Samedi 17 octobre se tient la Journée Internationale du Refus de la Misère. La crise sanitaire a plongé un million de français supplémentaires dans la pauvreté et au niveau national, 1400 enfants ont dormi dans la rue à la veille de la rentrée scolaire selon le recensement établi par la Fédération des Acteurs de la Solidarité début septembre.

La Métropole Lyonnaise ne fait pas exception à ce sombre tableau. A deux semaines de la mise en œuvre du dispositif de renfort hivernal, le collectif Jamais Sans Toit recense déjà plus d’une centaine d’enfants sans-abri au sein des établissements scolaires de la Métropole.

Comment expliquer ce chiffre élevé alors même que les familles mises à l’abri l’hiver dernier ont vu leur hébergement prolongé à la fin de l’état d’urgence sanitaire ?

La raison est simple : pour la grande majorité d’entre elles, les familles actuellement sans abri font partie de celles qui n’ont pu accéder ni au plan froid mis en œuvre l’hiver dernier (dont le nombre de places est notoirement insuffisant) ni au plan de mise à l’abri d’urgence qui a été mis sur pied au moment du confinement. Alors même que certaines d’entre elles rentraient dans les critères de vulnérabilité établis par la Préfecture du Rhône.

En effet, si début mars, Jamais Sans Toit recensait encore un certain nombre de familles qui n’avaient pu trouver place au sein du dispositif hivernal, la crise sanitaire avait permis à des dizaines d’entre elles d’être mises à l’abri à la faveur d’un plan d’urgence exceptionnel. La Métropole de Lyon avait également pris sa part en assumant sa compétence de protection de l’enfance et en finançant des centaines de nuitées d’hôtel. À la fin de l’état d’urgence sanitaire le 10 juillet, la Ministre du logement Mme Emmanuelle Wargon annonçait même qu’il n’y aurait pas de remise à la rue.

Reçus à la mi-juillet successivement à la Métropole par Mme Béatrice Vessiller et M. Renaud Payre [1] et par Mme Sandrine Runel [2] le collectif alertait sur la situation des familles restées à la rue. Les élu.e.s réaffirmaient les engagements pris pendant la campagne des municipales et se montraient disposés à tout mettre en œuvre afin qu’il n’y ait plus d’enfant à la rue cet hiver (recensement des bâtiments vides et mise à disposition temporaire de la vacance). Début septembre, interrogé sur BFM Lyon, M. Bruno Bernard, président de la Métropole, confirmait les propos qu’il avait tenus cet été dans un entretien au magazine Paris Match. A la question « Qu’est ce qui vous fait honte dans votre ville ? », il avait répondu « les enfants qui dorment dehors ». Pourtant, malgré les alertes répétées, la volonté politique affichée par la nouvelle majorité tarde à se traduire en actes.

Samedi 17 octobre, un couvre-feu sera mis en place de 21h à 6h du matin au sein de la Métropole Lyonnaise. Il demeure inconcevable que des dizaines d’enfants et leur famille puissent passer la nuit dehors. L’Etat et les autorités compétentes (Métropole, Ville) doivent prendre leurs responsabilités pour agir vite et tout mettre en œuvre afin que ces familles puissent être mises à l’abri dans des conditions dignes de toute urgence.

L’hiver dernier, le 20 novembre, à l’occasion de la célébration du 30e anniversaire des droits de l’enfant, une dizaine d’établissements scolaires étaient occupés afin de servir de refuge à des élèves sans toit. Espérons que cette année, les droits fondamentaux et l’intérêt supérieur de l’enfant seront enfin respectés.

Un toit c’est un droit ! Faisons appliquer la loi !


Article publié le 17 Oct 2020 sur Rebellyon.info