De passage au cercle de presse pour faire le bilan de mi-mandat de son administration, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’en est prise aux opposant.e.s aux  »grands projets », aux environnementalistes ainsi qu’à la quarantaine d’économistes qui ont cosigné une lettre pour critiquer le projet de gazoduc de 750 kilomètres et d’usine de liquéfaction de gaz naturel que GNL Québec prévoit aménager à Saguenay.
De toute évidence, la vieille recette  basée sur un régionalisme chauvin et un populisme crasse n’a pas quitté l’Hôtel de ville de Saguenay en même temps que son ancien occupant, l’ex-maire Jean Tremblay.

N’en déplaise à la mairesse Néron,  Saguenay n’est pas sous une bulle de verre

« Notre avenir, ce n’est pas à des gens de l’extérieur de nous dire quoi faire. Ce que je leur dis, c’est qu’ils s’occupent de leur développement économique. Nous, on s’occupera du nôtre » a affirmé  la mairesse. Néanmoins, il serait bien d’y rappeler que les impacts environnementaux liés à l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) débordent largement les frontières du « royaume » et impacteront l’ensemble des habitants et habitantes de la province et plus encore. Les propos tenus par la mairesse de Saguenay lors de ce cercle de presse jouent sur le ressentiment et visent à creuser les divisions entre les régions et les grands centres, les intellectuels/la science et les travailleurs et travailleuses. En plus de contribuer en aucune manière à briser le  cycle de dépendance, ses propos détournent les gens des véritables enjeux, ce qui s’avère particulièrement irresponsable en cette époque où il est urgent de mener des actions pour contrer les bouleversements climatiques. En définitive, les seuls qui en tirent profit se sont cette minorité de possédants. Pour une politicienne qui se targuait d’être progressiste, on repassera. 
Pendant que la maison brûle, l’élite régionale veut y jeter un baril d’essence 

Les démonstrations de couardise que répètent jour après jour les représentant.e.s de l’élite régionale ne font que maintenir notre région dans un état de dépendance. Josée Néron s’est questionnée sur l’image qu’envoyait la manifestation du 27 septembre dernier : « Un quotidien avec à la une « Grande manifestation contre les projets », quand ça tombe sur le bureau d’un promoteur, quelle image cela porte? ». Cette manifestation a eu le mérite de démontrer que nous ne sommes pas tous et toutes à genoux devant la grande entreprise et qu’une partie significative des habitants et habitantes de la région est préoccupée par les enjeux environnementaux et l’avenir des différentes formes de vie. Et que dire du député de Chicoutimi – Le Fjord, Richard Martel, réélut de justesse le 21 octobre dernier? Il s’est contenté de se faire le porte-parole officieux  de l’industrie pétrolière de l’Alberta tout au long de la campagne, en  appuyant sans réserve les  grands projets et le pipeline de l’ouest.
Malheureusement, on ne peut espérer d’autres résultats en employant les mêmes recettes. Comme nous l’écrivions dans l’un de nos billets intitulé Pour en finir avec l’économie Kleenex:
« Aujourd’hui, ils nous parlent d’investissements privés et de nouveaux projets industriels dans la région. Ils nous vendent leurs futurs sites d’exploitation industrielle avec la création de quelques emplois à moyen terme. Ils ont même le culot de nous présenter leurs plans de gazoduc et d’usine de liquéfaction de gaz comme des projets verts et durables. Demain, ils nous parleront de manque de débouché pour leur produit, d’éventuelle fermeture et de délocalisation. Ils nous refileront même la note du nettoyage et de la décontamination. ». Néanmoins, il existe d’autres voies que la dépendance,  la résignation, l’économie extractiviste et les énergies fossiles. C’est à nous qu’il revient de prendre en main nos affaires, de nous affranchir de ces multinationales, de renforcer la résilience et l’autonomie de nos communautés régionales.
Un sursaut de lucidité pour les artisans du Quotidien?

Après avoir encensé les grands projets destructeurs et pourfendus ceux  et celles qui osent contredire le consensus que veulent imposer les élites politico-médiatiques, Marc St-Hilaire, éditorialiste au Quotidien a eu un sursaut de lucidité, voire de combativité.
L’Inquisition au 21e siècle, 10 septembre 2019
Comme quoi la faillite du Groupe Capitales Médias (propriétaire du Quotidien)  a peut-être  permis à ces  artisans de la presse écrite de finalement distinguer intérêts des habitants et habitantes de la région des intérêts de la grande industrie. Mais ça, c’est une autre histoire…
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Article publié le 30 Oct 2019 sur Ucl-saguenay.blogspot.com