commence autour de la thématique « Jeunesse et éducation enfermées ». La question est d’actualité, avec (notamment) l’entrée en vigueur le 30 septembre dernier du nouveau « Code de la justice pénale des mineurs ».

Cette énième réforme de la justice des mineur.e.s et des lieux d’enfermements qui leur sont dédiés est justifiée par les mêmes arguments et principes que les précédentes :

  • lenteur des procédures pénales,
  • grande proportion de personnes en attente de jugement au sein des structures (et donc « présumées innocentes », utilisant le jugement et la reconnaissance d’une « culpabilité » par l’état comme une justification de l’enfermement [1]),
  • volonté d’habiller les lieux d’enfermement des atours d’« éducation » et d’« insertion ».

Pour ce dossier, nous orientons notre regard sur les structures d’enfermement de la jeunesse. Structures dont la désignation a varié dans le temps (sans réel changement sur le fond) et connues aujourd’hui sous les dénominations suivantes : Établissements pénitentiaires pour mineur.e.s (EPM), Centres éducatifs fermés (CEF), Centres éducatif renforcés (CER). S’il sera question ici uniquement de ces institutions, leur articulation avec d’autres pratiques de répression mériterait d’être interrogée : répression policière, contrôles aux frontières et centres de rétention, fichage, système scolaire, pédopsychiatrie, précarité, etc. De même, il y aurait lieu de questionner la catégorie « mineur.e ». La distinction entre minorité et majorité n’est pas une donnée naturelle, elle varie tant historiquement que géographiquement et, en matière de répression, est un moyen pour l’état de rendre acceptable une répression des plus jeunes au motif qu’elle serait plus « douce », qu’elle serait adaptée à cette catégorie d’âge.

Ce dossier navigue entre différents lieux situés à travers la Loire et ses alentours : de L’Hôpital-le-Grand (près de Montbrison) où s’est ouvert un CEF en 2004, à Saint-Genest-Malifaux où un projet d’implantation est actuellement discuté [2] On se rappelle de la révolte au sein de la colonie d’enfants des Vermiraux à Saint-Genest-Lerpt au début du 20e siècle. Et on y entend la parole des enfermé.e.s qui vivent aujourd’hui dans ces institutions « spécialisées ».

Si tu as des propositions pour compléter le sujet, contacte lenumerozero chez riseup.net.

Sommaire

  1. Carapatage #5 – Les centres éducatifs fermés : Topo sur les CEF et les différentes formes d’enfermement des mineur.es par l’émission Carapatage.
  2. « Bandit, voyou, voleur, chenapan » – au secours Prévert, ils sont devenus fous
  3. Quand le ministère de la Justice prône l’éducation : enquête sur la construction d’un Centre éducatif fermé
  4. Chronique d’une concertation quotidienne (pour quatre adultes et un jeune)
  5. Un centre pour mineurs délinquants à L’Hôpital-le-Grand
  6. Bruno Carlier, Sauvageons des villes, sauvageons aux champs. Les prises en charge des enfants délinquants et abandonnés dans la Loire (1850-1950)
  7. Entretien avec Rita (L’Envolée, n°25, mars 2009)



Source: Lenumerozero.info