Aujourd’hui, le 12 avril, on pouvait lire dans la presse des propos du président du MEDEF, appuyés par la secrétaire d’état à l’économie, qui commençait à diffuser l’idée selon laquelle, à la fin du confinement, il faudrait mettre « les bouchées doubles » au travail.

Mr Geoffroy Roux de Bézieux, le président du MEDEF, descendant de la rencontre entre la bourgeoisie de la fin du 19e siècle et la noblesse, sous-merde de père en fils donc, nous dit :

« Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire »

Ce vil chien né avec une cuillère d’argent dans la bouche, les poches remplies d’oseilles, fils de PDG, issu d’une longue lignée de bâtards méprisables veut que nous allions nous crever encore plus au boulot pour ses beaux yeux.

Rien de nouveau sous le soleil certes, déjà le gouvernement a attaqué le code du travail dès l’entrée en vigueur de l’état d’urgence sanitaire, déjà de nombreuses entreprises forcent leurs salarié.e.s à poser leurs congés payés pendant le confinement pour pouvoir les exploiter à loisir dès la reprise, déjà de nombreuses personnes sont forcées à aller travailler alors que la crise sanitaire est à son plus haut.

On se doutait bien que dès la reprise du boulot nos patron.nes allaient nous foutre la pression pour que l’on produise plus pour sauver LEURS entreprises. Après tout on bosse déjà toutes nos vies pour elleux, on se fait exploiter dans leurs magasins, dans leurs restaurants, dans leurs champs, dans leurs bureaux, pour leur profit.

Aujourd’hui nous voilà enfermé.e.s chez nous pour faire face à une crise sanitaire mondiale, et pendant ce temps les bourges et les patron.nes n’ont qu’une chose en tête : pouvoir reprendre le cour normal de l’exploitation de leurs semblables, et en l’occurence, l’intensifier.

Non je n’irais pas mettre les bouchées doubles après le confinement ! J’aurais besoin de sortir, de retisser les liens distendus par le confinement avec mes proches, de gérer les conséquences psychiques/physique que ce moment aura eu sur moi ou sur mes proches. Ma vie aura d’autres urgences que celle de produire des richesses pour votre gueule. J’aurais bien besoin de vacances !

Qui sont ces gens pour venir me dire de mettre les bouchées doubles ? Je les emmerdes ! Je travaille déjà bien assez dur pour vos gueules, j’ai autre chose à faire. Rien qu’en bossant 35h semaine nos vies sont déjà profondément mutilées par l’exploitation et ces gens en veulent plus. Iels ne supportent pas que nos vies servent à autre chose qu’à leurs intérêts. Tous moments de nos existences qui sont improductifs économiquement sont perçus comme inutiles, comme une insulte à leur dieu : la marchandise.

Cette classe de parasites sociaux que sont les bourges et les patron.nes ne rechigne en effet pas devant le travail. Tous ces cols blancs font des semaines de 50h minimum pour gagner un max de blé et produire un max de valeur, et surtout pour organiser notre soumission à leur volonté. Cependant, pour ma part, je ne fais pas partie de leur secte, je ne souhaite pas vivre cette vie indigne d’un être humain.

Car il faut bien être complétement fanatisé.e pour trouver que l’on ne bosse pas déjà trop ! Désolé pour vous, mais nous avons autre chose à faire de notre temps que de produire de la marchandise, nous voulons satisfaire nos besoins et ceux de nos semblables pour vivre confortablement et avoir une vie riche. Ils ne souhaitent que produire pour produire, pour accumuler des richesses qui ne leurs servent à rien sinon à en accumuler plus. Voilà deux logiques qui ne sont pas conciliables.

L’existence de ces personnes a pour seul but de sacrifier nos vies, nos corps, nos singularités, sur l’autel de leur utopie délirante et fanatique, nous devons leur opposer notre désir d’une existence pleine et entière qui offre la possibilité d’un épanouissement réel de chacun.e.

J’en ai rien à foutre de leur économie et de leurs entreprises merdiques qui puent la mort et la tristesse. Rien à battre de leurs rêves d’entrepreneur.ses.

Un message pour Geoffroy Roux de Bézieux et tout.es ses potes :

Caché.es dérrière les portes de nos appartement et de nos baraques, notre haine et notre mépris pour vous grandit chaque jour. Nous ne vous laisserons pas piétiner nos vies. Nous ne reculerons devant rien pour nous libérer de votre joug. Nous ne vous laisserons pas nous exploiter et nous humilier éternellement.

J’ai que quelques décennies à passer sur cette terre, et j’ai d’autres projets pour ce temps là que d’être votre larbin.


Article publié le 12 Avr 2020 sur Brest.mediaslibres.org