Juin 14, 2021
Par ACTA
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Une nouvelle coalition a choisi Naftali Bennett, raciste notoire, pour diriger le gouvernement israélien, remplaçant Benjamin Netanyahou au poste de Premier ministre. Bennett est un fervent partisan des colonies israéliennes illégales et de l’annexion de 60% de la Cisjordanie, ainsi que de l’expulsion des Palestiniens qui y vivent. Il a incité à plusieurs reprises à la violence contre le peuple palestinien.

Avec l’approbation du parlement israélien, le gouvernement de Netanyahou sera remplacé par ce que les médias de l’establishment appellent « une coalition de gauche et de droite ». Bennett a été choisi comme premier ministre jusqu’en 2023, avant d’être remplacé jusqu’en 2025 par l’ancien animateur de télévision Yair Lapid, que les médias qualifient de « centriste ».

Bien que cette coalition comprenait quelques sionistes libéraux, des Verts et même un parti arabe, son choix d’un raciste anti-palestinien enragé tel que Bennett comme Premier ministre montre qu’il s’agit bien d’une coalition de droite dont le gouvernement ne sera pas très différent de celui de Netanyahou.

Ce choix reflète également la faillite totale du sionisme, dans ses versions de droite et de gauche, et montre qu’il est absolument faux de croire qu’il peut y avoir une quelconque légitimité à construire un État exclusivement juif au Moyen-Orient en exterminant, expulsant et affamant les habitants originels de la terre : les Palestiniens.

M. Netanyahou a déjà lancé un défi à la nouvelle coalition de droite, affirmant que ses membres les plus à droite se sont « vendus » en s’alignant sur la « gauche » et les députés arabes.

Après 12 ans au pouvoir, M. Netanyahou est actuellement jugé pour des accusations de corruption et a isolé une grande partie de sa base de droite. Avec 30 des 120 sièges de la Knesset détenus par son parti, le Likoud, ses adversaires ont eu du mal à former une coalition pour l’évincer. Une série d’élections, la dernière en date étant celle de mars, se sont soldées par une impasse et n’ont pas abouti à la formation d’un nouveau gouvernement.

Les négociations visant à former une coalition suffisamment large pour évincer M. Netanyahou étaient en cours depuis le mois de mars et n’ont abouti que quelques heures avant une date limite qui aurait forcé la tenue de nouvelles élections. Le principal obstacle ? Le racisme. Incapables de former un gouvernement à eux seuls, les groupes de droite ne voulaient pas inclure Ra’am, un parti religieux soutenu par les Palestiniens vivant à l’intérieur des frontières de 1948, dont les quatre sièges parlementaires étaient nécessaires pour former une majorité. Les racistes ont fini par céder, mais à contrecœur.

C’est la première fois qu’un parti palestinien basé en Israël est inclus dans le gouvernement. Aucun poste n’a été promis au parti Ra’am dans le nouveau gouvernement. Il espère que son entrée au gouvernement lui permettra d’obtenir un assouplissement des restrictions imposées aux colonies palestiniennes.

Qui est Naftali Bennett ?

En 2012, Bennett est devenu le chef du parti ultranationaliste Foyer juif. Il dirige aujourd’hui le parti Yamina, une organisation d’extrême droite qui s’oppose avec véhémence à la création d’un État palestinien. Bennett a proposé qu’Israël annexe 60 % de la Cisjordanie et appelle à un « échange de population », ce qui signifie chasser les Palestiniens de cette zone.

Il a dirigé le Conseil de Yesha, un organe politique représentant les colons vivant sur les terres palestiniennes. Jusqu’au dernier cycle électoral, Bennett faisait partie d’une alliance politique avec Bezalel Smotrich, chef de file de l’extrême droite religieuse encore plus enragée.

