Janvier 4, 2022
Par Partage Noir
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La parution de La RĂ©volution incon­nue doit beaucoup Ă  un individu : Jacques Doubinsky. NĂ© le 26 mars 1889 dans une famille d’artisans juifs, il fait ses Ă©tudes dans une Ă©cole pro­fessionnelle d’Odessa. TrĂšs jeune, il entre dans le mouvement syndical. Lorsque le soulĂšvement makhnoviste enflamme l’Ukraine, il rejoint les pay­sans insurgĂ©s. PourchassĂ© par les bol­cheviks, Jacques Doubinsky se rĂ©fu­gie en Bulgarie et milite dans le mou­vement libertaire jusqu’au coup d’État en 1923. Il est arrĂȘtĂ©, torturĂ© et rĂ©us­sit Ă  s’évader. De Bulgarie, il gagne la France oĂč il retrouve les communautĂ©s bulgares, russes et « yiddischistes Â» en exil ; c’est lĂ  qu’il se lie d’amitiĂ© avec Voline. Il vit de cent mĂ©tiers : travail Ă  la chaĂźne, tressage de chaussures, confection et dessins sur tissu (oĂč il travaille avec Lucien Daurat [de son vrai nom Lucien Feuillade] et Charles Ridel [alias Louis Mercier Vega]). Avec sa femme Rosa, il anime la bibliothĂšque anarchiste juive l’Autodidacte. Ils s’occupent par ailleurs de la commission d’entraide des exilĂ©s.

AprĂšs la guerre, Jacques Doubinsky regroupe les compagnons de Voline au sein d’une association : Les Amis de Voline, qui Ă©dite son Ă©tude sur la rĂ©vo­lution russe. A cette mĂȘme Ă©poque, il s’occupe du groupe anarchiste juif La Libre PensĂ©e, avec David et Golda Sten­ner. Il rĂ©dige, avec ses compagnons de la commission d’aide aux antifascistes bul­gares, la brochure Bulgarie, nouvelle Espagne et s’occupe Ă©galement de l’accueil des rĂ©fugiĂ©s bulgares, qui fuient la dictature communiste. Jacques Dou­insky voyage Ă  de nombreuses reprises aux États-Unis, d’oĂč il rapporte le der­nier message de Rudolf Rocker. Il meurt le 18 fĂ©vrier 1959. Son petit-fils SĂ©bas­tien publie, en 1994, un roman qui retrace son Ă©popĂ©e : Les Vies parallĂšles de Nikolas Bakhmaltov.




Source: Partage-noir.fr