Bennett fait partie du gouvernement Netanayhou depuis 2008, invité par le premier ministre à occuper les fonctions de chef d’état-major, de ministre de l’éducation et de ministre de la défense. Il a utilisé à plusieurs reprises son poste de ministre pour inciter à la violence contre les Palestiniens. En 2013, lors d’une discussion de cabinet sur les prisonniers palestiniens, il a déclaré : « Si nous capturons des terroristes, nous devons simplement les tuer… J’ai déjà tué beaucoup d’Arabes dans ma vie, et il n’y a aucun problème avec cela. »

En 2018, lors des manifestations de la Grande Marche du retour que les Palestiniens de Gaza ont organisées à la frontière israélienne, il a déclaré que tout Palestinien tentant de traverser cette frontière devait être abattu. Concernant les soldats israéliens qui ont reçu l’ordre de tirer sur des enfants palestiniens, il a déclaré : « Ce ne sont pas des enfants, ce sont des terroristes. »

Plus récemment, il a publié une vidéo le 20 mai pour tenter de justifier le bombardement par Israël, pendant 11 jours, de maisons, d’écoles et d’hôpitaux à Gaza. S’appuyant sur son autorité supposée « en tant qu’ancien ministre de la défense d’Israël », M. Bennett a affirmé que l’hôpital Shifa de Gaza était le site « où se trouve le quartier général du Hamas, alors qu’il mène des actions terroristes contre Israël ».

Non seulement ses affirmations sur l’hôpital étaient complètement fausses, mais la photo montrée par Bennett n’est pas l’hôpital al-Shifa de Gaza : il s’agissait de l’hôpital international Shifa d’Islamabad, au Pakistan, à des milliers de kilomètres de là. Entre-temps, même l’armée israélienne, qui a bombardé la route principale menant à l’hôpital al-Shifa de Gaza, n’a pas affirmé que le Hamas l’utilisait comme quartier général.

Complices des crimes de Netanyahou

Yair Lapid est qualifié de « centriste ». Mais les politiques qu’il a préconisées ne le sont pas. Il a été ministre des finances de 2013 à 2014, période durant laquelle Israël a mené un bombardement massif de Gaza. La participation au gouvernement Netanyahou rend les deux politiciens complices de la guerre du gouvernement Netanyahou contre les Palestiniens et révèle que ce nouveau gouvernement est la continuation du même vieux poison dans de nouvelles bouteilles.

À Gaza, ils sont complices de l’étranglement de l’embargo et des bombardements répétés de la population civile. À l’intérieur des frontières de 1948, leur complicité inclut l’adoption de plus de 50 lois codifiant l’inégalité et l’apartheid pour les Palestiniens qui représentent 21% des citoyens israéliens.

En Cisjordanie, ils sont complices du gouvernement Netanayhou qui transforme le « processus de paix » en une couverture pour une colonisation sioniste massive en Cisjordanie. Aujourd’hui, plusieurs centaines de colonies abritent 400 000 colons avec leurs propres routes protégées par des dizaines d’avant-postes militaires israéliens. Ces politiciens sont complices de l’étranglement des colons en Cisjordanie, qui utilisent 80 % de toute l’eau disponible et acheminent leurs eaux usées non traitées sur les terres palestiniennes, détruisant les cultures et empoisonnant l’eau.

Les États-Unis promettent de « défendre » Israël

C’est cet Israël que Biden s’est donné pour priorité de « défendre », réaffirmant même récemment « l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël ». En plus des 3,8 millions de dollars d’armes que les États-Unis donnent chaque année à l’État d’apartheid, ils sont susceptibles de débourser un autre milliard de dollars pour réparer le système de défense antimissile « Iron Dome ».

Pour l’instant, cependant, l’élan politique n’est pas du côté des dirigeants israéliens en faillite ou de leurs partisans américains, mais avec l’héroïque soulèvement palestinien du mois dernier. En descendant dans la rue d’une seule voix en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, à Gaza, à l’intérieur des frontières de 1948 et où qu’ils soient dans le monde, les Palestiniens ont montré que, même après 73 ans, leur combat n’est pas mort et qu’ils se battront toujours pour le droit de retourner et de vivre en Palestine.

Les Palestiniens ont clairement fait savoir que le gouvernement israélien et ses partisans du Pentagone peuvent commettre de nombreux crimes, mais qu’ils ne pourront jamais anéantir leur lutte.

Article traduit du site contropiano.org




Source: Acta.zone